‹ Le Diabète Sucré Chez l'EnfantChapitre 4 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'étude du diabète sucré, observé chez les enfants, est de date tout à fait récente, et, comme le faisait remarquer notre Maître M. le professeur Baumel, dans sa communication au congrès international de médecine du mois d'août 1900, la connaissance de cette maladie, même chez l'adulte, ne remonte pas bien loin dans l’histoire de la médecine. Thomas Willisen 1674, grâce à la saveur mielleuse de l'urine de certains de ses malades, faisait la distinction entre le diabète sucré et le diabète insipide. Morton, John Rollo, Pool et Dobson, vers la même époque, se distinguaient de leur côté dans l'étude de la méliturie.

Mais, pour ce qui concerne le diabète infantile, on peut dire que c’est dans ce dernier quart de siècle seulement qu'il a été étudié d’une manière approfondie.

Dès lors, se succèdent les thèses de Redon, inspirée par

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MM. Ollivier et Lecorché ; de Lapierre, de Leroux, qui, s’appuyant sur des documents personnels, met au point cette quesquestion encore neuve ; de Rojas, de Mile Bielooussoff, élève de M. Lancereaux. :

À l'étranger, les travaux de Külz et de Wegeli, la thèse de Viedergesass, les Traités des maladies des enfants de Weste et de Vogel, les études de Robert Saundby, contribuent à augmenter nos connaissances sur le diabète infantile. Cette affection, signalée comme une rareté par Bouchut, pénètre dans la littérature médicale par les Traités de Despine et Picot, de Descroizilles, et celui plus récent de Grancher avec l’article admirable de H. Leroux.

Enfin, on peut consulter dans les comptes rendus des divers congrès de médecine(sectionde pédiatrie), les importantes communications de MM. Charrin, Lancereaux, Teissier et Baumel, et c’est à la communication faite par ce dernier que nous empruntons le plus, d? même qu'à ses précédents travaux ayant trait à la question et cités en notre bibliographie.

. ETIOLOGIE

Dans l’année scolaire 1890-1891, sur 242 cas des malades du service de pédiatrie de Montpellier, et sur 890 cas des malades externes, il ne s'était pas présenté, comme on peut le voir dans le rapport de Giral, un seul cas de diabète.

Encore aujourd'hui, les observations de cette affection sont très rares avant 15 ans, bien qu’il y ait une tendance à croire que leur nombre augmentera à mesure qu'on saura mieux les dépister. L’âge paraît avoir une certaine influence sur l’éclosion du diabète infantile, qui serait fréquent dans la deuxième enfance, surtout à 11 ans et à 12. Maïs on en a observé à toutes les époques : à 10 mois (Hagenbach}, à T mois (Rossbach), à 6 mois (Rœsing), à 6 mois — observation ci-incluse — à 3 mois (Bel), à 14 jours même, dans le cas de Kitselle, qui avait trait à son propre fils.

Le diabète survenu dans les premiers mois de la vie a été, il est vrai, rapporté par denombreux auteurs à de la simple lactosurie, au passage du lactose dans l'urine dû à des troubles intestinaux; mais bien d’autres ne pensent pas de même, ainsi que nous l’exposerons plus loin. Quoi qu'il en soit, la statistique de Leroux donne la moyenne suivant les âges :

De 4 cas au-dessous de 1 an ; — 93 cas de 1 an à 9 ans ;

— 43 cas de 5 ans à 10 ans ; — 77 cas de 10 à 15 ans.

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Au contraire de ce qui se passe chez les adultes diabétiques, où les hommes l’emportent sur les femmes comme resta on remarque chez les enfants unelégère prédominance, comme 8 est à 3, daus le nombre des filles atteintes, du moins après | les 5 premières années de la vie.

La race exerce-t elle une inflnence sur les enfants comme chez les adultes, parmi lesquels les juifs fournissent tant de diabétiques, alors que les nègres sont exceptionnellement atteints ? Nousnecroyons pas que la question soit résolue.

De toutes les causes prédisposantes du diabète infantile, celle à laquelle on a voulu donner le plus d'importance est l’hérédité, soit l’hérédité similaire, soit, dans un sens plus large, l’hérédité neuro-arthritique. Et, dans certains cas, en effet, on a trouvé chez les ascendants directs ou chez les collatéraux le diabète ; dans d’autres cas, des affections nerveuses, en particulier les troubles mentaux de l’aliénation mentale ; dans d’autres encore, la goutte, le rhumatisme, l'obésité et autres affections dépendant des troubles de la nutrition. Cependant, comme le ditexcellemment M. Baumel, « on ne doit incriminer l'hérédité diabétique que lorsqu'on n'a pas autre chose à invoquer. »

Une cause déterminante de l'affection que nous étudions réside dans les traumatismes. On ne discute plus aujourd’hui la réalité du diabète traumatique chez l’adulte ; il n’est, certes, pas moins réel chez l'enfant, que ses pas mal assurés prédisposent aux chutes.

Il s’agit le plus souvent de traumatismes ayant porté sur la boîte crânienne ; mais les coups peuvent avoir frappé le dos, les reins, l’épigastre par exemple.

On à mis en cause, dans des cas du reste rares, le chloroforme et le protoxyde d’azote employés dans un but anesthésique. :

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On a surtout incriminé les affections nerveuses, les unes, avec lésion des centres nerveux, telles la méningite tuberculeuse, l’hydrocéphalie aiguë, un gliome du quatrième ventricule, les autres pures névroses, comme la danse de Saint-Guy, comme l’épilepsie. Les chagrins, le surmenage cérébral, paraissent agir de la même façon. Signalons aussi le froid, surtout le froid humide.

La dentition ne doit pas être oubliée ; nous devons nous rappeler le mot de Trousseau: « Bel enfant jusqu'aux dents ». Et l'action de l’évolution dentaire sur le diabète de l’enfant paraît bien évidente si l’on songe aux connexions étendues que les racines sensitives du trijumeau affectent avec une région dont on à démontré l'importance en ce qui concerne cette maladie : nous voulons parler du plancher du quatrième ventricule.

On verra, en effet, dans nos deux premières observations, que la glycosurie dépendait de l’évolution dentaire.

L'alimentation a une grande action étiologique sur le diabète de l’enfant, que cette alimentation soit insuffisante ou plutôt qu’elle soit pervertie. |

Le diabète infantile a été rapporté à des maladies infectieuses antérieures : impaludisme, fièvres éruptives, dysenterie, typhus, et ceci nous amène à parler du diabète par contagion, que certains auteurs admettent.

L’embarras gastrique a pu aussi déterminer l’apparition du diabète, bien qu’on n'ait voulu faire de lui qu’un syndrome, indice de la maladie méconnue. On a voulu faire, récemment, de l’ictère catarrhal une cause de diabète ; nous croyons qu'il est plus juste de rapporter les deux affections à une même intoxication gastro-intestinale ayant gagné le foie aussi bien que le pancréas.

Signalons comme élément étiologique l’aplasie pancréa-

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tique, décrite récemment par Lancereaux, et qui consisterait dans un arrêt de développement du pancréas. Nous reviendrons plus longuement sur ce sujet en étudiant la pathogénie de l’affection et nous verrons, à ce moment, qu'on peut même concevoir l'idée d’un diabète congénital.

Enfin une affection abdominale peut retentir sur le pancréas, et nous le ferons ressortir dans notre troisième observation, où le petit glycosurique présente en même temps des lésions péritonéales.

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