OBSERVATIONS
Nous relaterons d'abord deux observations personnelles. Nous ferons suivre ensuite celles qué nous avons pu retrouver dans la littérature médicale. Parmi ces dernières beaucoup sont incomplètes et quelques-unes si imprécises qu'elles sont pour ainsi dire inutilisables Aussi ést-1l difficile de fixer le chiffre exact des cas où l’on a pu rencontrer le syndrome de Basedow associé au diabète. Mais nous ne croyons pas irop nous avañ-
cer en disant que ce nombre ne dépasse pas 60.
Observation I (Personnelle)
Diabète passager au cours d’un goitre Basedowifié.
Mae L..., 58 ans, née à Fourchambault (Nièvre), pays à goitre. Ménagère. Vient pour la première fois à la consultation de l’h6- | pital Lariboisière, au mois de septembre 1912, se plaignant de
tremblement et de palpitations.
Ce qui attire surtout notre attention c’est le facies particulier de la malade et la présence d’un goitre assez volumineux. Dans ses antécédents héréditairés nous ne trouvons rien d’in-
téressant. Son père serait mort à 73 ans des suites d’une attaque
ST. De opoplectiforme qu’il aurait eu quelques mois auparavant et qui l’aurait laissé paralysé. :
! Sa mère atteinte d’asthme et de bronchite aurait présenté à l’âge de (77) ans une hermatémèse rapidement mortelle.
Un frère mort à l’âge de 12 ans, d’entérite chronique, et une sœur morte à lâge de 11 ans d’une maladie de langueur.
Un autre frère vivant et bien portant.
- Dans les antécédents personnels de la malade nous relevons une attaque d’influenza à 40 ans lui ayant laissé, dit-elle, beaucoup de faiblesse dans la tête. Elle aurait eu, il y a vingt ans, quelques crises gastriques douloureuses suivies de vomissements, : de sang. Une seule grossesse il y a trente-huit ans. La malade n’a eu aucun trouble particulier pendant cette grossesse conduite à terme. Sa fille se porte bien et ne présente actuellement aucun symptôme de nervosisme, ni de diabète, et son cou paraît être normal.
Interrogée sur les débuts de son affection la malade se rappelle très bien que, il y a quatre ans, alors que ses règles devenaient irrégulières, peu abondantes pour disparaître même assez rapidement, les premiers symptômes de la maladie de Basedow apparurent.
Son cou aurait grossi, puis le tremblement aurait fait son apparition quelque temps après. A la même époque son caractère se serait modifié. A la moindre contrariété elle avait du tremblement, des palpitations de cœur et elle pleurait très facilement.
Examen de la malade. — Yeux. — Peu saillants mais la malade présente un éclat particulier du regard qui par instants est un peu égaré et très brillant. Les pupilles sont normales et réa-
gissent très bien,