Dans le premier cas. on a l 'eau céleste . dans le
GOMMENT ON AFFAIBLIT
second, le blanchiment de l’image suivi d’un nouveau développement.
Pour le traitement à l’eau céleste, le phototype sera immergé dans la solution suivante :
Eau filtrée 1 000 cm3.
— céleste 200 —
Hyposulfite de sodium cristallisé 50 gr.
L’eau céleste est une solution de chlorure cupro-ammoniacal. Rien de plus simple que de la préparer soi-même. Vous faites une solution, à un titre quelconque, de sulfate de cuivre, et vous la précipitez par une solution, également à un titre quelconque, de carbonate de potassium ou de sodium. Le précipité verdâtre formé est alors jeté sur un filtre. Vous le lavez en faisant passer de l’eau pure sur ce filtre. Elle enlève les traces de sulfate de sodium ou de potassium.
Après lavage, vous versez dans le filtre une solution d’acide chlornydrique à 10 p. 100. Le précipité se dissout et il filtre un liquide vert qui est du chlorure de cuivre. A ce liquide, vous ajoutez, goutte à goutte et en agitant avec une baguette de verre, de l’ammoniaque, jusqu’à ce que celle-ci, en tombant dans le chlorure de cuivre, ne donne plus de précipité verdâtre. Vous devez avoir alors une solution d’un beau bleu d’outre-mer, qui se garde indéfiniment. C’est l’eau céleste.
Ajoutée à l’hyposulfite de sodium, elle ne se conserve pas, et la solution affaiblissante, ainsi formée, perd toute son action dès qu’elle est décolorée.
L’eau céleste peut être faite plus sommairement. De là, cet autre mode opératoire préconisé par M. H. Prunier. Vous constituez deux solations :
( Eau distillée 125 cm3.
A < Sulfate de cuivre
t Ammoniaque isf,2 (environ).
(L’ammoniaquqest, en réalité, ajoutée jusqu’à dissolution du précipité formé.)
g ( Eau distillée 100 cm3.
f Hyposulfite de sodium cristallisé 1 gr.
Pour l’emploi, vous mélangez A et B en parties égales, et
LE DEVELOPPEMENT EN PHOTOGIi APHIE.
vous étendez d’un volume d’eau égal à trois fois le volume du mélange. Si vous voulez agir localement, au pinceau, vous mélangez A et B en parties égales sans addition d’eau.
371. — Pour ce qui est de la substitution de molécules moins opaques aux molécules de l’argent, vous employez le procédé recommandé jadis par le Dr Eder, et vous faites blanchir le phototype, soit dans une solution de :
Eau distillée 100 cm3.
Acide chlorhydrique 3 —
Bichromate de potassium 1 gr.
soit dans une solution de :
Solution d'alun à 6 p. 100 150 cm*.
Acide chlorhydrique 5 —
Solution de bichromate de potassium à saturation. 5 —
La plaque est maintenue dans l’une ou l’autre de ces solutions jusqu’à ce qu’elle paraisse entièrement blanche, même examinée à l’envers. Il s’est formé du chlorure d’argent. On lave abondamment, à très grande eau, comme s’il s’agissail d’un renforcement, et l’on développe dans un bain d’oxalate ferreux à la lumière du jour. Plus on voudra descendre le phototype, moins on poussera le développement. On l’arrête avant que le développateur ait complètement traversé la couche de gélatine, car autrement limage redeviendrait dure. Pour terminer, on fixe dans un bain d’hyposulfite de sodium, on lave et l’on met à sécher.
372. — Mais le moyen qui, dans l’espèce, me semble préférable entre tous est l’emploi du persulfate d’ammonium recommandé tout récemment par MM. Lumière frères et Seyewetz. J’avoue, en effet, que c’est avec lui qu’il m’a été donné d’obtenir régulièrement les meilleurs résultats dans le cas d’un phototype présentant de trop fortes oppositions.
