EXERCICE MUSCULAIRE
bière détruit la molécule de glucose à l'aide d'un ferment soiuble qu'avaient cherché vainement Berlliclot, Cl. Bernard et Pasteur, el que Iluchner dit exister dans le suc de levure obtenu par une forte pression, au moyen de la presse hydraulique. Il n'est pas absolument certain que la levure ingérée et soumise à l'action des sues digestifs agisse chez le diabétique au moyen de ce ferment. Quoi qu'il en soit, chez quelques diabétiques, la levure a semblé utile. Cassai.il il) l'a donnée à des glycosuriques à la dose quotidienne de 50 grammes. Combemale dit en avoir obtenu de bons résultats, mais l'ingestion de levure éprouve les fonctions digestives. J'ai récemment essayé l'action du suc de levure qui est mieux supporté, mais qui parait fort peu actif.
4° Substances favorisant la glycolyse. — On a vu plus haut (p. 2(i) que les produits delà digestion trypliquc des matières albuminoïdes favorisent l'activité des cellules de levure, et, selon toute vraisemblance, la glycolyse dans les tissus. Aussi l'action de ces produits, en lavements et en injections sous-culanées chez les diabétiques mérite-telle d'être étudiée. Mais d'après le peu que j'ai vu jusqu'à présent je ne puis me prononcer sur l'avenir de celte méthode, Quanta l'opothérapie pancréatique, j'en renvoie l'examen a la troisième partie, parce que l'action du tissu pancréatique est complexe.
'i° Cxocice MLsr.LXAim-:. — Au premier rang des excitants de la glyenlyse, il faut placer l'exercice musc.iiliiire.ri'i ■uni mai nié par Trousseau et surtout parBouehardatqui en faisaient avec raison un élé-
ment essentiel de la cure du diabète (4 ) .Je n'ignore point que l'exercice musculaire n'est pas applicable aux diabétiques à la période de dénutrition; mais, en dehors des glycosuriques déjà affaiblis, il en est qui sont aptes à profiter sérieusemeut de l'exercice musculaire modéra. J'insiste sur cette épithète, car, en aucun cas, l'exercice musculaire ne doit être poussé jusqu'à la fatigue, non seulement parce qu'elle peut faire courir les plus graves dangers à un diabétique, si celui-ci est acétonémique, mais aussi parce qu'elle paraît susceptible d'augmenter l'hyperglycémie. Kiïlz avait déjà signalé la possibilité de ce fait qui ne saurait surprendre, puisque la fatigue musculaire augmente la dénutrition protéique et diminue l'excrétion urinaire, double cause d'hyperglycémie. Poussé à l'extrême, l'exercice musculaire agit par conséquent dans le même sens que le surmenage intellectuel et les soucis, etc., causes si efficaces du diabète.
6° Electricité. — On a traité des diabétiques parles courants continus (2), par l'électricité statique (3) et, plus récemment, par les courants de haute fréquence (4), qui, au point de vue de leur
(1) Mering et Finkler (Congress fur innere Med , tome V. Wiesbaden 1886) en sont aussi partisans. Plus récemment Albu (Berl, kl. Woch 1899, n° 11 et 12), a préconisé la bicyclette.
(2) Cavallo (P.) (Puglia med., janv. 1894) a soigné pendant deux mois et demi une malade de 52 ans, qui rendait journellement 5 litres d'urine, renfermant par litre 40 grammes de sucre et gr. 75 centigrammes d'albumine. Au bout de ce laps de temps, le sucre et l'albumine avaient disparu et la quantité d'urine était normale, bien que le régime ne fût pas rigoureux. Antérieurement, la malade avait été soumise, sans succès, à la cure de Cantani. Mais il faut noter que l'auteur a prescrit aussi l'exercice musculaire.
(3) Massy (A.) (Journ. de me'd. de Bordeaux, 16 oct. 1892 et 27 mars 1898) a rapporté trois cas d' amélioration.
(4) D'Arsonval et Charrin, Les courants de haute fréquence