‹ Le dévouement catholique pendant le choléra de 1849Chapitre 2 sur 38 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

LK CHOLERA A FAIT BRILLER LA CHARITE PARMI LE CLFRGK CATHOLIQUE ET LES ORDRES BELIG'ECX.

Sans nul doute le clergé ni les ordres religieux n'ont besoin de l'occasion des calamités publiques pour donner des preuves de la charité qui doit les animer toujours. Pour qu'ils correspondent à leur vocation sainte , il est certain qu'ils doivent être portés comme instinctivement aux plus beaux actes de dévouement et à la vie de sacrifice pour le bien de leur prochain; sans cela la doctrine du Christ ne serait pas vivante en eux.

C'est d'ailleurs aux ministres du Seigneur qu'il a été dit par la Sagesse incréée elle-même : u Vous êtes le sel de la terre ^ , vous êtes la lumière du monde- ; le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis ' : ainsi que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres , et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ''. « Et ils ne pourraient sans crime manquer à leurs devoirs les plus sacrés.

.Mais nous pensons qu'il est juste de reconnaître que

' Malth. V. 13. î Ibid. 14.

5 Jean, x , 2. * Maltli. id. 56.

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les grandes calamités sont un stimulant pour chacun de conespondic aux desseins de Dieu et d'accomplir les devoirs de sa vocation. Dans les temps de calme on s'afîaiblit facilement. Au contraire , les épreuves et les dangers ravivent les courages et font éclater les belles actions De même donc que Bossuet s'écriait dans un magnitique mouvement de zèle : « La piété chrétienne n'est pas faite pour un lâche repos : le feu l'épure et l'affermit. Ah 1 s'il en est ainsi , chrétiens , si les souffrances sont nécessaires pour soutenir l'esprit du christianisme : Seigneur! icndez-nous les Domitien et les Néron i ; » ainsi nous disons que le fléau qui a désolé naguère la France a léellement été changé en bien, puisqu'il a fait brillei- la charité des personnes consacrées à Dieu. Et encore qu'on n'ignoie pas que leur vocation leur fait un devoir du sacrifice , toujours est-il qu'il est utile de publier leurs bonnes œuvres , nonseulement pour la consolation des peuples qui s'attachent d'autant plus à la doctrine de vérité que ses ministres la leproduisent davantage dans leurs actions , mais surtout pour la gloire de Dieu, qui seule leur inspire le dévouement. Voilà toute la pensée de cette première partie.

• Panégyrique de saint André , 3^ partie.

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