Par un phénomène assez curieux, le persulfate d’ammonium SO*(AzH*) affaiblit visiblement l’image photographique en agissant, de prime abord, sur les parties les plus opaques. Les grandes lumières se trouvent donc déjà beaucoup réduites avant que les demi-teintes et les ombres aient été attaquées. L’action ressemble donc à celle d’un affaiblisseur énergique, travaillant sur l’envers d’un phototype pelliculé et retourné. En conséquence, pour expliquer ce
COMMENT ON AFFAIBLIT
résultat, il faut admettre que le persulfate d’ammoniuo: exerce son action depuis le fond de la couche jusqu’à la surface , c’est-à-dire qu’il l’exerce en sens inverse des affaiblisseurs connus jusqu’à ce jour.
MM. Lumière frères et Seyewetz ont essayé d’édifier une théorie sur cette hypothèse, qui s’accorde d’ailleurs avec les réactions observées. Si elle n’est pas vraie, elle est bien trouvée et demeure très vraisemblable.
Oxydant énergique, le persulfate d’ammonium donnerait, sous l'influence de l’argent du phototype, un sel neutre double d’argent et d’ammoniaque soluble dans l’eau. Réaction pouvant s’écrire :
Ag + SO*(AzH4) = S04<^H4
Bien que doué de propriétés oxydantes énergiques, le persulfate d’ammonium, de même que l’eau oxygénée, demeure susceptible de donner lieu à des réactions réductrices. Ainsi, par exemple, ajouté à une solution d’azotate d’argent, il réduit rapidement l’argent à l’état métallique, en même temps qu’il se produit un abondant dégagement d’oxygène. L’équation suivante peut parfaitement bien expliquer cette réaction :
2[S04(AzH4)] + 2(II!0) + 2(AgAz03) = 2(S04HAzH4)
+ 2(Az03H) 4- Ag2 + O* >
En admettant cette dernière réaction, il devient dès lors très possible d’expliquer rationnellement le curieux mode d’action du persulfate d’ammonium sur les couches de gélatine renfermant de l’argent métallique constituant l’image négative.
En effet, dès que le phototype négatif est immergé dans une solution de persulïate d’ammonium, celle-ci pénètre rapidement dans la couche de gélatine et se trouve au contact de l’argent. Il se forme aussitôt une petite quantité du sel double argentique qui se diffuse dans l’excès de solution de persulfate d’ammonium dans laquelle baigne la plaque. Celle-ci, en présence du sel double d’argent et d'ammoniaque formé, tend à donner de l’argent réduit. Cette réaction inverse se produit surtout à l’extérieur de la couche de gélatine, puisque c’est là que se trouve l’excès de persul-
fate nécessaire pour la réduction, et doit aller en s’atténuant depuis la surface jusqu’au fond de la couche. La vraisemblance indique donc que c’est cette réaction inverse qui tendrait à ralentir, surtout extérieurement, la dissolution de l’argent dans le persulfate d’ammonium. Quoi qu’il en soit, que la théorie émise par MM. Lumière frères et Seyewetz soit vraie ou fausse, il est un fait certain : le persulfate d’ammonium agit tout d’abord vigoureusement sur les grandes lumières seules, à telles enseignes même qu’on ne peut employer utilement cet affaiblisseur quand il s’agit de diminuer l’intensité générale d’un phototype trop dense, ou de faire disparaître les voiles de sous-exposition ou de surexposition constitués par de l’argent réduit exclusivement à la surface de la couche de gélatine.
373. — Quant à la pratique de l’opération, elle est des plus simples. On fait une solution faiblement concentrée de persulfate d’ammonium, par exemple, au titre de 3 ou 5 p. 100. Personnellement, je préfère 4 p. 100. A S p. 100, l’action s’effectue trop rapidement à mon sens. De plus, la gélatine a déjà des tendances à se décoller de son support. Dans tous les cas, ces tendances s’accentuant très rapidement, on ne devra jamais, sous aucun prétexte, dépasser la teneur de 5 p. 100.
