‹ Le Diabète dans le Syndrome de BasedowChapitre 9 sur 20 · et 1.500 grammes · texte numérisé non relu

et 1.500 grammes

Observation II (Personnelle).

Goitre exophlalmique avec glycosurie légère el intermittente.

Mne B..., 49 ans.

La malade n’a pas d’antécédents héréditaires intéressants.

Elle-même a été très bien portante jusqu’à l’âge de 18 ans. Réglée à 12 ans, ses règles ont toujours été régulières et suffi-

samment abondantes. Elle a eu à 18 ans une fièvre typhoïde et

0e quelques années plus tard une entérite guérie assez rapidement.

De plus, elle a souffert de dysménorrhée membraneuse et dit être rhumatisante, Au mois d’avril 1911, elle a été soignée pour des troubles nerveux à Valmont. Le traitement a consisté en douches et repos absolu. Peu à peu apparurent des palpitations et son pouls devint très fréquent (jusqu’à 120 à la minute).

Elle remarqua ensuite que son cou augmentait de volume et que ses yeux devenaient saillants.

Nous examinons alors la malade et nous trouvons un corps thyroïde développé uniformément donnant l’impression d’un goitre vasculaire sans thrill. |

Les yeux sont peu saillants ; le droit un peu plus que le gauche. à |

Il existe un tremblement très marqué surtout aux mains.

Pas de signes oculaires.

Pas de signes de Mœbius.

Pas de signes de Stellwag.

Pas de signes de Jellineck.

Il y a immobilité du frontal et des secousses nystagmiques dans la position externe latérale,

Depuis deux ans, nombreuses irrégularités dans la menstruation, sans qu’il y ait cependant arrêt complet.

La malade n’a jamais eu de bouffées de chaleur ni de sueurs particulièrement abondantes, mais elle éprouve une sensation de fatigue et de faiblesse dans les membres inférieurs.

Au mois de décembre 1912, la malade se plaint d’une soif ‘intense et de démangeaisons sur tout le corps.

On fait faire l'analyse des urines et l’on trouve 5 grammes de sucre par litre.

Le 5 février, pas de règles. Amélioration sur l’ensemble des

symptômes. Diminution de l'exophtalmie. Le pouls est tombé à 80. On donne comme traitement de l’ocréine. Les urines ne contiennent plus que 3 gr. 40 de sucre par litre.

Le 28 mars, la malade revient très nee Le pouls est à 80. Le corps thyroïde est encore volumineux et surtout très résistant. Les règles, qui avaient disparu depuis le mois de juillet, ont réapparu.

Il ne semble pas que ce fait ait une grande influence sur le volume du corps thyroïde. Au point de vue de la glycosurie le sucre a disparu. [l est à remarquer que la malade fait toujours les mêmes repas sans prendre de sucre.

Elle mange, par exemple : un plat de viande, un féculent, un légume. $

Les variations dans la teneur en sucre ne peuvent être dues à des fautes ou à des variations dans l’alimentation. La malade est très explicite sur ce point.

Pour elle, le facteur qui joue un rôle est la menstruation; c’est pendant la période de ses règles, ou pendant celle qui y correspondrait, quand il y a aménorrhée, qu’elle aurait de la glycosurie.

Depuis le sucre a disparu des urines et l’examen du sang donna : globules rouges : 5.510.000, leucocytes : 5,100.

Polynucléaires + 64 0j6.

Lymphocytes : 28 °/,.

Grands mononucléaires : 6 °/4.

Éosinophiles : 1RLIPe

Observation III (SOUQUES ET MariNesco).

Johanna Lomb..., 41 ans, giletière. Entre à la Salpétrière le

28 juin 1894. ;

Dans ses antécédents héréditaires, il faut signaler que son

grand-père maternel était épileptique et qu’un de ses oncles pa-

?OUTSS

ternels est mort aliéné à Sainte-Anne. Sa mère a succombé à.

une maladie de cœur. Son père était un homme vif et emporté ; il est mort accidentellement à Terre-Neuve.

Ses antécédents personnels sont les suivants :

A l’âge de 7'ans à la suite d’une vive frayeur elle tombe et perd connaissance; la nuit suivante est troublée par les cauchemars et l’insomnie. Et le lendemain matin au réveil, on aurait constaté un gonflement de la joue et de la région parotidienne

gauches, en même temps qu’une paraplégie.

Ce gonflement aurait disparu brusquement à la suite d’une

incision, dont on voit aujourd’hui la cicatrice. Quant à la para-

plégie elle aurait persisté durant un an.

