S XX
Tels sont les faits généraux qui, depuis le commencement du siècle, sont venus modifier d'une manière si profonde le milieu où s'agite la moralité des masses humaines; on ne voit pas que le législateur ait jamais beaucoup songé à en tenir compte dans les lois répressives édictées depuis ce temps.
En regard de ces faits nouveaux, si Ton revient à l'examen des causes naturelles et invariables du mal, on voit que ces causes sont restées les mômes depuis l'origine du monde. Je crois que si l'on considère sans parti-pris de système cette espèce d'ensemble de fonctions qui produit le mal, on peut le ramener à des éléments en petit nombre et très nettement déterminés. *
Il y a d'abord la perversité native de chaque homme pris à part. Elle est, tantôt héréditairement, tantôt par des causes accidentelles, comme un dividende forcé de la quantité inconnue de mal qui flotte dans l'air. Cette perversité naturelle, autant qu'on en peut juger, est la cause la plus fréquente des actes immoraux. Sans doute la loi n'y peut rien, mais les mœurs et l'éducation peuvent la réduire indéfiniment.