Il va de soi que l’affaiblissement peut être effectué après le fixage et avant le séchage du phototype. Il suffit, après le fixage, d’effectuer un lavage très sommaire pour enlever la majeure partie de l’hyposulfite de sodium, et de plonger la plaque dans la solution de persulfate. Cette manière de faire a l’inconvénient de rendre rapidement inactif le bain de persulfate d’ammonium, ce qui amène à le renouveler fréquemment. En effet, le persulfate d’ammonium, avant de dissoudre l’argent, s’épuise, peu ou prou, en oxydant l’hyposulfite pour le transformer en bisulfite.
Mieux vaut donc procéder, en faisant agir la solution sur un phototype complètement achevé, séché et non ramolli dans l’eau. Je dis non ramolli, car l’action du persulfate est beaucoup plus régulière, à mon sens, qu’avec un phototype ramolli.
Je ferai encore observer que, pour avoir de bons résultats avec le persulfate d'ammonium, il faut faire usage de soiu-
COMMENT ON AFFAIBLIT
tions préparées immédiatement avant l’emploi. Quand il m’est arrivé de me servir de solations anciennes, je n’ai obtenu que des effets insensibles, et, quelquefois aussi, des taches jaunâtres, indélébiles.
Comme cela arrive avec les autres affaiblisseurs, l’action du persulfate d’ammonium continue encore un peu quand le phototype est enlevé de la solution. Il faut donc le laver très rapidement et très abondamment. Autrement, la continuité de l’action atteindrait les demi-teintes des ombres localisées à la surface de la gélatine, et compromettrait l’harmonie de l’image. Il est donc bon d’arrêter l’action un peu avant son effet total. ,
Il vous est loisible cependant d’aller jusqu’à cet effet total, en faisant emploi d’une solution de sulfite ou de bisulfite de sodium, dans laquelle on plonge immédiatement le phototype, dès qu’on le retire de la solution de persulfate d’ammonium. Le persulfate d’ammonium est aussitôt converti en sulfate, qui n’a aucun effet sur l’image, et l’action affaiblissante se trouve arrêtée du coup. J’ai toujours obtenu ainsi d’excellents résultats, en taisant usage d’une solution à 10 p. 100 de sulfite de sodium anhydre.
374. — Avec un tel affaiblisseur en main, on peut presque indiquer un mode de développement tout nouveau pour les instantanées et permettant d’arriver, quand même, à l’harmonie, sans employer le développement lent en cuvette verticale, mais au contraire en faisant usage d’un développateur aussi énergique et aussi rapide que possible. En employant un tel développateur, on se préoccuperait avant tout de faire venir les détails, et l’on pousserait pour cela le développement à fond, très à fond, sans se soucier du heurté ni même de la montée du voile.
En cet état, très heurté et très voilé, le phototype serait alors traité par un affaiblisseur enlevant le voile et ensuite par le persulfate d’ammonium, pour détruire complètement le heurté et ramener l’image à une harmonie parfaite, sans se préoccuper de sa faiblesse finale possible. Si cette faiblesse existait, on ramènerait à l’intensité voulue, tout en conservant l’harmonie, en faisant usage d’un renforçateur. Les opérations d’affaiblissement et de renforcement s’effectuant au grand clair du jour, on serait sûr ainsi, et sans la fatigue
de la lumière rouge ou verte, de tirer le meilleur parti possible d’une plaque sous-exposée.
375. — Il nous reste à voir l’affaiblissement des phototypes négatifs qui ont été trop vigoureusement renforcés. Trois cas se présentent :
1° Le renforcement a été effectué par la substitution d’un composé de mercure ;
2° Le renforcement a été effectué par un dépôt d’argent ;
3° Le renforcement a été effectué par la substitution d’un ferrocyanure d’uranium coloré.
a. Dans le cas du noircissement du chlorure mercureux par l’ammoniaque, ou d’un noircissement direct par le biiodure de mercure, il suffit de plonger la plaque dans une solution à 0,5 ou 2 p. 100 d’hyposulfite de sodium. L’intensité diminue d’une façon régulière, certaine, sans production de taches et sans que l'image se détruise. L’affaiblissement cependant ne dépasse pas une certaine limite. Il est beaucoup plus énergique si l’on fait usage de cyanure de potassium aux lieu et place de l’hyposulfite de sodium.
