CHAPITRE ÏX
Dévouement du Clergé et des ordres religieux en Algérie. — Heureuse infiuence de la cliarilé des religieuses pour la civilisation de cette colonie.
U nous faut, à présent, pour terminer cette première partie , donner de nouvelles preuves de la fécondité inépuisable de la charité parmi le clergé et les ordres religieux dans d'autres contrées. Cette fois ce seront TAigérie, l'Autriche, îa Belgique et les Etats-Unis que nous visiterons pour y admirer le zèle et le dévouement chrétiens en lutte avec un fléau qui parcourt l'Lurope pour porter partout la désolation et la mort. Parlons d'abord de l'Algérie : ce que nous avons à en dire mérite un chapitre spécial.
Après avoir ravagé la France, la terrible épidémie atteignit nos possessions africaines. Ou en constata l'existence à Alger , dès les commencements du mois' de septembre. Mgr l'évèque est allé visiter l'hôpital du Dey et les ambulances. 11 a parcouru les salles des cholériques , s'est arrêté auprès de chacun d'eux , et
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leur a donné à tous une bonne parole , une espérance ou une bénédiction. Il a renouvelé souvent ses visites , et Ton peut dire ({u'elles ont exercé la plus heureuse influence sur le moral des malades.
Le 10 octobre, voyant que le; fléau sévissait toujours avec une plus grande intensité , le prélat adressa une circulaire à son clergé. H y demandait des prières , et il exhoitait les pasteurs à rappeler à leurs paroissiens qu'il importait de flécliir le mal par la pénitence et les pratiques charitables. « A ces leçons religieuses , ajoutait Mgr révêque , ne craignez pas de donner de paternelles recommandations sur l'observance des règles d'hygiène que la science médicale , d'accord avec l'expérience, a solennellement consacrés. 11 en est une surtout , la vie sobre et réglée, que l'Esprit-Saint nous révèle par ces mots trop en rapport , hélas ! avec le fléau qui nous poursuit : Vigilia et choiera , et tortura vira infyuniiu ' : aviditas itsqtie ad choleram ^. »
C'est à Oran que le choléra a fait surtout de cruels ravages Mgr l'évêque d'Alger s'y est aussi rendu dans le courant de novembre. S'il a eu la douleur en arrivant de voir frappé, à ses côtés , le prêtre qui l'accompagnait , il a eu au moins le bonheur de voir la population consternée , reprendre contiance et venir eu foule recevoir les consolations que le dévouement du digne pasteur venait apportei-. Son zèle ne s'est pas borné à la ville d'Oran ; il a parcouru tous les villages jusqu'à Mostaganem , et il est allé partout où on lui annonçait que le choléra s'était déclaré , visitant luimême les malades comme il avait fait à Alger.
Le clergé a marché sur ses traces. Les Jésuites ont principalement fait preuve d'un grand dévouement. A Oran , le 1». Picazo a passé vingt nuits au milieu des cholériques sans se coucher : la vingt-unième , accablé de fatigue , et ne voulant cependant pas faire
« Ecoles. XXXI , 23. * IdecQ. xxxvn . 33.
