JUGEMENT DE LA VIEILLE JUSTICE
elle en est punie par le mal qu'elle souffre et par le mal qu'elle fait.
Dans cette vie faite de lfo ftrtfl '"^ÎTiflnri 1 ^ fit fie n écessité collective, il faut que l'homme se conforme et se soumette à l'ordonnance dont il n'est lui-môme qu'un des éléments, et c'est surtout dans l'histoire de ses malheurs qu'il trouvera le secret de la sagesse. Lorsqu'un révolutionnaire fameux s'écriait : « La révolution est comme Saturne : elle dévore ses propres enfants ! » il faisait l'histoire de tous les monstres enfantés par l'ignorance et la folie humaines.
Ainsi les choses ont leur justice : il faudrait fermer les yeux à l'histoire pour ne pas en convenir, et toutes les fois que l'homme s'écarte des voies de la vérité, la douleur le châtie et l'y ramène.
L'humanité n'est au fond qu'un homme coll ectif. Pour elle comme pour l'individu, la durée de la vie est limitée, et dans l'espace de temps qui lui est assigné pour naître , vivre et mourir , il faut qu'elle accomplisse une certaine série d'évolutions. Vu de haut, ce que nous prenons pour des accidents ou des catastrophes n'est que le cours de la croissance d'un être qui grandit à travers les crises de renfonce et les orages de la puberté, et que la na-
ture, à la fois sévère et tendre, caresse et punit tour à tour.
Mais où cette leçon pourrait-elle être plus frappante et plus efficace que dans la question qui nous occupe, quand nous voyons le droit de punir puni lui-môme de ses erreurs par ses propres crimes? Pour dire que cette leçon n'est pas faite pour nous, il faudrait prétendre que les sociétés actuelles ont résolu le problème, et il suffit de regarder autour de soi pour voir que partout, aussi bien à l'étranger qu'en France, la question pénitentiaire se maintient à Tordre du jour. Nous n'entendons pas seulement faire allusion aux travaux des criminalistes, qu'on n'étudie guère : nous voulons parler des agitations, des révolutions, qui se sont produites parfois à propos d'une loi répressive ; nous voulons parler de ces procès, de ces drames judiciaires, pour lesquels on voit parfois l'Europe entière se passionner : pourquoi, parce que là se joue une partie où sont en jeu la conscience et la liberté, l'honneur et parfois la vie de nos semblables.