CHAPITRE III
Suite du précédent. — Services funèbres pour les cholériques: Œuvre des oiphetins du choléra.
Les morts avaient été si nombreux à Paris , les règlements de salubrité si exigeants , et le clergé s'était trouvé absorbé par tant de soins , que beaucoup de victimes du choléra n'avaient pu seulement être présentées dans les églises avant d'être enterrées. Et d'ailleurs , les pauvres parents des défunts eussent-ils pu les faire tous conduire dans les temples, puisqu'il arriva souvent que, faute de voitures, les voisins, les amis, les parents eux-mêmes furent obligés de se hâter de porter leurs morts directement au cimetière '?
' Et cela, il faut le dire, ii cause de l'imprévoyance de l'administration des pompes funèbres qui ne s'est pas trouvée à la hauteur de sa mission. On ne comprend pas, en effet, qu'elle n'ait pas ou , à mesure que lesbescans grandissaient , un personnel et un matériel proportionnés à ces besoins. I^a presse s'en plaignit avec raison. Elle fit reTiarqner aussi que les diverses mairies n'ont pas foutes non plus fait preuve d'une grande inleUigeuce ou
'le dévouement cathouque 59
Nous en avons vu plusieurs être réduits à remplir ce pénible devoir. Ce n'était pas assez pour eux d'avoir perdu un père, une mère, une épouse, un enfant, il fallait encore qu'ils allassent jusque les descendi'e eux-mêmes dans la tombe! 11 fallait que les vivanls fussent privés de cette consolation si giande dans ces moments terribles , de cet adoucissement si puissant , de voir les prières de TEglise récitées sur leurs chers morts ! Oh ! scènes déchirantes ! moments de cruelles angoisses !...
Cette absence des cérémonies religieuses pour beaucoup de pauvres victimes , en quelque sorte abandonnées , toucha vivement le cœur de Mgr Tarchevèque de Paris. 11 s'en préoccupait , et , quand le fléau eut donné quelque répit , le digne prélat ordonna qu'im service funèbre serait célébré dans tout son diocèse pour réparer les omissions que les douloureuses circonstances avaient malheureusement nécessités.
H annonça cette consolante résolution par une lettre qui fut adressée à tous les curés du diocèse. Le pieux pontife s'y montra plein de tendresse et de sollicicitude pour ses ouailles : « Combien de fois , pendant ces jours douloureux , dit-il , avons-nous levé nos mains suppliantes vers le ciel , pour demander à Dieu miséricorde ! Nous lui disions , avec les prêtres de l'ancienne Loi : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votie peuple , et ne soyez pas éternellement irrité contre nous : Parce Domine , parce populo tiio ., ne in ceternum irascaris nobisi. Combien de fois , au saint
d'une grande activité dans l'organisatioa du service extraordinaire que réclamaient les circonstance?. Au lieu de prendre le nombre d'employés nécessaires, on ne craignait pas de faire attendre des heures entières dans les bureaux pour l'inscription morliiairr. Il semble pourtant que les familles ont assez de poine dans ces lugubres affaires pour qu'on leur opirgnc le plus de sollicitudes et de démarches possibles.
1 Joël. 11. 17; et Ps. Lxxxiv, 5.