. Depuis ce moment il a existé des palpitations accompagnées d’étouffement et d’oppression, Les battements de cœur l’empêchaient, dit-elle, de courir vite et de sauter à la corde.

A 13 ans première menstruation. Jusqu’à l’âge de 32 ans les règles sont restées normales et régulières.

Depuis lors il y a eu des périodes d’aménorrée qui ont duré, une fois, deux ans consécutifs. Mariée à 25 ans cette femme a deux grossesses (à 26 et à 32 ans) qu’elle mène à terme. Ses deux grossesses furent pénibles et aggravèrent manifestement la maladie de Basdow déjà existante. Ainsi pendant la première

fois elle fut obligée de garder six mois le lit en raison de vives

| ares douleurs qu’elle éprouvait dans les fesses et les membres inférieurs. |

Pendant la période d’allaitement qui suivit, c’est-à-dire pendant seize mois, elle eut de la diarrhée incessante, indolore, inexplicable en apparence.

Au cours de sa deuxième grossesse en 1885le médecin qu’elle consultait lui fit remarquer que ses yeux étaient saillants et que son cou était volumineux.

Les jambes étaient œdématiées de temps en temps. Et c’est à

partir de ce moment que certains phénomènes auxquels elle

n’attachait aucune importance ou qu’elle n’avait pas remarqués prirent des proportions plus grandes.

Il semble donc que chaque grossesse suivie d’allaitement, ait augmenté les signes de la maladie de Basdow qui existaient antérieurement, 1

En effet les palpitations remontaient à la deuxième enfance. Vers l’âge de 15 ans on lui fit observer à l’atelier qu’elle tremblait des mains.

Plus tard, à 18 ans, sa mère aurait remarqué pour la première fois que le cou augmentait de volume. |

Notre malade fait simplement remonter le début de sa maladie à l’année 1885 au moment de sa deuxième grossesse et l’attribue à des émotions et à des chagrins causés par une maladie cérébrale incurable de son mari. Le caractère se modifia, alors, dit-elle, devint irritable et mobile.

En 1886 à l’âge de 33 ans elle entre à deux reprises différen-

tes à la Salpétrière pour une maladie de Basdow confirmée, dans

le service du professeur Charcot.

Elle y revient une troisième fois en 1889 pour une crise diar-

rhéique qui dura quinze jours. C’étaient des selles aqueuses, se

ou te

répétant presque coup sur coup, le soir de préférence, indolores ou accompagnées parfois de légères douleurs. Entre ces deux séjours à l'hôpital elle avait eu quatre poussées d'urticaire.

Le début du diabète semble remonter au mois de décembre 1893. C’est du moins à cette époque que la malade remarqua qu’elle urinait et buvait beaucoup plus que d’habitude.

En mars 1894 on fit l’analyse des urines et on constata la présence du sucre.

Élal actuel (1°* juillet 1894). — Cette femme présente La plupart des symptômes de la maladie de Basdow.

Il y a une exophtalmie bilatérale. Les pupilles sont égales et réagissent normalement. Il n’y a ni signe de de Graefe, ni paralysie des muscles oculaires.

Le goitre présente le volume d’une noix ; il se fait surtout aux dépens de la Partie médiane et du lobe gauche.

Le tremblement très net aux mains est même rapide, vibratoire.

La tachycardie est à la fois paroxystique et permanente. Les paroxysmes sont quotidiens et durent souvent une demi-heure. Parfois ils s’accompagnent d'angor pectoris.

Le cœur paraît hypertrophié, mais la pointe bat dans le 5° espace et n’est pas notablement déviée. Ses battements donnent à la main la sensation du frémissement cataire, Ils sont fréquents, irréguliers, arythmiques. l'oreille ne perçoit aucun souffle. Les carotides battent énergiquement. Le pouls est petit, inégal, intermittent, rapide et bat de 120 à 130.

En dehors de ces symptômes cardinaux nous signalerons comme appartenant à la maladie de Basdow, de la dyspnée et de la toux que rien n’explique, une faiblesse extrême des membres inférieurs, avec œdème intermittent et dérobement des jam-

bes, phénomènes remontant à de longues années.

Nous signalerons encore des crises paroxystiques de diarrhée,

tout à fait typiques.

En outre, cette femme présente les signes classiques du diabète sucré : de la polyphagie, qu’elle distingue nettement des fringales qu’elle avait jadis et qui relevaient de la maladie de Basdow. Cette polyphagie remonte au mois de décembre 1874, comme d’ailleurs les autres symptômes diabétiques. La poly-

dipsie et la polyurie sont très marquées.

