ANTIPYRINE
aclîon physiologique, préscnlenlune grande analogie avec l'électricité statique. Des résultais assez satisfaisants ont élé obtenus. Toutefois, il l'aut bien savoir que l'action désassimilalrice provoquée par l'électricité peut, dans certains cas, être défavorable. Le professeur de Renzi (1), chez des diabétiques virtuels, dont le sucre avait disparu de l'urine, l'a vu réapparaître il la suite de l'emploi de courants de haute fréquence.
7" Opothérapiethsroïdienne. — Hranlhomme(2) a obtenu un succès. Mais, à ma connaissance, ce cas est jusqu'à présent unique, et, chez un grand nombre d'autres diabétiques, les résultats de l'opolhérapie thyroïdienne ont été, au contraire, déplorables (3). Il y a donc des actions désassimiiatrices 1res défavorables aux diabétiques : telles sont celles que provoquent les courants de haule fréquence dans certains cas, et l'opolhérapie thyroïdienne presque toujours.
II. Modérateurs de la glycogénie. — 2" Miî- Ucaments dits AimpyRÉTiQEKs. — L'antipyrine parait avoir été introduite dans la thérapeutique du diabète par Gonner (4), puis employée
H leur.* L'fft'l j sur rovi:riiii.*iiic nuil.i.l... (Semaine médicale, 1896, [i. B68.)
(1) De Renzi et IIkaij:, [tiivivlir su] nramln.i dellu nucleinn. {Rinhl,, cliaie.il e lira,,., j.iilk-l ISilT, p. 3.19 )
(2) Uhaviiiumm!'', ili-fir de wederine IN'iT. p. 995. — Voir mon article sur l'opoLliérapic llivroiilieuue. (Semaine médicale, 1897,
p. 48fl.)
(3) Voir : A. S,iiM,,t.t., Uxperim .1. ■• Hi.il..!.-. Thèse de mit, IK'.itl.) — FoHtAsa e
. Sciiuiit.!., Kxin'riiiiriili'Mi' l!i-iti-;i'ge xur Therapi
Aiione dtlla lin.idiiiii Mil li.umliïo organîco Ji un diahetico. (Put;;, tned. di T'u-in'j, Ii>'i7, y. 641.1 — Mawis, Uelier die i .1. 1,...-. m ... i-iv.eiig.rii.il' \\ iikuni; k Tlivn-i.idiM. {lin tin. klin. \\arhtn.icli., T, .Ilc. L8U7.) - liiiwvrrz, l-'orschritte (1er Mtdkin, 15 nov. 1891.
(i) fi..\NHii, Aiiiipvriu ln-i Hi.ili.lf-. [Coeresp.-lll. f. Se furet;.
Ate-.ie !" ù.ji. ixaf. p. 601.)
en France, à titre d'agent antidiabétique, par Dujardin-Beaumetz (1), Huchard (2), Gley et Germain Sée (3), Panas (4), A. Robin (5), etc. Grâce à l'autorité des médecins que je viens de citer, elle s'est imposée dans le traitement du diabète. Mais ses indications n'ont pas encore été nettement précisées. Le professeur Lemoine (de Lille) Ta recommandée dans le diabète gras; d'autres ont prétendu qu'il faut l'employer dans le diabète nerveux. Pour moi, je n'y ai jamais eu recours dans le diabète gras, attendu qu'en pareille occurrence les oxydants sont plus rationnels, et je l'ai vue réussir dans beaucoup de cas de diabète qui n'étaient rien moins que des diabètes nerveux.
Lorsque j'ai commencé à m'occuper du mode d'action de Tantipyrine dans le diabète, on ne connaissait sur la question que le fait suivant, découvert par le professeur Brouardel (avec la collaboration de Loye), à savoir : que l'addition à du sang in vitro d'une proportion d'antipyrine retarde la destruction du sucre de ce sang (6). Ce fait semblait, à vrai dire, paradoxal, puisque Tantipyrine est évidemment utile à certains diabétiques. C'est alors que j'ai démontré, avec Por-
{{) Dujardin-Beaumetz, Traitement de la polyurie diabétique par l'antipyrine. Soc. de thérap., 28 mars 1888. {Semaine médicale, 1888, p. 131.)
