‹ Le dévouement catholique pendant le choléra de 1849Chapitre 33 sur 38 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Traits de piéfé et de ronfiince en la protection de Marie dans k-sdiocèsee do Bordeaux, d'Agen et de Poitiers, de CarcasEonne, de Nancy et de Montpellier.

Les villes de Bordeaux et d'Agen ont eu leurs magnifiques processions dans le but d'obtenir les gi'âces et les bénédictions du Ciel dans ces temps d'épreuves.

La première , celle de Bordeaux , a eu lieu le dimanche 1" juillet. Les corps saints que cette ville possède ont été solennellement poi lés dans les principales rues de la cité. Une fuule immense s'est pressée respectueusement sur leur passage, et Mgr Dupuch , ancien évèque d'Alger, a présidé cette solennité. Celle d'Agen s'est faite le vendredi 7 septembre. Toutes les corporations religieuses de la ville s'y sont trouvées avec une imposante multitude de peuple. M. l'évèque d'Agen et tuut son clergé maichèrenten tète du cortège. On s'est rendu à Notie Dame de Honne-Encoutie . et 1.^ , les vœux de tous sont montés veis l'auguste .Marie.

Il n'y eut pas que les grandes villes qui furent témoins de ces belles cérémonies religieuses. Les plus

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humbles villages y participèrent aussi et en piirent sout vent rinitiative. Ainsi , dans le diocèse de Poitiers , nous voyons une petite paroisse , nommée la Garelte , cruellement éprouvée par rëpidémie , recourir à une procession , à laquelle assistèrent tous les habitants, peur demander au Dieu 'les miséricordes d'avoir pitié de sa population décimée, l.e préfet des Deux- Sevrés, c'est une justice que nous devons lui rendre, a compris qu'il devait donner Texemple , et il est venu dans cette commune pour relever le moral des paroissiens.

Comme à Rennes et à Dol ', la ville de Carcassonne a vu plusieurs de ses rues embellies de l'image protectrice de la Mère de Jésus; avec cette difléreuce , toutefois , que dans les deux premières cités la pieuse dévotion y a pris naissance à cause du choléra , et que dans celle-ci le culte des Madones , presque tombé en désuétude , s'y est ravivé sous le coup des mêmes épr-euves. Ainsi , à Carcassonne, elles ont élé parées de nouveaux ornements ; leurs nrodestes chapelles ont été ornées de fleurs ; la nuit , des luminaires ont brillé devant leurs niches , et les habitants , l'éunis chaque soir devant ces ces douces images, ont chanté les iitar^iesen Tiionneur de la sainte Vierge : piété vive, touchante confiance de la par-t d'enfants dévoués qui sentaient le besoin de se resserrer autour de leur Mère aux jours du danger 1

La ville de -\aucy a vu également sa population recorrrir à la prière. Une neuvaine a eu lieu et a été suivie par un grand concours. La clôture s'en est faite avec solennité dans l'église de Xotre-Danio de Bou-Secouis , par Mgr l'évèque. L'assistance y fut si nombreuse que plusieurs personnes se virent obligées de stationner sur la place de l'église. Depuis cinq heures du matin, la communion fut pr-esque constamnient distribuée à une foule de fidèles , et , à la messe célébrée par le prélat , un grand nombre de personnes ont encore reçu le Pain

' Voir le cliapitre procèdent.

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de vie de sa main. Ce sont là des faits consolants qui prouvent la ferveur des populations de ces contrées. Heureuses sont-elles davantage encore si à ces saintes pratiquer elles savent joindre les action^ qui en sont le fruit et lexpiession vi<ante!

En terminant ce court chapitre , citons encore un exemple de la protection de Marie et 'ie l'amour des populations envers cette divine Mère.

Depuis un mois, le choléra se'vissait à Auiane , diocèse de Montpellier ; il y faisait de grands ravages , malgré le zèle et \e dévouement des médecins. Le peuple déàolé tourna tuut son espoir vers la Vierge immaculée , et sa conQance ne fut pas vaine.

En effet , il existe dans la commune d'Aniane une église connue sous le nom de Notre-Dauje de la Délivrance ; elle fut autrefois bâtie en mémoire d'un bienfait manifeste accordé aux habitants de cette paroisse par la protection toute-puissaufe de la Vierge Marie "'. Le peuple, dans sa détresse, demanda à grands cris qu'on ouvrit les portes de cette église , et que la statue de la Vierge, dite miraculeuse , fût portée en triomphe dans toute la ville. Celte cérémonie pieuse eut lieu : depuis lors, l'épidémie a disparu ; les personnes malades se sont rétablies , et il n'y a plus eu de cas grave, un enfant excepté.

' Nous somme* étonués que l'ouvrage , pourtant déjà si riche de reuseigcemecis, intitulé : Annén de Marie . ou Pèlerinage aux smHuaires de la Mère de Dieu, etc., î vol. in-1'4 , 184? , DP donne aucune note sur c". saiicluaire béni.

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