Cette malade boit un peu plus qu’elle n’urine. Or les urines recueillies pendant les dix premiers jours du mois de juillet atteignaient le taux de sept litres environ par jour. Elle buvait

en conséquence,

Et il ÿ avait en moyenne 47 à 48 grammes de sucre par litre, c'est-à-dire 330 grammes de sucre dans les vingt-quatre heures. Un taux analogue d'urine et de sucre était constaté au mois d'avril. Pas d’albumine.

Les réflexes rotuliens sont complètement 2bolis. L’amaigrissement est considérable et la perte des forces est extrême.

Tel était l’état en juillet. L’affaiblissement, l’amaigrissement firent des progrès rapides et confinèrent la malade au lit vers la fin du mois d'août. Le 12 septembre 1894, cette femme se plaint d’oppression et d’étouffement que rien ne peut calmer. Le 17, elle reste immobile et somnolente, ne répondant que d'une voix faible et lente. Les urines renferment toujours beaucoup de sucre, mais pas d’albumine. Le lendemain, l’épuisement est extrême et le surlendemain la malade succombe dans le marasme.

Autopsie. — [e cadavre est un peu infiltré aux jambes, très émacié aux cuisses et sur le reste du corps. Les poils sont rares

au pubis et absents au niveau des aisselles,

SUDBE

Les viscères de la cavité abdominale ne présentent aucune altération importante.

Le pancréas est normal. La rate est sclérosée et présente des traces de périsplénite. Les reins sont lisses, un peu augmentés de volume, mais n’offrent à l’œil nu aucune lésion appréciable.

Le foie a sa configuration et son poids normal.

Dans la cavité thoracique, il n’y a également rien d’intéressant à signaler.

Le cœur n’offre aucune lésion orificielle. Il est gros, graisseux et pèse 370 grammes. Le ventricule gauche est épaissi. Le bord libre de la valve droite, de la valvule mitrale et le bord libre de la tricuspide sont un peu épaissis et durs,

Les sigmoïdes pulmonaires et aortiques sont normales, Il n’y a d’ailleurs ni rétrécissement ni insuffisance orificielle. Pas d’athérome aortique. Les poumons sont très emphysémateux. On note quelques adhérences pleurales à droite et un peu de pleurite au sommet gauche. Mais il n’y a aucun tubereule visible dans le poumon.

Le corps thyroïde pèse 55 grammes, est dur à la surface et sclérosé sur une coupe, Il y a une languette du thymus en reviviscence. R

Du côté des centres nerveux il faut signaler l'intégrité des méninges crâniennes et de l’encéphale. Les hémisphères cérébraux, le cervelet, la protubérance, le bulbe n’offrent aucune altération à l’œil nu.

La glande pituitaire n’est pas hypertrophiée.

Rien dans les cavités orbitaires : ni œdème, ni congestion ; les muscles oculaires sont simplement pâles et décolorés.

‘La moelle paraît de volume et de coloration normales: les

méninges rachidiennes sont saines en dehors de quelques petites

Hate

plaques cartilaginiformes sur le feuillet viscéral de l’arachnoïde.

Sur ses surfaces de section à l’œil nu la moelle paraît normale,

Après durcissement au bichromate sur des préparations microscopiques on trouve au niveau des cordons postérieurs, une zone pâle symétrique étendue de la région lombaire à la région cer-

vicale supérieure.

Observation IV (M. Lannois).

Claudine M..., 52 ans, entre le 15 mars 1897 à l’hôpital de la Croix-Rousse.

Père mort subitement à 33 ans, mère morte à 74 ans d’affec-

fion indéterminée.

Rougeole dans l’enfance, pas de rhumatisme, pas d’alcoolisme. Elle dit qu’elle a toujours eu un petit goitre depuis son adolescence, mais il y a dix ans il s'accrt brusquement et acquit le volume actuel.

Il y a six ans, elle remarqua qu’elle avait les yeux saillants,

mais elle n’a jamais eu à se plaindre de battements de cœur et

elle ne sait s1 elle avait du tremblement.

