‹ Le devoir de punir. Introduction a l'histoire et à la théorie du droit de punirChapitre 59 sur 71 · MAISON DE DÉTENTION CELLULAIRE · texte numérisé non relu

MAISON DE DÉTENTION CELLULAIRE

transporter successivement dans plusieurs centaines de cellules, ne peuvent suffire à la tâche. Au Booksvinslet de Christiania, la classe est disposée cellu- Uirement de telle façon, que les détenus voient et entendent l'instituteur, que celui-ci les voit et les entend, et qu'entre eux ils ne se voient pas.

Jusqu'à ce que le condamné ait subi un an et huit mois de sa peine, il ne peut recevoir la visite de ses parents que tous les trois mois. À partir de cette période, les parents peuvent venir le voir toutes les six semaines.

Le Booksvinslet renferme les individus condamnés aux travaux forcés et désignés par l'administration. Les bagnes, slaverieme, existent à Trondhjem, à Bergen et à Christiansand ; mais dans ces établissements les forçats ont un collier de fer rivé au cou, et travaillent et couchent en commun. Au Booksvinslet, au contraire, le forçat n*a point de fers et est préservé de tout contact avec d'autres coupables.

Mais il y a bien plus, c'est que la durée de la peine est de droit réduite au tiers, si cette peine est subie au Booksvinslet. La raison de cette diminution est dans la rigueur du régime cellulaire. Une peine de six ans est donc réduite à deux ans. En aucun cas d'ailleurs la peine, quelle qu'en soit la durée, ne peut être abaissée au-dessous de quatre mois. Malgré les rigueurs du régime, la faveur de subir la peine à

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Christiania est très recherchée et n'est accordée que comme une sorte de grâce.

La plus grande partie du personnel de service de la maison est formée d'anciens détenus, ce qui fait voir au premier abord combien le régime en est moralisateur. Au reste il est fort rare qu'on accorde des diminutions de peine par voie de grâce.

La nourriture des détenus se compose d'une soupe à la bière le matin ; deux fois par semaine, on leur donne une portion de lait ; les autres jours ils ont de la bière. Deux fois par semaine, ils ont de la viande de cheval, avec le pain de seigle. Leurs cellules sont chauffées à 13 degrés Réaumur.

Les moyens d'action disciplinaire diffèrent de ceux qu'on emploie dans les bagnes de Trondhjem, Bergen et Christiansand, où la bastonnade est encore en vigueur. A Christiania, on ne frappe jamais les détenus, mais les châtiments corporels n'en sont que plus redoutables. Il y a d'abord le cachot noir dans une cellule absolument obscure ; il y a ensuite le jeûne au pain et à l'eau : la durée de ces deux peines ne dépasse pas cinq jours.

La douche froide est le moyen d'action le plus terrible.

La douche se donne dans une baignoire carrée, en bois, avec un couvercle maintenu par une barre, la tête du patient sortant par une ouverture. La bai-

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