‹ Le devoir de punir. Introduction a l'histoire et à la théorie du droit de punirChapitre 32 sur 71 · LU · texte numérisé non relu

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et la disparition simultanées d'un certain nombre d'individus : les êtres ne traversent l'existence que successivement, et la vie n'est que la moyenne entre les entrées et les sorties.

Lorsque vint la révolution de 1*789, la moyenne de la génération parvenue à rage d homme était dans les mêmes conditions que les jurisconsultes comme Jousse et Muyart de Vouglans : c'était là le gros de l'opinion publique. L'opinion publique est toujours conservatrice et ennemie des nouveautés ; cela doit être, et ce serait même un grand malheur qu'il en fût autrement. Les philosophes formaient un camp, une armée si l'on veut, mais leurs écrits n'avaient pas la centième partie des lecteurs que trouve actuellement un numéro du Petit Journal.

Quelque violente, quelque radicale que puisse être une révolution, elle a beau faire, il faut bien qu'elle se serve des hommes qui vivent à ce moment-là. De plus elle ne peut prendre ni les tout jeunes gens, qui manquent d'autorité, ni les vieillards, qui n'ont plus d'énergie, de sorte quelle se recrute forcément parmi les hommes d'âge moyen. Eh bien, à cet âge, quelque hardies, quelque téméraires que puissent être les opinions, il y a un certain nombre d'idées dans lesquelles on a vécu et dont on ne peut plus se défaire. Si loin qu'on puisse aller, on part t mjours des idées acquises, et même, en y regar-

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