MOYENS HYGIÉNIQUES ET AGENTS MÉDICAMENTEUX
Le régime n'a d'autre effet que de restreindre l'apport du sucre. Les agents (font il va être question ont pour but d'exciler la glycolyse et de diminuer la formation du sucre dans l'organisme. Cette dernière indication ne doit pas être négligée, car nous avons à notre disposition nu grand nombre de substances médicamenteuses qui entravent la glycogénie, tandis que nous ne possédons que peu de moyens efficaces pour activer la glycolyse. Malgré leur regrettable insuffisance, c'est par eux qu'il faut logiquement commencer notre exposé; puis nous indiquerons les agents modérateurs de la glycogénie. Enfin, nous étudierons les agents qui paraissent être à la fois excitateurs de la glycolyse et modérateurs de la formation du sucre.
1. Excitants de la glycolyse. — La glycolyse n'est pas simplement un processus d'oxydation, comme on l'a dit à tort. La preuve, c'est que les ferments oxydants (oxj/dases), que l'on a appris à connaître dans ces dernières années, ne parviennent pas, quand ils sont mis en contact avec le glucose, à attaquer sa molécule. Il faut autre chose. Mais, d'autre part, on ne peut oublier qu'un processus d'oxydation fait partie intégrante du
{processus glycolytique et que, par conséquent, es agents oxydants sont, dans une certaine mesure, des agents de glycolyse. Bien que les agents oxydants, auxquels nous pouvons soumettre un être vivant, soient, en somme, peu énergiques, il importe de savoir les utiliser.
1° Agents oxydants. — Les simples inhalations
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d'oxygène n'onl guère d'influence sur le diabète. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'on croit en avoir retiré quelque avantage (1).
L'air comprimé a aussi été employé; il est plus simple et plus efficace d'avoir recours aux agents médicamenteux qu'on a appelés des convoyeurs d'oxygène.
Les meilleurs de ces agents paraissent être les sels de manganèse. Le protoxyde de ce métal en absorbant de l'oxygène se transforme en bioxyde, lequel, cédait! facilement une partie de son oxygène, passe à l'état de protoxyde et ainsi de suite (2).
J'ai souvent administré avec succès à des .
diabétiques gras du permanganate de potasse.
Je fais préparer une solution à 5 % , et le malade en consomme plusieurs cuillerées par jour, mélangées au vin. Mais, comme le permanganate u'aeit vraisemblablement qu'en se transformant en oxyde de manganèse, il est plus simple d'administrer le bioxyde, qui peut être impunément donné à doses assez fortes.
2° Alcalins. — Les alcalins sont employés en chimie pour favoriser les oxydations. L'expé-
(1) Ani'ou et 7-KHi ont rapporté le f.iil d'un homme de GO ana> i|ni respira quotidiennement, pondant plus de Irois moisi INI) I lires il'o.ïi-r'iLf-, I u; -2'.. e/iaiumcs j.ar hue, le sucre tomba à il) grammes, en menu' temps que diminuai! la quantité d'urine; mais, comme ou n'avuii employé, avain l'osvm'-in;, que l'ïodoforme et l'acide lactique, qui ne sont pas des agents antidia" Lëtiqui'S 'li! preiuiei ordre, lé cas me semble pniir ce m util' beauT coup moins probant qu'il ne le parait an premier abord. (Su melod 1 spetiali di cura •• parlieiilanucntc sull' ossi^eno nella uricemi.i e nel diabète. (I>„liciinwu. lH'.la, p. 331.)
(2) On sait qic lr [ir.il'i'ss.'iir lîiin a, depuis longtemps, proposé d'interpréter de même l' action de l'aride ju-sénis'iix par un passa ee à l'état d'acide ot'àénique, puis d'acide arsénieu\, etc. Mais celle interprétation ne parait pas encore généralement acceptée.
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rience clinique a montré leur utilité chez les dia* bétiques (1). Il semble que les eaux alcalines naturelles n'agissent guère chez les diabétiques que par leurs bicarbonates. Toutefois, pour que les alcalins agissent comme adjuvants des oxyda lions, il faut qu'ils soient administrés à dose faible, ou tout au moins modérée; autrement, leur action est complexe ; ils entravent aussi la glycogénie, comme nous le verrons plus loin.
Comment les bicarbonates alcalins favorisentils les oxydations dans l'économie ? La question mériterait d'être étudiée de près par tes chimistes (2).
Dans certains cas, les alcalins augmentent la glycosurie. On peut expliquer le fait en admettant que, dans ce cas, leur action oxydante est compensée, et au delà, par une autre action, probablement une augmentation de la désassimilation.
3° Levure de bière. — On croit que la levure de
(1) Pour l'historique de la médication alcaline, voir: Bhouardel. Etude critique des diverses médications du diabète sucré {Thèse d'agrégation^ Paris, 1869) qui nous fournit l'intéressant et fidèle exposé de l'état de la science il y a trente ans.
(2) Le D r Martz, chef des travaux de mon laboratoire, émet l'hypothèse suivante : « Les carbonates alcalins, en fixant de l'oxygène, se transformeraient soit en pcrcarbonate alcalin, soit en carbonate de peroxyde. L'une ou l'autre de ces transformations est possible. En effet, Constans et von Hausen ont obtenu, en électrolysant des solutions de carbonates alcalins, des corps dont la constitution a été déterminée, et qui semblent résulter de la combinaison d'un carbonate alcalin avec un percarbonate alcalin: ils sont improprement appelés percarbonates: ce sont des oxydants énergiques. Quant à la formation ' d'un carbonate de peroxyde, on sait depuis longtemps que beaucoup d'oxydes sont susceptibles de donner des peroxydes qui sont des oxydants énergiques.
Que ce soit un percarbonate alcalin ou un carbonate de peroxyde qui se forme, l'un et l'autre de ces corps doit être rangé dans la classe des peroxydes de Bach, car tous deux cèdent facilement leur oxygène et oxydent par conséquent les matières organiques. »