‹ Le devoirChapitre 28 sur 51 · Épictète, Fragments · texte numérisé non relu

Épictète, Fragments

2. Saint-Martin, l'Homme du désir, t. I, p. 25 :« Comment aurionsnous de l'inimitié pour les hommes? Nous sommes tous assis à la même table. »

LA PASSION

Les stoïciens, pour la plupart, mettaient l'amour de la patrie au nombre des préjugés, et voulaient que l'humanité seule eût des droits sur le cœur humain. Sénèque a beau parler de l'amour de la patrie; la patrie, pour un Romain, c'est le monde. Ce monde tout entier est ma patrie, disait-il lui-même; je ne suis pas né pour un coin de terre; « non sum uni angulo natus; patria « mea totus hic mundus est1. » Arrien est plus explicite encore : « Pourquoi disons-nous : Je suis d'Athènes ou de Gorinthe? Autant vaudrait dire que Ton est de ce petit coin où notre corps a été déposé la première fois. Je suis citoyen du monde, et j'ai pour père Dieu lui-même2. » Ils se complaisent à développer cette parenté universelle de l'homme avec les hommes. Il ne leur suffit pas de dire que l'univers est plein d'unité, et que tous les hommes sont de la même famille; ils ne veulent voir en nous que les membres divers d'un même corps3. « Qui es-tu? dit Arrien. Un homme. Si tu te prends isolément, il est de ta nature de désirer la richesse, la fortune, une longue vie; si tu te prends comme partie de l'univers, il peut être selon ta nature

Sénèque, Lettre xxvm.

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