MAISON DE DÉTENTION CELLULAIRE DE CHRISTIANIA
Cette maison de détention, établie dans la capitale de la Norwège depuis une cinquantaine d'années, est un des plus parfaits spécimens du système cellulaire dans toute sa rigueur. L'organisation de cet établissement et les résultats que son régime produit sont dignes de l'attention des personnes qui se préoccupent du problème si grave de la répression. Les détails que nous allons donner ont été recueillis par nous en visitant cet établissement. Nous avions pour guide M. le docteur Holst, secrétaire de l'université de Christiana, et qui a été le promoteur de la réforme
pénitentiaire dans les royaumes-unis.
1 Nous croyons utile, pour compléter les documents relatifs au régime de l'emprisonnement cellulaire en Suède et en Norwège, de reproduire ici une étude spéciale sur le Booksvinslet de Christiania, que nous avions publiée dans le Journal officiel du 2 mars 1874.
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322 LE BOOKSVINSLET
Le Booksvinslet est un immense édifice formé de trois galeries convergeant autour d'un centre commun, d'où les employés peuvent surveiller d'un seul regard toutes les cellules. Il a trois étages, dont les deux supérieurs sont desservis par des balcons auxquels on accède par des escaliers tournants en fer. L'établissement contient 248 cellules. 220 détenus y étaient enfermés lors de notre visite.
La dimension et l'aménagement des cellules ne diffèrent en rien de ce qu'on peut voir dans nos maisons cellulaires de France; mais le transport des portions de nourriture pour chaque détenu se fait par un moyen très ingénieux, qui consiste en un chariot roulant sur les deux balustrades des galeries.
Les détenus sont soumis au régime de l'isolement le plus absolu, avec obligation de travail. Us ne sortent de leurs cellules que pour aller au préau, où ils sont seuls, ou pour assister, rangés en file le long des corridors, aux offices divins. Mais dans ce cas ils sont séparés l'un de l'autre par des cloisons verticales en planches.
L'établissement contient une école où l'enseignement se donne en commun, ce qui permet de résoudre un des problèmes les plus difficiles, celui de l'instruction des détenus.
Faute d'un personnel suffisant, il arrive presque partout qu'un ou deux instituteurs, obligés de se