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un seul instant défaut à sa mission, il a enfin pris un peu de repos sur le lit dont on venait d enlever le cadavre d'une victime du fléau. Le V. Audibert n'a pas été moins 'admirable à Thùpital du Dey. A Zaatcha, on a \u le P. Parabère allioiiler avec le même sang-froid et les balles des Arabes et les atteintes de l'épidémie, qui , dans les camps , frappait quelquefois jusqu'à cinquante de nos soldats en un jour. Le* P. Jourdain , ancien provincial de Lyon , et maintenant supérieur des missions d'Afrique, a été atteint du clioléra à Oran, et n'a pu continuer ses actes de dévouemenL
Après Alger et Oran , les villes de l'intérieur ont été rudement attaquées. Ainsi il est moit beaucoup de monde à Blidah. Ce qu'il y eut de fâcheux dans ces contrées, c'est que beaucoup de malades ont été privés de secours religieux. 11 y a bien des curés ; mais ces pasteurs, malgré tout le zèle dont ils peuvent être animés, ne sauraient se faire comprendre de tous, car nos chrétiens d'Afrique sont de toutes les nations. A Blidah, par exemple, presque la moitié de la population est espagnole; il y a en outre beaucoup d'Italiens, d'Allemands et de Maltais. Or cette multiplicité d'hommes de nations différentes fait qu'un grand nombre ne peuvent participer aux bienfaits de la religion , et il en est lésulté , surtout lors du choléra , de tristes accidents , que le curé de cette Tille eût pu cependant prévenir, s'il eût été animé d'un zèle plus éclairé. C'est du moins ce que nous apprend une correspondance particulière , que l'histoire doit d'autant moins passer sous silence , que la révélation de pareils faits peut en prévenir- le retour , et appeler de prompts remèdes à un aussi fâcheux état de choses
Blidah, dit tQ\.\.ecurrespondance\ renferme plusieurs centaines de Maltais ; de tous les étrangers , ce sont ceux dont la foi est la plus vive. Ces braves gens réus-
' Eu date du 20 novembre 1849, adressée au journal YUnivers.
PENDANT f.K (.HOLÉUA il7
sisscnt assez bien dans notre colonie ; il> sont laborieux, mènent i\ne vie sobre et pnie ; de plus, leur langue a une grande analogie avec Tarabe , et ils se font parfaitement comprendre des indigènes. Malheureusement ils ne se fixent pas au sol. Aussitôt qu'ils ont gagné quebjne chose , ils retournent dans leur pays. « Nous venons , disent-ils, dans ce pays, parce que nous avons besoin de travailler ; mais nous ne voudrions pas y finir nos jours. Nous ne pouvons , en Afrique, suivre les préceptes de notre religion ; vos prêtres ne nous compronneni pas; tant que nous sommes ici, nous ne pouvons entendre la parole de Dieu; la lampe qui biùle nuit et jour devant la .madone de notre demeure est le seul témoignage de notre piété qu'il nous soit facile de donner. »
L'apparition du choléi-a rendit pour eux cette position plus pénible encore; cai' chacun aurait voulu régler ses comptes pour tout événement et se tenir prêt à paraître devant Dieu. Ayant appris ipie les DP. Jésuites d'Alger avaient parmi (!u\ un prètie maltais, ils s'adressèrent au supérieur pour qu'il le leur e)ivoyât au moins pendant quelques jours , afin de pouvoir tous les réconcilier et ranimer un peu leur foi par des instructions religieuses. Pour qu'il n'y eût aucun obstacle à leur demande , ils convinrent entre euti d'une petite souscription , de manière à pourvoii- à tous les frais que ce déplacement pourrait occasionner.
Le supérieur agréa leur demande et la soumit à Mgr l'évêque d'.\lger, qui donna son approbation. Le surlendemain , au point du jour, le P. maltais s'apprêtait à partir pour sa petite mission , lorsqu'un vicaire-général vint l'arrêter , en lui disant qu'il fallait auparavant l'agrément de M. le curé de Blidad. Après l'autorisation donnée par Tévéque, il semide qu'il ne s'agissait là que d'une simple formalité de convenance. Point du tout ; M. le curé fit sa^ oir qu'»7 n'avait p<M
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besoin du Jésuite, et les pauvres Maltais durent s'en tirer tout seul , comme ils pinent' !....
La privation do secours religieux, que nous signalons pour les ^laltais de Hlidah , est plus fâcheuse encore pour les Espagnols , qui composent presque la moitié de la population de la \ille et des faubourgs. -La correspondance que nous suivons reconnaît que M. le curé de cette ville s'occupe avec zèle de sa paroisse ; «mais, ajoute-t-elle , s'il a tous les autres dons du Saint-Esprit, il n'a pas, assurément, le don des langues , et , tandis que les églises d'Alger sont remplies tour à tour des étrangers de toutes les nations, la pauvre église de Blidah demeure trop souvent abandonnée; à part quelques jours de fêtes, les petites filles de l'école font , en grande partie , l'auditoire du dimanche ^. »
Tandis que de pauvres étrangers étaient ainsi privés des consolations , après lesquelles ils soupiraient d'autant plus ardemment que la mort pouvait à chaque instant les frapper, d'autres populations reçurent abondamment les secours de la religion. On rapporte que, généralement, les actes de dévouement de la part du clergé exercèrent la plus salutaire influence , et que des protestants eux-mêmes, touchés de la charité des prêtres catholiques, se convertirent au moment de la mort.