Il y à quatre ans, elle eut une vive frayeur et de sérieux tracas à la suite d’un incendie qui détruisit la maison qu’elle habitait et qui brûla ses effets et ses meubles. Elle ne remarqua rien de spécial du côté de son goitre ou de ses yeux, mais la sensation de soif que, dit-elle, elle commençait à ressentir depuis quelque temps déjà, s'exagéra beaucoup. C’est surtout depuis trois ans qu’elle est gênée par le besoin de boire devenu plus impérieux ; elle est obligée de se lever deux ou trois fois par nuit

pour uriner,

Depuis la même époque elle se sent faible, se fatigue au moindre effort, a des vap2urs avec sensation d’étouffement, de chaleur à la face et de sudation abondante.

Il y a environ un an toutes ses dents se sont carriées.

En octobre 1896, elle s’était assoupie sur un canapé dans l'après-midi, au moment de se lever elle eut une faiblesse du côté gauche avec tremblement ayant duré demi-heure sans perte de connaissance. Depuis elle a gardé de la faiblesse de tout le côté gauche,

Il y a quinze jours elle à eu à nouveau de grands soucis. Elle se fatigua, prit froid et se mit à tousser. Elle cracha quelques filets de sang et eut plusieurs accès d’étouffement.

La soif a beaucoup augmenté depuis ces quinze derniers Jours. Anorexie. Constipation.

Au premier examen, la malade frappe par son aspect de goitre exophtalmique. Elle porte en effet un gros goitre, surtout à gauche, goitre charnu assez dur sans expansion vasculaire mais soulevé par les battements carotidiens.

Les yeux sont très brillants, la cornée non recouverte par la paupière supérieure.

L'ésophtalmie est égale des deux côtés.

Signe de de Græfe léger mais net. Pas de Stellwag.

La malade voit bien clair, les pupilles sont égales, les muscles externes indemnes. Léger tremblement des doigts étendus. La malade n’accuse pas de palpitations, bien que le cœur soit à 120.

A la pointe les bruits sont sourds ; on perçoit nettement un galop surtout tactile. Le deuxième bruit est fort, souvent dédoublé. La pointe se limite très mal.

Dyspnée très marquée : 36 respirations.

Toux fréquente, expectoration muco-purulente. Sonorité nor-

MS male partout. Nombreux râles soiores et râles humides assez fins à la base gauche.

L'haleine exhale une forte odeur de chloroforme.

L'examen des urines donne beaucoup de sucre, présence d’al-

bumine et coloration rouge très accusée avec le perchlorure de fer. ,

La face est rouge, la langue sale. La température est à 38%. Œdème marqué autour des chevilles.

Réflexes rotuliens abolis. Pas de signe de Romberg.

La malade est obèse et dit n’avoir pas maigri.

On applique des ventouses, on fait prendre 12 grammes de bicarbonate de soude, 10 grammes de citrate de soude, deux bouteilles d’eau alcaline n° 4. L'analyse des urines faite le lendemain donne le résultat suivant :

Volume 3 litres.

gr. par litre gr. par 24 heures

Uri 0e 0. 111,51 34,53 SOC A Pret 42e 1 8 01 02 81,06 Albumine RAR: "3 000,79 2,25

Les jours suivants il se produisit une amélioration sensible et les phénomènes qui pouvaient faire craindre l’apparition du coma disparurent,

La fièvre avait cédé dès le premier jour, le pouls oscillait entre 112 et 124, la quantité d’urine entre 3 et 5 litres. A la date du 31 mars, on avait noté en regard de cette amélioration que les réflexes rotuliens, faibles d’ailleurs des deux côtés avaient reparu. Plus d’odeur d’acétone, pas de réaction avec le perchlo-

rure de fer. Mais le 2 avril ia malade qui depuis trois ou quatre

ae

jours a refusé de prendre les alcalins en se plaignant de maux d’estomac vomit de la bile pendant la nuit.

Elle a de nouveau de la gêne respiratoire bien qu’il n’y ait pas de râles fins aux bases.

Le pouls est devons légèrement arythmique, variant de 130 à 140.

| L'analyse du 5 avril donne.

Volume : 3 litres 2.

gr. par litre gr. par 24 heures

ON Genie US EN MR A LAS AO OA 10,40 Subren sl Je Ne 57 88,22

Albumine. Traces indosables.

A partir de ce moment l’état de la malade ne fit que s’aggraver. Etat de prostration très accusé. Soif que rien ne peut apai-

ser. Ca

Le 17 avril l’analyse de l’urine donnait 45 grammes par litre avec une diminution de la quantité 1.500 grammes.

Constipation opiniâtre, sueurs profuses avec absence complète de force. OEdème des jambes. Il se montra du muguet et la malade finit par succomber le 2 juin. . |

Autopsie. — Poumons emphysémateux. Le droit qui a une légère congestion à la base pèse 440 grammes, le gauche 480. Ils ont au sommet des cicatrices d’ancienne tuberculose.