b. Dans le cas où le renforcement a été effectué par un dépôt d’argent, on emploiera l’un des affaiblisseurs décrits dans ce chapitre, en tenant compte de la valeur du phototype renforcé pour choisir l’affaiblisseur approprié.
c. Dans le cas d’un renforcement effectué par la substitution du ferrocyanure d’uranium coloré, il suffit d’immerger la plaque dans une eau légèrement alcalinée, soit par exemple quelques gouttes d’ammoniaque, soit par quelques centimètres cubes d’une solution d'un carbonate alcalin.
376. — Pour conclure, la méthode de l’affaiblissement, de même que celle du renforcement, peut, au demeurant, rendre des services signalés à l’amateur, mais à la condition expresse que, dans l’une ou l’autre méthode, il n’admettra pas une fois pour toutes, et sine varietur, une formule quelconque. Il faut, avant tout, qu’il examine très soigneusement et très attentivement le phototype à traiter et qu’il décide de quelle manière il doit être affaibli ou renforcé. En faisant des groupements, je crois avoir suffisamment insisté sur ce point, qu’une formule, qui conviendrait parfaitement bien pour un phototype, pourrait ne pas convenir pour un autre et même lui être nuisible.
COMMENT ON AFFAIBLIT
377 . — J’ai indiqué, en passant, qu'il était possible de localiser avec le pinceau l’action du bain affaiblissant pour affaiblir plus particulièrement certaines parties trop denses du phototype négatif.
Le meilleur mode opératoire, dans ce cas, est d’employer le phototype sec, et d’humecter, avec un pinceau chargé d’eau seulement, la partie à réduire. Quand la gélatine est suffisamment ramollie, à cet endroit, on trempe le pinceau dans la solution affaiblissante, et on en touche le centre de la partie à réduire, sans chercher le moins du monde à badigeonner exactement les contours de cette partie. La solution affaiblissante pénètre tout naturellement dans la partie mouillée, et s'y diffuse assez suffisamment pour qu’avec un peu de soin la réduction ne fasse pas tache. La méthode est simple, mais demande cependant assez de délicatesse et exige une main experte.
Quand la partie à affaiblir est petite et ne réclame qu'une faible réduction, on peut atteindre au même but par un autre procédé assez original et d’une grande facilité d’emploi.
Le phototype négatif, étant parfaitement sec, est placé, gélatine en dessus, sur une plaque de verre recouverte d'un ou deux doubles de papier buvard. Vous entourez alors l’extrémité de votre index d'un linge très fin, que vous imbibez d’alcool à 90°, et vous frottez énergiquement la partie à réduire. La gélatine ne se déchirera pas si votre linge reste constamment humecté. On peut, à la rigueur, remplacer le linge et le doigt par une estompe de peau fine. Je préfère le doigt.
Cette friction vigoureuse diminue l’épaisseur de la couche d’argent réduit et lui donne, par conséquent, plus de transparence. Il ne me semble pas nécessaire d .nsister sur les ressources considérables que procure, à la photographie artistique, ce procédé tout mécanique, d’une si grande simplicité.
On peut encore, si les parties à affaiblir ne demandent quune réduction légère, les toucher simplement avec un pinceau chargé d’un vernis à froid pour négatifs. Le vernis ommunique de la transnarence à la parLie touchée.
ÎA
PELLICULAGE ET VERNISSAGE.
378. Avantages du pellicuiage. — 379. Les procédés classiques. - 380. Procédé direct au formol. — 381. Procédé indirect au formol. — 382. Pellicuiage d’un phototype brisé. — 383. Les effets du vernissage. — 384. Mode opératoire. — 385. Constitution d’un vernis à chaud. — 386. Constitution d’un vernis à froid et d’un aqua-vernis. — 387. Dévernissage. — 388. Le paraffinage.
378. — Je crois utile de joindre aux opérations auxiliaires I % pellicuiage et le vernissage. A vrai dire, ce ne sont pas des opérations auxiliaires du développement proprement dit, mais elles complètent les opérations auxiliaires tendant à l’achèvement du phototype négatif.