' L'Atlas^ journal démocratique de l'Algérie , a parlé de ces faits déplorables dans son numéro du 12 décembre 18^9.
* Il serait bien utile , disait un autre journal en rapportant ces faits, « il serait bien utile que VŒuvre de la Propagation de la Foi pût favoriser dans ce pays le développement des Congrégations religieuses. On pourrait trouver dans leur sein des prêtres de toutes les langues, et ils n'auraient pour faire un bien immense qu'à parcourir les villes et les villages européens , en attendant qu'ils pussent se consacrer plus spécialement aux missious arabes. [Ami de la Religion, n° du 27 novembre 1849.) » Nous ne saurions trop nous associer à ce vœu et souhaiter de le voir bientùt se réaliser.
Mais combien fut admiiable aussi, dans cette contrée, le dévoucmenl des religieuses ! In Iléau éclate-t-il sur quelque point do cette terre d'exil , aussitôt c'est à ces pieuses filles <(u'on a lecours. Le 12 octobre, le ministre de la gueire écrivit à M™« la supérieure de la Tiinilé de Valence , et la pria denvoyer en Algérie neuf sœurs de sa congrégation , pour « être léparties par trois , entie les hôpitaux d'Oian, d"Arze^v et de Mostaganem. » Le ministre ajoutait : u J'ai compté sur le dévduemcnt des sœurs que vous dirigez , pour seconder ladministration dans la mission pénible que lui impose Tinvasion du choléra en Algérie, a
Cette lettre fui reçue à Valence le 14; et le 18 les neuf sœurs s'embarquaient à .Marseille pour Oran. A peine la supérierire eut -elle communiqué la demande du minisire à sa communauté, que tontes les sœurs qui la composent, par un mouvement spontané, se sont jetées à ses pieds poui' solliciter la grâce de partager cette glorieuse et charitable mission. Mais le choix dut se fixer sur celles dont la santé et les forces étaient en propoilion avec l'œuvre qu'il s'agissait d'accomplir.
Les neuf élues partirent avec plus de joie que si elles avaient dû trouver honneurs et richesses. Déjà, le 23 octobre , deux d'entre elles furent atteintes par l'épidémie. Le ÔO du même mois, la supérieure mourut la première, mai-tyru de sa charité. Dix joujs plus lard, une lettre apprit que le fléau avait fait deux nouvelles victimes : «Nous aurons donc, dit cette lettre que rCjui^er* a publié ' , deux sœurs à inhumera la fois. Quelle cruelle circonstance'. 0 ma bonne mère, ne vous en fatiguez pas, je vous en conjure. Vos filles d'Oran ont un courage admirable. Soyez la mère généreuse des Machabées, nous nous montrerons dignes d'être appelées vos enfants.... Ne vous repentez pas ' Dans son numéro du 30 novernbre 1849.
iOÔ l.F, DKVOVEMENT CATHOt.lOTF
(lavoir envoyé nos sœurs. Si vous étiez présente à leur départ, vous béniriez le (^iel avec noiïs. Veuillez de notre part faire un appel ;i nos sœurs de France. Les lilles de la Trinité ne s'efTiaieront pas dun danger qui met en possession de la couronne. Non , non ; nous recevrons bientôt du renfort. Nos bonnes mères nous apporteront la consolation et la joie.... » L'appel a eu lieu , et il a été entendu. Dautres sœurs font venues joindre leurs efforts à ceux des premières, elle Seigneur, qui fait en imus tout a 7ios œuvres ', a été béni!