Au cœur (260 gr.) intégrité des valvules aortiques et un lêger degré de dilatation de la valvule mitrale dont le bord libre est manifestement épaissi.

Pas de thymus en réviviscence,

Le corps thyroïde présente plusieurs kystes et dans le plus

LAC T LES volumineux on trouve une masse d’aspect papillomateux qui paraît être un début de dégénérescence.

Foie : 1.300 grammes sans la vésicule qui pèse 130 grammes, Il paraît un peu gros.

Rate 140 grammes.

Rein gauche 130 grammes, présente à l'extérieur plusieurs

bosselures qui ont sur la coupe un aspect lardacé dans lequel

on ne reconnaît plus la texture du rein.

Rein droit 180 grammes présente trois de ces bosselures.

Pancréas volumineux, non induré pesant 130 grammes.

Cerveau présente un degré assez moyen d’œdème avec épaississement de la pie-mère.

Dans l’hémisphère droit on trouve sur la coupe préfrontale un ramollissement gros comme une noix qui occupe la partie antérieure du corps strié et s'étend un peu en arrière dans le noyau lenticulaire. Rien à l’œil nu au niveau du quatrième ventricule,

ni sur les coupes de la protubérance et du bulbe.

Observation V (M. le P. Lépine).

E... Anna, 63 ans, tisseuse, 9 avril 1892.

Père et mère morts à 74 ans d’affections inconnues, ? frères morts très jeunes, un autre mort à 25 ans en Crimée, une sœur morte à 45 ans d’une maladie de poitrine. Mariée 2 fois : 4 enfants, 2 sont morts.

Ménopause à 50 ans sans autre trouble que de l’adynamie. A 37 ans opérée pour une tumeur blanche du genou gauche datant de dix mois, elle ne peut marcher que dix-sept mois après. Jamais de toux mais deux ans avant, pendant une grossesse elle

RE

avait eu les quatre premiers moi: des hémoptysies abondantes et répétées. Jusqu’à l’âge de 62 ans elle se porta relativement bien.

Il y a six mois environ, elle commença à maigrir et à voir ses forces diminuer légèrement. À cette époque elle aurait eu une forte émotion (incendie supposé).

11 y a six semaines, elle commença à souffrir d’une soif continuelle qui dès le début demandait l'ingestion de 4 litres d’eau, Pas de troubles intestinaux.

Diminution de l'acuité visuelle, impossibilité de fixer les objets, pas de céphatalgie,' ni de vertige. Pas de troubles de la mémoire,

Crampes dans les membres inférieurs, qui ont disparu depuis que la malade a cessé de travailler. Depuis la même époque la malade s’essouffle facilement au moindre effort mais jamais de dyspnée, soit la nuit, soit le jour pendant le repos. Pas de battements de cœur. Jamais d'œdème des membres inférieurs.

Pas de toux. Pas de points de côté.

Actuellement. — Amaigrissement, pâleur, apathie.

Poumons. — Rudesse aux deux bases.

Fosses sus-épineuses : submatité à peine marquée des deux côtés, vibrations augmentées à droite ; obscurité légère à gauche.

Sous la clavicule : submatité à droite.

Cœur. — Impulsion forte, brusque. Léger frémissement coïncidant avec la période de décroissement du choc. Systoles avortées assez fréquentes. Dédoublement constant mais inégal du deuxième bruit.

Pouls. — Faible tension.

Foie. — Normal. :

Réflexes roluliens. — Normaux.

Re Force musculaire. — Très diminuée.

La malade ne peut marcher sans appui. Pas d’ataxie ni de trou-

bles du sens musculaire, Les urines contiennent beaucoup de

sucre, pas d’albumine.

31 mat. — La malade quitte Phôpital. Le jour de son départ on s'aperçoit d'une tachycardie colossale et de tremblement léger. Goitre à droite.

Disparition des signes pulmonaires,

Grande diminution de la polyurie. Sucre dans les urines.

15 juin.— La malade revient dans le service se plaignant de son manque de force et de son inappétence. Pas de toux ni d’expectoration. Polydipsie. |

Quelques râles expiratoires sous la clavicule droite,

Appétit nul.

Pouls : 101. Un peu d’arythmie. La tachycardie a disparu,

20 juin, — Sucre : 50 grammes, La réaction du perchlorure de fer est intense,

Pouls : 120.