Le pellicuiage a le double avantage, en permettant d’enlever de son support la gélatine contenant l’image, de garder un très grand nombre de phototypes sous le plus petit volume et sous le plus petit poids possibles, et aussi de sauver du naufrage les phototypes dont le support aurait été brisé. Joignons-y aussi un troisième avantage, celui de permettre l’emploi du phototype retourné pour les tirages en photocollographie ou autres.
379. — Jusqu’à ce jour, nous avions six méthodes. Je vais les rappeler succinctement:
1° Acide fluorhydrique. — Cette méthode a été et est encore, je crois, la plus répandue, bien que l’acide fluorhydrique soit dangereux à manipuler et que ses vapeurs soient délétères. Le phototype est d’abord collodionné avec un collodion riciné, et dès que le collodion a fait prise., on immerge le phototype dans le bain suivant :
Eau distillée 10 parties.
Alcool à 80° 10 —
Acide fluorhydrique 1 partie
Ciialets a Murren, dans l’Obehland Bernois. Représentation d'un phototype négatif de l'auteur.
PELLICULAGE ET VERNISSAGE.
En quelques minutes, la couche se soulève aux coins et aux bords; on la saisit alors par les coins, on la détache de son support et on la lave dans de l’eau légèrement ammoniacale. Il est entendu que l’acide fluorhydrique attaquant le verre et l’émail de la porcelaine, il faut employer des cuvettes en gutta-percha ;
2° Acide chlorhydrique . — Au lieu de la solution précédente, on emploie une solution d’acide chlorhydrique à 15 p. 100. Au bout d’une minute, la pellicule frise sur les bords de la plaque et l’on peut la détacher;
3° Acide carbonique. — Le phototype collodionné est plongé dans une solution de carbonate acide ou neutre. Le bicarbonate de sodium convient très bien. Après une immersion de quelques minutes, on le retire pour le réimmerger, sans lavage, dans une solution d’acide citrique ou d’acide acétique. Cet acide décompose le carbonate en donnant naissance à de petites bulles d’acide carbonique qui soulèvent la pellicule ;
h? Fluorure de sodium. — C’est la première méthode, dans laquelle l’acide fluorhydrique est remplacé par une solution concentrée de fluorure de sodium;
5° Alun. — Toujours collodionné d’abord, le phototype est plongé dans:
Eau distillée 35 parties.
Alun 2 p. 1/2
Acide tannique 1/2 partie.
L’opération est extrêmement lente ;
6° Hyposulfite de sodium. — Après le fixage et sans lavaqey on laisse sécher le phototype dans un endroit frais. Sitôt sec, on le replonge dans l’eau ; la pellicule se soulève et abandonne d’elle-même son support.
Seulement, comme elle n’a pas été collodionnée, elle se trouvera très .dilatée.
Il est d’une bonne pratique, quand la pellicule est enlevée, de la remettre sur une plaque de verre cirée ou talquée, côté
collodionné contre le A'erre, et quand elle est sèche on collodionne le côté à l’air libre. En incisant ses bords avec un canif, on la détache facilement du verre, et la pellicule, emprisonnée entre deux couches de collodion, se trouve ainsi à l’abri de toutes les intempéries.
Presque tous ces procédés réussissent plus ou moins bien. Souvent moins que plus. L’action ne se fait pas tou jours d’une façon continue. Pour des raisons souvent inexpliquées, il y a des à-coups, et la pellicule ne s’enlève pas ou s’enlève mal. On a même lancé dans le commerce des liqueurs infaillibles pour ce genre de procédé. Je ne veux pas m’inscrire en faux contre leur infaillibilité, mais il est bon de remarquer qu’en dehors de leur prix, toujours très élevé, l’amateur peut très bien ne pas les rencontrer sous sa main.
M. Valenta, de l’Institut photographique de Vienne, et M. G. Roy, un amateur distingué, ont cherché une solution du problème avec l’emploi de produits que l’on a généralement dans tout laboratoire, et qui ne nous offrent pas le danger, par exemple, de l’acide fluorhydrique.