11 n'y eut pas que les sœurs de la Trinité de Valence qui se dévouèrent aux cholériques de l'Algérie. Les filles de Saint- Vincent de Paul et les sœurs de la Doctrine chrétienne do Nancy partagèrent avec elles cette noble mission.
Dix-huit sœurs de Saint-Vincent de Paul furent envoyées à la fin d'octobre . et réparties dans l'intérieur pour soigner les malades dans les hôpitaux de BUdah et de Médcah et porter les secours de la charité dans ijuelqiies colonies agricoles. Lne lettre, en date du 23 décembre, nous apprend que ces pieuses filles ont exercé , surtout parmi les indigènes, la plus salutaire influence ; et l'on a pu se convainci-e, par le bien qu'elles ont fait, qu'elles seraient d'un puissant secours dans l'œuvre de la régénération africaine, si ceux entre les mains desquels les destinées de la France sont tombées avaient l'intelligence des besoins de nos possessions!.,..
Non conter! les de se livrer avec une sainte ardeur au soulagement des cholériques, ces dignes religieuses s'exposèrent h tous les périls. L'une d'elles, sœur Henriette Foure , est morte à la suite d'une attaque de choléra. Elle était âgée de quarante deux ans, et en avait pas'^é vingt dans la Congrégation des filles de Saint- Vincent de Paul. Depuis son arrivée à Alger, elle avait servi avec un courage au-dessus de son sexe les
' Isale , ïxvr, 12.
PFTNDAM Lk CHOLFRA lOi
cholériques du Lazare et de l'hôpital civil. Toutes les autorités d'Alger vinrent à son entejrement. Mgr Tévêqiie, assiste de son chapitre et de ses grands-vicaires, a fait solennellement Tabsoule.
De leur côté les sœurs de la Uoclrine chrétienne de Nancy, qui se liouvent depuis plusieurs années ' en
• C'est eu 1841 , disait au mois de janvier «850 V Espérance de yanoj, que cioq sœurs de la Doctrine chrélieniie , parties de la maison-ujère i >iaiicy, abordèrent aux rivages africains , et vinrent prendre leur part d'action et de souffrances dans le travail de civilisation préparé par l'épée de la France, mais qui ne peut s'accomplir que par renseignemeut chrétien et le dévouement des disciples de la Croix. — En Algérie, comme partout ailleurs, les sœurs de la Doctrine chrétienne se sont montrées des travailleuses infatigables et ont fait bénir le Dieu des Chrétiens par les intidèies eux-œênies- Aussi leur petite colonie a-t-elle rapidement prospéré. 11 y a maintenant en Algérie 67 sœurs, réparties dans les établissements fondes à Alger, Constantine, Bone, Blidah et Philippeville. On regrette vivement de ne pas posséder un plus grand nombre de sujets ; et pour satisfaire au\ nombreux besoins de la colonie , besoins qui ne feront que s'accroître chaque jour , on a eu l'heureuse pensée d'établir à Alger même un noviciat destiné à recueilUr et à préparer aux saintes fonctions de l'enseignement les jeunes personnes de cette contrée, sans distinction de nation, ii qui Dieu eu inspnera la vocation. Cette pensée, encouragée par l'autorité spirituelle, était, au mois de janvier 1830, sur le point d'être réalisée. Cette mesure est certainement pleine d'avenir et ne peut que produire , avec le temps, les plus heureux résultats dans nos possessions africaines. Au surplus, le passé garaLtit déjà cet avenir consolateur, où quelques pauvres iiliesde la Doctrine chrétienne , jointes aux filles de Saint-Vincent de Paul et de quelques autres congrégations religieuses, feront immensément pour la civilisation de l'Afrique fratçaise. — En effet , et il importe qu'on ue perde pas de vue cette considération , chez les Arabes comme chez les Orientaux, le principe religieux exerce une intluence absolue, il décide de tout. Ainsi, tant que les indigènes de l'Afrique resteront courbés sous le joug du Koran et rives aux tradit'ons de leurs docteurs, ils seront nos ennemis irréconciliables, toujours prêts ii se soulever contre nous. Mais si
i'.)-l Iî; DEVOIKMKNT CATIIOIIOir
Algérie, pour se consacre)' aux fonctions de l'enseignement, qui sont lobjet propre et essentiel de leur sainte vocation , se sont souvenues , au jour du danger , que les vrais chrétiens doivent être pn'ls o lout" bonne œuvre, selon la piu-ole de saint Paul ' , et elles ont prodigué avec enlpre^selnent leur temps, leuis forces et leur vie au service des malades, pendant les ravages du choléra. Ainsi , les pieuses institutrices de l'enfance se sont trouvées tout à coup, par l'eftet de la charité , transformées en infirmièi-es, en anges consolateurs au chevet des muuiants.