26 juin. — Piqüre et injection de sérum artificiel. Après l’injection cœur rapide, irrégulier. Pouls : 124, On lui fait une injection de caféine.

28 juin. — Pouls: 104. Légère arythmie. Bruits peu éclatants à ia pointe. OEdème des jambes. |

Urines : 5 litres.

30 juin. — On donne 20 gouttes de digitaline.

7 juillet. — On pèse la malade : 46 kgr. 700. Elle dit avoir pesé 63 kilogrammes quand elle était jeune et 59 kilogrammes avant la maladie:

Cette malade s’est affaiblie et a succombé le 7 septembre sans Gastaud 3

tr

UT symptômes particuliers. Dans les derniers temps on n’a pas vu son urine. |

Aulopsie. — Cerveau sain.

Cœur. — Plutôt petit, flasque, un peu pâle et renfermant dans

- ses cavités de gros caillots fibrineux blancs. Aorte grosse.

Poumons. — Tuberculose en évolution avec cavernes à la partie moyenne et aux sommets.

Foie. — Plutôt petit, un peu graisseux.

Pancréas. — Normal.

Reins. — Se décortiquant mal.

Er résumé il s’agit d’une malade ayant présenté une tubérculose bien antérieure au diabète. Il faut tenir compte assurément des symptômes de goitre exophtalmique, mais ils se sont évanouis dans la suite de la maladie (c’est un diabète nerveux dont l’évolution.a été vulgaire. La mort est due évidemment à la tuberculose).

Élimination du sucre par jour : plus de 300 grammes.

: . 11,4 Le rapport de sucre de l’urine au sucre du sang était SES

Observation VI (P. Pirres).

Me X..., 36 ans. Père mort d’une male de la moelle ie nière. Mère âgée de 58 ans,rhumatisante, très irrascible, a depuis longtemps les yeux saillants mais ne paraît pas avoir datttes symptômes basedowiens. Un frère et une sœur très nerveux, d’une originalité excessive.

Réglée à 11 ans. Jusqu'à 30 ans, époque de son mariage, elle É | a été d’une gaieté exubérante. |

En octobre 1888 elle se maria contre le gré de sa famille. Le

SR ae ressentiment de ses parents l’affligea beaucoup. KHe devint triste, nerveuse, irritable, pleurant à tous propos.

En:1889 elle eut une grossesse qui se termina normalement par l’accouchement à terme d’un enfant vivant et bien portant,

En 1891 congestion pulmonaire qui traîna en longueur mais elle recouvra sa santé habituelle.

En juillet 1892 un matin après avoir été réveillée en sursaut par un violent coup de sonnette, elle fut toute surprise de constater en se regardant à la glace, que ses yeux étaient devenus « gros et brillants ». Peu de temps après la malade remarqua que son cou grossissait et elle devint sujette à des accès de palpitation de cœur.

En août 1893 Mu° X... contracta la coqueluche. A partir de ce moment aux symptômes dont elle souffrait depuis un an se Joignit un tremblement continu des membres supérieurs.

Quelques mois plus tard la malade s’aperçut qu’elle était souvent assez altérée pour être obligée de boire dans les intervalles de ses repas deux ou trois verres d’eau fraîche. Ses urines ne furent analysées que lorsqu'elle vint à Bordeaux pour consulter.

État actuel 16 mai 1894. — Les deux yeux sont saillants, humides brillants.

Les signes de de Græfe et de Mœbius n'existent pas.

Pas de paralysies des muscles oculaires.

Pupilles égales, réagissant bien mais avec lenteur.

Un peu de photophobie.

Gonflement en masse du corps thyroïde portant principalement sur le lobe droit de la glande.

Mouvements d’expansion rythmés par le cœur et téger frémissement cataire.

Les battements du cœur sont violents, variant de 116 à 150

DR LES Palpitations très pénibles. Douleurs précordiales avec sensation de griffe.

Les bruits du cœur sont réguliers, leur rythme est normal, ils sont nets, retentissants, bien claqués.

Les pulsations carotidiennes sont fortes.

La malade se plaint souvent de bouffées congestives sans hypersécrétion sudorale.

Le tremblement est surtout marqué au membre supérieur. Il est constitué par une série d’oscillations égales et dont l’amplitude ne dépasse guère 3 millimètres.

Peau sèche et rugueuse. Éruptions ortiées assez fréquentes. Pertes des poils et des cheveux.

Réflexes rotuliens et abdominaux abolis, plantaires conservés.