(2) Huchard, De l'utilité de l'antipyrine dans le traitemerit du diabète, Soc. de thérap., 11 avril. (Semaine médicale, 1888, p, 157.)
. (3) Sée (G.) et Gley, Recherches sur le diabète expérimental. (Acad. deméd., 1889, 14 janvier.)
(4) Panas, Action de l'antipyrine dans la glycosurie. (Acad, de méd., 1889, 9 avril.)
(5) Robin (A.), Semaine médicale, 1889, p. 114.
. (6) Brouardel et Loye, Sur l'action physiologiquç de l'antipyriue. (Acad. de méd., 20 déc. 1887.)
an'tipyhinp: (9
leret, chef des travaux de mon laboratoire .1), que
dans le cas où elle exerce une action anlidiahétique, celle substance agit non pas en activant la destruction du sucre, mais en empêchant sa
formation.
Nous avons pris deux lois de cobayes pour nous mel.lre à l'abri des variations individuelles; nous avons soumis ces animaux à l'inanition, afin d'éliminer l'influence perturbatrice du détail I d':tppi''tit, produit parl'anlipyriue.ef nous avons injecte aux cobayes du premier lot de gr, 10 à gr. 20 d'anlipyrine pur kilogramme, dose modérée, pour éviter l'influence d'une action toxique. Puis au bout de trente-six heures, nous les avons tous sacrifiés et nous avons trouvé, en dosant par la méthode de Itrûcke le glyeogene soit hépatique, soit musculaire, qu'il était notablement plus abondant chez les animaux du premier lot. Comme nous savions, d'autre part, que l'anlipyrinc entrave la destruction du sucre, et qu'il était irrationnel de supposer qu'elle pût augmenter la formation du glyeogene, on devait conclure qu'elle entravait la glycogénte.
L'anlipyrinc in vitro diminue la consommation du sucre i.itrouai'del et Lovej, 11 en est de même sur le vivant : chez un chien ayant ingéré une dose un peu forled'unlipyrine, ou, d'une façon générale, d'une des substances connues sous le nom d'antipyrétiques, la teneur en glucose du sang artériel et du sang veineux présente un écarl moindre qu'à l'état normal (2).
[I) L.ÉWSE Cl 1>CP Ioiii:i= fLlltlfil ii- 1 :> ; i E, trlir..L.'t'(L('. (<:•• IHjil. •
u'exerccnl les sulis-
ion de quelques unlipjTêliq
La diminution de la consommation du sucre peut être encore démontrée — d'une manière indirecte, — parle fait que la diminution de la désassimilation des matières protéiques, indiquée par l'abaissement du chiffre de l'azote tirinaire il) chez un animal soumis à un antipyrétique, n'est pas suffisante pour rendre compte de la diminution de l'excrétion de l'acide carbonique (2). On est donc obligé d'admettre que les antipyrétiques provoquent une diminution de la consommation des matières ternaires.
Il est ainsi établi que des antipyrétiques exercent deux actions diamétralement opposées et que dans le cas où ils sont utiles chez un diabétique, ils agissent seulement en empêchant la production du sucre. Ce fait important a été confirmé, après mes recherches, par celles de Nebelthau (3).
Il est très vraisemblable que c'est surtout par une influence nerveuse que les antipyrétiques ralentissent la glycogénie, mais il était intéressant de savoir si une action directe sur la cellule hépatique pouvait être admise, au moins pour une part. En vue de résoudre cette question, nous avons, Porteret et moi, broyé un foie de cobaye, immédiatement après la mort de l'ani-
sommation des substances hydrocarbonées. (Arch. de méd, expérim. et d'anat. pal ho t., janv. 1889, p. 48.)
(1) Cette diminution n'est même pas constante : j'ai prouvé que certains antipyrétiques, par exemple l'acétanilide, loin de diminuer la désassimilation des matières protéiques, l'augmentent au contraire. Le fait a été confirmé par JKumagawa.
