‹ Le Diabète et son traitementChapitre 21 sur 34 · SACCHARINE — LAIT · texte numérisé non relu

SACCHARINE — LAIT

dit-on, présenter quelques avantages dans certains cas (1).

En somme, il ne faut pas la recommander, mais on peut la tolérer aux diabétiques qui tiennent à s'en servir. Ceux-ci ne constituent pas, je crois, la majorité, car la saveur de la saccharine est, en réalité, bien moins agréable que celle du sucre et on s'habitue parfaitement à l'absence de saveur sucrée des aliments.

La saccharine a trouvé une rivale dans la dulcine (2). Mais l'innocuité de cette nouvelle substance ne parait pas encore démontrée.

D'après AldeliolT Ç-î) qui l'a expérimentée, chez le chien, àdose d'ailleurs excessive (0 gr. 3 par kilog.), elle pourrait amener la mort en quelques jours, par suite d'ictère. Par contre, en employant des doses raisonnables, Kossel (4), Kobert (5) et d'autres n'ont rien observé de. semblable.

Kwald l'a administrée sans inconvénient à des malades pendant plusieurs semaines, à la dose de 1 gr. 50 centigr. parjour.

La dulcine sucre moins que la saccharine :

gr. 023 milligr. n'ont pas plus de saveur que .'i grammes de sucre de canne.

5" Aliments mixtes; lait. — Des aliments mixtes il est clair qu'il l'aut élîminerautantque

(t) Au dernier Con^r.'s allemand de mé'iedne inlorm' ilSSSj, Bornslpin ;i annoncé l'avoir eisiplovOe fioiir sucrer le lait des nourrissons, Celle pratique ne me pwail pus im.riler d'être approuvée.

(2) Ou siii-rul. I,i.' nom [.'liimiiiui' i?-i riarnpliéiiéloli-arljamtne.

(3) Alheiiùit, V.:iv K.imlm-s des L>uK-sns. I l,e n,h. Munttsh.. fév. INili, p. 71.)

(4) Kossel, licber das Uulcin, ..imhiv /'flr Plu/s, p. JS9.)

:.. Kturasr, Ueber Dulcin. {Centr,Bt. f. inn. Hed.,

ceux qui sont riches en hydrates de carbone. Ne pouvant les passer tous en revue, je me contenterai de parler du lait, le plus important d'ailleurs.

Bouchardat, Bourquelot et Troisier (1), Fr.

Voit (2), Strauss (3), ont vu que le sucre urinaire augmente en rapport assez exact avec le sucre de lait ingéré (4). Aussi le lait a-t-il été généralement proscrit du régime des diabétiques . D'autre part, Kùlz (5) a rapporté l'histoire d'un diabétique qui, en trois jours, prit 500 grammes de lactose et n'élimina que des traces de sucre. Des faits de ce genre font comprendre queDonkin(G) ait vanté le lait. Mais on peut se demander pourquoi c'est le lait privé de crème qu'il recommande. Guillemonat, élève de Charrin (7), a repris, la question du lait chez les diabétiques: son premier malade a ingéré, pendant quatorze jours, 4 litres de lait par vingt-quatre heures (soit environ 1 60 grammes de lactose) ; durant cette période, il a éliminé moins de 15 grammes de sucre par jour, tandis qu'avant le régime lacté

(1) Bourquelot et Troisier, Assimilation du sucre de lait. Comptes rendus de la Société de Biologie, 1889, p. 149.)

(2) Voit (Fr.), Ueber das Verhalten des Milcnzuckers beim Diabetiker. (Zeitsch. f. Biologie, 1891, p. 353.)

(3) Strauss, Ueber den Einfluss dèr verschiedenen Zuckerarten auf die Zuckerausscheidung beim Menschen. (Berlin, klin. X\ochenschr.,d mai 1898, p. 420.)

(4)11 est à noter que dans les expériences précédentes, c'est du glucose seulement qui a été retrouvé dans l'urine. Le lactose s'est doiic transformé en totalité dans l'organisme du diabétique.

(5) Kûlz, Beitràge zur Pathologie und Thérapie des Diabètes meliitus. Marburg, 1874-75.

(6) Donkin, Diabètes meliitus successfully treated by skimmed milk. (Brit. Med. Journ., 27 juin 1874, p. 838.)

(7) Charrin, Le régime lacté chez les diabétiques. (Semaine médicale, 1896, p. 236.)

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