CK \H
D après l’hypothèse de Kékulé, deux atomes identiques peuvent saturer, partiellement ou totalement, leurs valences. Ainsi, par exemple, dans l’hydrogène libre, les molécules sont formées de deux atomes saturant réciproquement leur valence, de même pour le chlore et l’oxygène, ce qu’on exprimera H — H ; Cl — Cl ; 0=0. De là, cette possibilité de concevoir l’existence de certains groupes d'atomes ou radicaux présentant une valence inférieure, égale, ou supérieure à la somme des valences des atomes composants. Ainsi le radical — 0 — 0 — sera divalent; le radical = C=C = tétravalent ; le radical = Fe — Fe== hexavalent.
65. — Formules de constitution. — Il résulte de toutes ces notations que l'on peut obtenir des formules graphiques figurant une représentation du mode suivant lequel les atomes sont associés dans la molécule. On les nomme formule de constitution. Sans grand intérêt pour des composés simples, elles deviennent d’un intérêt capital quand le composé se complique, comme dans la chimie organique. Elles représentent, symboliquement mais nettement, les réactions et groupent un grand nombre de dérivés autour d’un radical, hypothétique, comme les composés d’un métalloïde ou d’un métal sont groupés autour de cet élément. En outre, elles permettent de différencier les réactions qui, très souvent, donnent naissance à des corps dont les formules moléculaires brutes sont identiques, mais qui sont des isomères de l’un d’entre eux.
Dans la série des carbures d’hydrogène, considérons par
exemple le formène CH*. Il peut être représenté par le schéma :
qui indique que, les quatre valences du carbone étant satisfaites, nous ne pouvons, par l’action des réactifs, obtenir des produits d’addition, mais seulement des produits de substitution. Donc le formène est un carbure saturé.
Considérons maintenant l’éthylène C3H‘. Il peut être représenté par le schéma :
qui indique que les atomes du carbure sont liés par deux valences. A première vue, il nous est dès lors loisible de concevoir que l’une de ces valences soit susceptible de fixer un nouvel atome aux carbones sans que la molécule subisse de dédoublement.
Faisant agir le chlore, par exemple, nous aurions :