380. — Voici le résultat auquel est arrivé M. Valenta, et le mode (h procéder qu'il indique :
Vous prenez: 20 centimètres cubes de formol du commerce, qui est déjà une solution à 40 p. 4 00 d’aldéhyde formique, et vous y ajoutez 150 à 200 centimètres cubes d’eau distillée.
Le phototype est plongé dans ce bain pendant une dizaine de minutes environ, puis remis à sécher. Une fois sec, vous le placez bien horizontalement sur un trépied à vis calantes et vous le recouvrez d’une couche de collodion-cuir . Par collodion-cuir, M. Valenta entend du collodion normal additionné de 2 centimètres cubes d’huile de ricin pour 100 centimètres cubes de collodion. Pour vous guider, j’ajouterai qu’il faut à peu près 16 centimètres cubes de collodion pour une surface égale à une plaque 13 x 18.
En faisant prise, le collodion devient laiteux, puis bleuâtre. Avec le tranchant — et non avec la pointe — d’un canif, vous incisez alors la gélatine à 1 millimètre des bords de la plaque, après l’avoir bien lavée. Posez alors sur la gélatine une feuille de papier buvard, passez dessus le rouieau
PELLICULAGE ET VERNISSAGE.
de caoutchouc, et la pellicule se détachera. Vous la plongea ensuite, quelques instants, dans :
Eau 1 000 cm* .
Alcool à 90° 50 —
Glycérine 50 —
En la retirant de ce bain, vous la mettez à sécher, face collodionnée en dessous , sur le verre qui lui servait de support et que vous aurez préalablement nettoyé et lavé à l’eau glycérinée. Assurez le contact en posant sur le tout une feuille de papier buvard blanc que vous appuierez avec un rouleau de gélatine. Laissez sécher. Collodionnez, incisez les bords et enlevez du verre.
En cas d’adhérence, üne immersion dans l’eau à 40° G. environ facilitera l’enlèvement. Séchez entre deux feuilles de papier buvard blanc.
Si l’on veut donner plus de corps à la pellicule, on peut, avant l’un ou l’autre collodionnage, la recouvrir, quand elle est sur trépied à vis calantes, d’une solution de gélatine tiède composée de :
Eau distillée 1000 cm3.
Gélatine blanche 150 gr.
Glycérine 50 cm3.
Ce procédé, très simple en somme, réussit presque toujours. Je dis presque, parce qu’il m’est arrivé quelquefois d’éprouver une certaine difficulté à bien enlever la pellicule.
381. — En revanche, je n’ai, pour ma part, jamais eu d’insuccès avec la méthode de M. G. Roy, très semblable à la précédente, mais qui en diffère cependant par un appel à l’acide carbonique. Si légère que cette différence paraisse au premier abord, elle est néanmoins considérable, attendu qu’on n’a plus jamais la moindre difficulté à enlever la gélatine. Une différence existe encore, dans la quantité de formol employée, et qui doit avoir aussi son influence sur la parfaite continuité du succès.
Le bain formoiisateur indiqué par M5. G. Roy se compose de :
Eau. 100 cm3.
