S XVIII
Si la moralité d'une nation devait se mesurer au
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nombre de soldats qu'elle peut mettre sous les armes, il faudrait considérer les armées permanentes comme la grande école de» moralité det tout peuple civilisé.
Mais bien que la guerre soit une nécessité- et un devoir, elle est un mal ; et malgré que les hommes, par ce besoin d'illusion qui les porte à se donner le change sur les douleurs de la vie, s'en soient fait une gloire, elle n'en reste pas moins ce qu'elle est, la plus grande peut-être de leurs misères. Ce n'est pas seulement pendant la guerre, c'est toujours *et sans cesse, que le régime des armées permanentes pèse sur les soldats, en prenant leurs forces et leur liberté, sur les citoyens, en les chargeant d'impôts, en leur enlevant leurs fils.
Que donne-t-elle en échange à la nation? la sécurité quelquefois, mais toujours l'incertitude de savoir si demain la guerre ne va pas recommencer. Au soldat, elle donne la nourriture, le vêtement, l'instruction militaire et des armes, mais elle le dégoûte du travail, elle le sépare de «a famille et de son pays ; tous les sentiments, toutes les idées de la vie naturelle, elle les lui suspend pour cinq années, et remplace cette vie morale par une vie militaire qui se réduit à un seul et unique devoir, obéir. Quand, au bout de ses cinq ans de service, le soldat libéré sort de la caserne, il y laisse la seule
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vertu Mprt>& toi ait rapprise; < «puisqu'il ûfa^ptas de chefs.
Il retotiraerét sonuttillage, oûtllea* de *és Aflfèûtions, rhafcitoé à boire, à Aimer, À courir, dédaignait ses anciens eoalpagnois, et noyant plw dlauire idée que de retotilwto dans I» viltee {tour y "trouver des salaires élevés, un métier doux, des plaisirs. Et yoilà, neuf fois sur dix, un ouvrier de plus pour le travail des émeutes.
Il n'y a donc pas à se le dissimuler et tout le monde le sait : le service ifeilttaire est'paff tatanéme une grande cause de démorafisatkm pour te peuple, cause dont la puissance ya s'acferéissaiit ets'accélérant à mesure que grossit te n&nabre des trtfapêaux humains ^passant à travers tes Cadres de nos armées sans même y prendre'; comme autrefois, cet -esprit militaire qui devenait à la longue une vertu.: Ce -n'est pas seulement la promiscuité propre à tout casernement, qui agit sur le moral du soldat, c'est* cette atmosphère d'ivrognerie et de débauche répandue autour clés casernes; c'est ce peuple decatëaretiers, de <filles, de -prêteurs sur gages ; c'est le «contact avec les mauvais ouvriers ; c'est la lecture des journaux et des livres infâme» ; enfin toutes les tentations qui $etrvent, loin de son pays et de sa iamille, assaillir an .garçon de-vingt ans. Un saint y perdrait son .âme, r a»ssi' n'y *-Wl que les très
bons sujets qui résistent ; presque tous les autres s'y perdent.
Voilà donc, dans les institutions nées du temps où nous vivons, une cause de perturbation morale qui n'existait pas autrefois, et dont il faudra tenir compte pour Tétude de la criminalité en général.