(2) J'ai étudié, avec la collaboration de Barrai, la diminution de l'excrétion de l'acide carbonique sous l'influence des antipyrétiques. ("Voir Semaine médicale, 1889, p. 261-262.)
(3) Nebelthau, Zur Glycogenbildung in der Leber. (Zeilschr. f. Biol. t 1891, tome XXVIII, p. 176.)
QUININE — SALICYLATE 51
mal, et nous avons divisé la pulpe en deux parties égales. Chaque partie a macéré quelques heures, à la température du laboratoire, l'une dans une solution d'antipyrine, l'autre dans de l'eau pure. Au bout de ce temps, on a dosé le glycogene de l'une et de l'autre portion : la première en renfermait 7 gr. 03; la seconde, 5 gr. 2(1 seulement (1).
Plus récemment, nous avons constaté, Marlz et moi, dans une longue série de circulations artificielles à travers le foie, que, si l'on additionne d'un sel de quinine le sang circulant à travers cet organe, ce dernier conserve son glycogene. La quinine est donc susceptible d'agir "directe-* ment — d'une façon probablement encore plus énergique que l'anlipyrine — sur la cellule hépalique, en dehors de l'action nerveuse qu'elle exerce incontestablement (2).
On sait que la quinine a été, il y a quelques années, beaucoup recommandée dans le diabète.
Il en est de même du salicylale de soude et de son succédané le salol, qui méritent d'être maintenus sur la liste des agents antidiabétîques (3). J'ai employé, parfois avec avantage, le salicylate de soude.
(1) Liïi'iNE, Areh. île méd . e.ipérim. et d'anal, patfiot. janv. IS»<), [). S5.
(■J) Majuz. lied li'ivIio l'spmiiicnliili.^ an mo.vcii îles cinulatiuiL» ariilicielles s ii'avi.-:'- le fuie et le i .aTi.i-iJas. {'l'/ihn de Lvott, 189-.)
reus-isfcnt chez les (iuilittiiiiici, :ii.-iî--i'nt comme appai'lanant au ■■ ;imi|.\ [■■■(ii|in.s, cl nui) en raison île leur action antirlnunali-mals. \u~-\ ne -aurai"-;.- haiia^ei- l'..(iiuLuu de Sinclair lli.l.li'ii (Urit. Met/. Jvurn . i" mi» INBli) qui croit l'acide salicvli.pic îadiqui il un-, nu ■ 1 1^ l.<i.' [.ivuluii par « un trouble musculaire d'origine rhumatismale ~. Celle vue. qu'il emprunte à Latliam, est purement hypothétique.
2° Opium. — L'opium est un grand médicament antidiabétique. Par droit d'ancienneté, et aussi en raison de son utilité, j'eusse dû le placer avant les médicaments dits antipyrétiques. Si j'ai commencé par eux, c'est seulement parce que leur mode d'action a été élucidé avant celui de l'opium.
En fait, depuis des siècles, l'opium a été employé dans le diabète. Jusqu'à la fin du siècle dernier, c'était à l'état de thériaque; depuis Dobson, il n'a cessé d'être considéré comme le principal remède de cette maladie.
Je ne voudrais pas m'élever trop vivement contre une opinion aussi générale, et, cependant, je ne puis m'empêcher de la trouver exagérée. Assurément, l'opium fait tomber d'une manière remarquable le taux de la glycosurie et de la polyune. L'antipyrine, dans quelques cas, donne des résultats encore plus prompts et plus saisissants, et, néanmoins, je n'hésite pas à affirmer que ni l'opium ni l'antipyrine ne guérissent véritablement le diabète. Ce sont le plus souvent, l'opium surtout, d'utiles médicaments symptomatiques, qui peuvent parfois beaucoup diminuer la glycogénie, mais l'exagération de celle-ci n'est pas l'élément essentiel du diabète.
Quoi qu'il en soit, voyons de près l'action de l'opium sur la glycogénie.
Martz et moi, dans nos expériences de circulations artificielles à travers le foie, avons constaté que, contrairement à ce qui a lieu pour la quinine, la morphine n'empêche pas la destruction du çlycogène. Cela prouve que la morphine n'agit pas, comme la quinine, sur la cellule