Le ministre de la i:ueire, instruit de ce dévouement, s'est empressé d'en féliciter M""* la supérieure-générale par une dépèche en date du :22 janvier ISbU. Nous citerons d'autant plus volontiers cette lettre, que la forme en est convenable et qu'elle fait honneur aux sœurs de la Doctrine chrétienne : u Les autorités locales de l'Algérie , dit le ministre , m'ont rendu compte du zèle infatigable et de l'abnégation toute chrétienne dont les sœurs de votre institut ont donné l'exemple dans les trois provinces de l'Algérie pendant l'invasion du choiéra-morbus. Les dévouements que la religion
quelque jour l'heure du salut vient à souner pour eux, et qu'ils soient absorbés par nos croyances chrétienues, nous trouveiipns en eux un peuple de frères, et l'Algérie sera vraiment alois une province ('ran>-aise . Or qui peut hâter cet heureux moment, s'il doitaniver? Une seule chose, la charité héroïque de ces saintes filles de l'Eglise que les Turcs de Constantinople eux-mêmes ont qualifiées A'anyéliques. Mais si cette fusion si désirable ne doit point s'opérer , qui pourra faire supporter k ces malheureux les rigueurs d'une occupation permanente qui opprime leur nationalité? qui pourra faire contre-poids aux exemples d'impiété et d'immoi alité qu'ils voient chez leurs vainqueurs? Une Siule chose encore , la charité héroïque de ces saintes Clles. Là est le secret du grand problème de colonisation et de civilisation dont l'étude coûte à la France . depuis vingt ans . cent raillions par ao.
' II Cor. IX. 8.
inspire s'alimentent à une source trop élevée pour demander d'autre récompense que celle du bien accompli. Je n'en regarde pas moins comme un devoir , M^^ la supérieure-générale, de vous reporter ce témoignage des sentiments d'admiration et de reconnaissance que la conduite de vos dignes sœurs a fait naître au sein des populations algériennes. Ces sentiments, Tadministration les partage , et je suis heureux de m'en rendre l'interprète auprès de vous. "
Oui , « les dévouements que la religion inspire s'alimentent à une source trop élevée pour demander d'autre récompense que celle du bien accompli. » Le témoignage d'une bonne conscience est déjà une giande récompense sur la teire. .Mais les âmes cluétiennes qui se sont livrées à la pratique des bonnes œuvres attendent quelque cliose de plus encore. Elles savent que chacun recevra selon son travail ', ainsi que le leur a fait entendre le Prophète : « Dites au juste que le bien est pour lui, parce qu'il recueillera le fruit de ses œu^res2 ; » et que la Vérité incréée leur en a renouvelé elle même la promesse, lorsqu'elle a dit : « Réjouissezvous et soyez remplis de joie , parce que votre récompense est grande dans les cieux ^. » C'est donc de Dieu seul , non des hommes , que la charité doit attendre sa 'Couronne. « Seigneur, dit saint Augustin'^, j'ai cherché et j'ai attendu de vous , non quelque autre récompense que vous-même 1 » El le Seigneur déclare qu'il « viendra bientôt et qu'il aura sa récompense avec lui pour rendre à chacun selon ses œuvres.... »
' 1. Cor. ui. 8. 2 isaîe. m. 10.
» Matth. V. 12. * Ps. xxvi. 8, \" E.xpl.
s Apec. xxii. 1-2.