Formol du commerce 50 —
Glycérine 5 —
Comme précédemment, le phototype est mis à sécher et incisé sur ses quatre côtes, à 1 ou 2 millimètres de ses bords, par le tranchant d’un canif, de façon que l’incision soit bien franche et arrive jusqu’au verre. Sans être collodionné, le phototype est alors plongé dans une solution de carbonate do sodium à 20 p. 100, et on le laisse dans cette solution pendant trois ou quatre minutes. Ce laps de temps écoulé, on le retire de ce premier bain et on l’immerge immédiatement, sans le laver , dans une solution à 5 ou 10 p. 100 d’acide chlorhydrique. C’est l’utilisation du procédé ci-dessus indiqué sous le n° 3. Grâce à l’action de l’acide chlorhydrique, le carbonate de sodium renfermé dans la couche de gélatine produit un dégagement d’acide carbonique avec formation de chlorure de sodium et d’eau. La réaction peut s’écrire :
Na2CO* + 2HC1 = CO2 + 2NaCl + H20
En se dégageant, l’acide carbonique forme entre le verre et la gélatine une infinité de petites bulles qui, en tendant à monter à la surface, soulèvent la couche de gélatine et l’amènent très rapidement à se séparer du support. On la reçoit alors, sous l'eau , sur une feuille de verre talquée et collodionnée préalablement. On retire le tout de la cuvette, et l’on donne à la pellicule un coup de rouleau de gélatine, pour obtenir une planité parfaite, puis on laisse sécher. Quand la dessiccation est complète, vous collodionnez la pellicule avec un collodion à 3 p. 100 légèrement riciné, ou bien, si vous désirez quelle ait plus de corps, vous la doublez avec une feuille de gélatine du commerce ramollie dans de l’eau glycérinée.
Lorsque l’ensemble est de nouveau bien sec, vous détachez la pellicule du verre par une simple incision, et vous avez ainsi une pellicule absolument plate qui n’a subi de modification de grandeur d’aucune sorte. Ce procédé, encore beaucoup plus simple à exécuter qu’à décrire, donne toujours, je le répète, d’excellents résultats.
382. — Il est de toute nécessité pour l’amateur de se bien mettre en main un procédé de pelliculage. J’admets fort bien qu’il lui répugne de pelliculer ainsi tous ses phototypes; mais il est des cas où il ne peut guère se soustraire
PELLICULAGE ET VERNISSAGE.
à cette opération, par exemple quand son phototype est brisé. Ce qui arrive malheureusement trop souvent, soit à cause de la minceur du verre, soit à cause de son manque de planité, soit à cause des châssis-presse défectueux qui courent dans le commerce par douzaines. Il est bien entendu que l’expression -phototype brisé s’applique uniquement au phototype dont le verre seul est brisé. Si la gélatine était aussi brisée, le phototype demeurerait à peu près irrémédiablement perdu. (Voir aux Accidents.)
Dans le cas d’un phototype brisé, comme je l’indique, je ne saurais trop recommander l’emploi très facile de la méthode de M. G. Roy. Il y a lieu, cependant, de tenir grand compte de la petite addition que l’auteur y a faite pour ce cas particulier.
Lorsque le phototype est brisé, il se passe souvent ce fait désagréable que les liquides des divers bains, s’introduisant par la fente du verre, pénétrent jusqu’à la couche de gélatine et font sentir leur action sur celle-ci, en laissant l’impression d’une ligne blanche indélébile. On ne peut la faire disparaître, et encore, que par une retouche savante et fort importante. Pour obvier à cet inconvénient, M. G. Roy préconise le moyen suivant.
Le phototype brisé est posé, avec précaution, à plat, gélatine en dessous, sur une feuille de papier buvard bien propre, recouvrant une table ou une planche à dessin. On badigeonne alors le côté verre, sur une zone de 3 à 4 centimètres, de chaque côté de la cassure, avec un pinceau chargé d’une solution de caoutchouc dans de la benzine. Une solution à 2 ou 3 p. 100 suffit. Sur cette couche, vous appliquez une bande de papier dioptrique, de largeur suffisante, et sur le tout, au moyen d’un pinceau, vous étendez une bonne couche de collodion à l’acétate d’amyle. Vous laissez sécher complètement.
Ces deux couches, caoutchouc et collodion, forment un protecteur suffisant pour empêcher les divers liquides de s’introduire dans la cassure du verre. Alors seulement, vous procédez aux diverses opérations du pelliculage, comme si le verre du phototype n’était pas brisé.
383. — Dans le cas du pelliculage, la couche de gélatine emprisonnée entre deux couches de collodion se trouve
à l’abri do toutes les influences atmosphériques et peut se conserver indéfiniment.