Les urines sont très abondantes (5 litres par 24h.)5 à6 mictions

par nuit. Par litre, # grammes d’urée, 3 grammes de chlorure,

0 gr. 35 de phosphate, 51 gr. 45 de glycose, traces d’albumine.

La soif est intense surtout la nuit. Appétit conservé mais irré-

gulier. Ni vomissements, ni diarrhée. Pas d'augmentation de

volume du foie.

Rien aux poumons.

Amaigrissement notable avec perte des forces. Peu de sommeil. Menstruation régulière.

Mae X..., le 22 mai se plaignait depuis deux jours de très violents maux de tête. Le 23 elle était assoupie avec une respiration irrégulière entrecoupée de profonds soupirs, qui parut d’autant plus inquiétante que son haleine avait franchement l’odeur d’acétone.

Dans la soirée le coma était complet. La mort survint le 24 sans agonie, ni convulsions.

Pas d’autopsie.

FE

sv ler

LE", ro

Observation VII (Georges-R. Murray ).

(roitre exophtalmique et diabète grave. Autopsie.

EM jeune fille, âgée de 20 ans. Soignée à l’infirmerie royale de Newcastle du 22 décembre 1903 au 22 mars 1904. Deux ans avant son admission elle eut quelques œdèmes des Jambes. Jusqu'à ce moment-là, sa santé avait été excellente.

L'exophtalmie fit son apparition il y a dix-huit mois. Six mois après on nota pour la première fois une augmenta-

tion du corps thyroïde et cette augmentation se fit graduellement au point de causer de la dyspnée.

La malade a toujours été plutôt nerveuse et sujette aux palpitations. Mais elle le devint encore davantage pendant ces deux années. Dans la même période elle maigrit de 21 livres.

A l’admission, malade amaigrie, présentant une exophtalmie

très marquée, associée à une rétraction de la paupière supérieure

et au signe de de Græfe.

La glande thyroïde est augmentée de volume.

Le pouls est à 125 et on entend un souffle systolique à la pointe

du cœur.

Les mains présentent un léger tremblement.

La peau est moite, Pendant son séjour à l’hôpital la malade fut traitée par un

sérum spécial et par l’électricité. Son état général s’améliora et

elle augmenta de 7 livres.

Il n’y eut pas d’autre changement dans son état à la fin du

troisième mois, lors de sa sortie de l'hôpital. Malheureusement on ne fit pas l’analyse de ses urines à son

entrée à l’hôpital. Aucune note ne fut prise spécialement : à ce sujet mais on peut affirmer qu’à cette (HAE les urines ne contenaient pas de sucre.

Quatre ans après, le 12 mars 1908, elle fut amenée de nouveau dans mon service. |

Elle se plaignait d’une soif intense qui la tourmentait depuis douze mois. Pendant cette année ellé avait maigri encore de

9 livres.

A l'examen J'ai pu observer une légère AusUeNAnE de volume du corps thyroïde. |

Depuis son admission jusqu’à sa mort, le 11 juin, la fréquence du pouls oscilla entre 70, 80 et 52 pulsations à la minute.

Le souffle de la pointe a disparu.

il n’y a plus de tremblement des mains.

En somme, les symptômes de la maladie de Graves s'étaient

atténués.

Elle était très puis et sa peau, sèche, avait perdu de sa souplesse naturelle.

Pendant le mois de mars la quantité des urines émises en vingtquatre heures varia entre 22 et 86 onces.

Le poids spécifique des urines oscilla entre 1.038 et 1.050.

La quantité de sucre varia entre 432 grammes et 1.594 grammes par Jour. | po

Pendant le mois d'avril la malade fut soumise à un régime sévère et prit 1 gr. 50 de codéïne trois fois par jour. La SR quotidienne des urines fut de 30 à 122 onces, ou de 270 à 1.222 grains de sucre. Le poids spécifique 1.052.

Durant le mois de mai et le commencement de juin la quan-

tité des urines varia entre 64 et 126 onces, la quantité totale de

NE TE sucre entre 697 et 375 grains et le poids spécifique entre 1.030 et 1.044.

La malade s’affaiblit graduellement et mourut le 11 juin.

Vers la fin l'urine présenta la réaction de l’acide diacétique avec le perchlorure de fer.

Après la mort l’autopsie fut faite par le D' Georges Hall. En voici les résultats :

Autopsie. — Le corps est très maigre, la rigidité cadavérique assez marquée et à la coupe des veines le sang est couleur chocolat.

Cœur. — Le ventricule droit incisé contient un liquide pâle un peu laiteux, à peu près fluide avec des grumeaux plus colorés.