Mais si l’on veut amener à une conservation à peu près indéfinie également les phototypes négatifs complètement achevés et dont la couche de gélatine doit rester sur son support de verre, il est bon, dans ce cas, de les vernir. On remarquera cependant que le vernis, pénétrant dans la couche de gélatine, donne une grande transparence aux noirs et qu’il réduit ainsi, d’une façon très appréciable, l'intensité générale de l’image. On devra tenir compte de ce phénomène, lors des différentes manipulations destinées à amener l’image à une bonne valeur, si cette image doit recevoir ultérieurement une couche de vernis.
384. — Pour vernir un phototype, vous passez rapidement son envers sur la flamme d’une lampe à alcool, non seulement pour le débarrasser de toute humidité pouvant rester enfermée dans la gélatine, surtout si le phototype n’a pas été aluné ou formolisé, mais encore et principalement pour faciliter l’étendage, la pénétration et la prise du vernis.
Lorsque le phototype se trouve ainsi chauffé à une température de 40° C., vous versez votre vernis sur la partie supérieure de la couche de gélatine, tenue horizontalement, puis, la relevant doucement, vous l’inclinez de droite à gauche pour que le vernis s’étende également partout, sans revenir sur lui-même, et vous faites retomber l’excédent de vernis dans le flacon. Epongez alors les bords de votre plaque avec un léger tampon de soie, afin qu’il ne reste aucun bourrelet.
L’opération terminée, vous ferez bien do chauffer de nouveau le phototype, à l’envers, comme précédemment, si vous ne voulez pas que la couche de vernis garde un aspect mal ou une sorte de voile laiteux.
385. — Pour obtenir un bon vernis à chaud, vous dissolvez 10 grammes de gomme laque blonde dans 100 centimètres cubes d’alcool h 40°. Après dissolution, laissez reposer trois ou quatre jours et filtrez.
Le vernissage ainsi pratiqué demande une manipulation un peu délicate dont, toutefois, l’amateur s'effraie bien à tort. Il n'en est pas moins vrai que ce chauffage de plaque, cet étendage de vernis, ce réchauffage de plaque, font courir au phototype de nombreux risaues de bris. Je vais donc indi-
PELLIGULAGE ET VERNISSAGE.
]uer à ceux que ces manipulations effraieraient. le Bergen de faire un vernis spécial pouvant s'étendre facilement ù froid
386 — Mélangez, à poids égaux, de l'éther et du chloro fonue. ou, ce qui revient an même, faites le mélange dans la proportion de deux volumes d'éther pour un volume de chloroforme. La densité de ces deux corps est. en effet, très approximativement dans la proportion 1 à i/2.
Ce mélange fait, vous pu vérisez soigneusement 80 grammes de gomme de copal blanche, de la meilleure qualité possible. Cette poudre est introduite dans un flacon de la capacité d’un litre. Vous versez dessus le liquide éïhérochloroformique en quantité suffisante pour obtenir le volume de J 000 centimètres cubes. Vous bouchez hermétiquement. La dissolution de la gomme eopai s'opère très rapidement. Si un léger trouble se manifestait, il suffirait de filtrer.
Vous obtenez ainsi au produit présentant sensiblement la densite de le?.u distillée, qui ne vous coûtera guère plus que o à 6 francs le litre, et que vous pourrez étendre, a froid , sur votre phototype, soit au pinceau, soit à la manière du coliodion, c'est-à-dire comme précédemment.
Vous pouvez encore, dans le même but, fabriquer un vernis analogue à ceux vendus dan- le commerce sou- le nom <. l'aqua-vemis , en taisant simplement, à Y eau bouillant?, la solution suivante :
Eau distillée bouillante 1000 cm3.
Gomme laque ; G ST.
h"*?.* lj> sr.
uiycerine, , . . “6 gr.
387. — U ne fois le phototype verni, si, pour une raison quelconque, vous êtes obligé de le dévernir, il vous suffira, quel que soit le vernis employé, de l’immerger dans :
Lui distillée. 100 cui*.
Potasse caustique... . . 10 gr.
Toutefois, si le vernis employé contenait de l'ambre, on remplacerait, dans la formule ci-dessus, l’alcool par de la benzine.