Le cœur est de grosseur normale, flasque, avec une petite tache gur la face antérieure du ventricule droit. L’orifice et la valvule mitrale sont normaux. 11 y a une petite couche graisseuse dans l’endothélium de la première portion de l'aorte. L'orifice et la valvule tricuspide sont normaux. La substance musculaire du ventricule droit est flasque.

Poumons. — Les deux poumons sont petits. Les deux lobes supérieurs des deux côtés sont très pâles, mais à la coupe le tissu en est normal.

A la base des deux côtés il y a un peu de congestion. On note quelques adhérences récentes entre le lobe inférieur et le lobe moyen.

Il s’y a pas de traces de tuberculose,

Foie: — Le foie de volume normal présente quelques taches graisseuses à sa surface. A la coupe, il y a des aires décolorées et des aires graisseuses où la lobulation est très nette.

Rate. — Normale.

Reins. — De grosseur moyenne. La capsule s’enlève facile-

ment montrant une surface lisse. La substance corticale pâle par endroits paraît cependant normale. :

Corps thyroïde. — L'aspect général de la glande ne parait pas très modifié, elle paraît en certains points plus fibreuse que d’ordinaire, |

L'examen microscopique ne décèle aucun des changements caractériques qui ont été décrits au cours de l’évolution active de la maladie de Graves. Les alvéoles paraissent augmentées de volume. Les plus grandes paraissent évidemment formées par la fusion de plusieurs alvéoles. Çà et là on remarque une légère plication de l’alvéole.

Autre part, les alvéoles paraissent normales, remplies de substance colloïde. L'épithélium est du type cubique normal.

Pancréas. — Le pancréas présente une augmentation notable du tissu conjonctif. D’un bout à l’autre de la section les îlots

de Langherans ont disparu.

Observation VII (Georges-R. Murray)

Goitre exophtalmique et diabète grave.

Glycosurie considérable.

M. S..., femme mariée, âgée de 25 ans, a eu deux enfants. Admise à l’infirmerie de Newcastle le 23 mai 1905.

À l’âge de 16 ans, elle eut une forte émotion. Un jeune homme avec qui elle jouait tomba et se tua devant elle. Elle présenta alors des crises qui paraissent avoir été des AUtSquES d’hystéroépilepsie.

Depuis deux ans, elle remarquait que son cou grossissait et

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que ses yeux devenaient plus saillants, Dès ce moment elle de-

vint très nerveuse, maigrit, perdit ses cheveux.

Sa peau était souvent moite et elle avait par moments des sueurs très abondantes.

À son admission, la glande thyroïde paraît légèrement augmentée de volume.

I n’y a pas de thrill ni d’autres bruits.

Le cou, la face et surtout les paupières sont pigmentés.

Elle présente un tremblement surtout marqué aux mains et aux pieds.

La peau est moite.

La paupière supérieure est rétractée.

Le signe de de Græfe est positif.

L’œil droit présente un léger degré de strabisme externe. La vision de cet œil est très mauvaise.

Lorsqu'on demande à la malade de regarder du côté gauche on remarque du nystagmus.

A l'examen ophtalmoscopique, on trouve à gauche un fond d’œil normal et à droite un décollement de la rétine.

Le pouls bat régulièrement à 124.

L’impulsion cardiaque est diffuse. On entend un léger souffle systolique à la pointe et autour de l’orifice pulmonaire. *

Les urines à ce moment-là étaient acides et avaient un poids spécifique de 1.026.

Après un séjour de trois semaines à l’hôpital, la malade partit améliorée.

Trois ans après, le 2 avril 1908, elle fut de nouveau admise dans mon service et déclara que depuis un an elle souffrait d’une soif intolérable, qu’elle était très affaiblie et que la quantité des

urines avait beaucoup augmenté,

A l'examen, elle présentait une exophtalmie très légère, une légère augmentation de volume du corps thyroïde.

La peau était sèche, et elle se plaignait d’une constipation opiniâtre,

‘A la suite d’un très léger exercice, elle souffrait au niveau de la région cardiaque.

Son pouls, durant ce séjour à l’hôpital, varia entre 72 et 100.

Les urines contenaient du sucre.

On n’obtint jamais la réaction de l'acide diacétique avec le perchlorure de fer.

Le tableau ci-dessous donne les analyses d’urines successives

faites à cette époque.

Urine en vingt-quatre heures.

TÉANTU SES DER 28 onces (1).

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Sucre en vingt-quatre heures.

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