‹ Le Diabète Sucré Chez l'EnfantChapitre 5 sur 18 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Ce chapitre ne nous retiendra pas longtemps, car les observations du diabète infantile sont toutes d’une brièveté regrettable en ce qui concerne les lésions anatomiques, et nous n'avons, à ce sujet, aucune expérience personnelle.

Les lésions du système nerveux central consistent en congestion des méninges et dela pulpe cérébrale. [l peut y avoir aussi Rene. ou tumeur du plancher du quatrième ventricule.

Le sang contient plus de sucre qu’à l’état normal. [l peut présenter un certain degré de lipémie ; MM. Sandwers et Hamilton ont même vu de fins lobules graisseux obstruant les capillaires ; les poumons, parfois, ont présenté de l'infiltration tuberculeuse, et même des cavernes, mais plus rarement que ne voudraient ceux qui prétendent faire de la tuberculose pulmonaire la terminaison habituelle du diabète de l'enfant.

L’estomac, qu'on a trouvé dilaté, est le plus souvent sain, ainsi que les intestins. *

Le foie présente une fréquente hypertrophie. La rate est généralement saine. Les lésions du pancréas sont constantes. Il est diminué de volume ; il est selérosé; des calculs, des bouchons muqueux peuvent obstruer ses canaux. Il peut être bridé par des adhérences péritonéales.

Le. 414 —

Nous sommes heureux de dire que c’est notre maître, M. le professeur Baumel, qui a découvert les lésions de cet organe dans le diabète gras, lésions admises par Dreyfous dans sa thèse d’agrégation, par Teissier, et que Lancereaux ne se refuse plus à reconnaître, bien que, au congrès de Lyon encore, où il était rapporteur, il eût mis le diabète gras sur le compte de la goutte, d’un trouble de la nutrition.

Les capsules surrénales n'ont subi aucune modification.

Les reins sont sains, quelquefois anémiés, plus souvent volumineux et hyperhémiés.

L'examen clinique de l'œil peut faire découvrir du sucre dans l’humeur aqueuse et dans l'humeur vitrée.

rl)

SYMPTOMATOLOGIE

La symptomatologie du diabète dans le jeune âge est excessivement complexe, ce qui rend difficile la tâche d’en tracer un tâbleau d'ensemble. |

Polyurie, glycosurie, polydipsie, polyphagie aboutissant à l'autophagie terminale, tels sont les symptômes ne différant pas de ceux qu'offrent les adultes ; mais leur recherche est plus délicate et l’évolution de la maladie est aussi plus intéressante.

La polyurie est presque constante ; c'est même le symptôme qui le plus souvent donne l'éveil, lorsque le petit malade mouille 20, 30 et plus encore de couches dans les 24 heures.

Au-dessus de 3 ans, l’enfant pisse de 1 litre 112 à 5 litres par jour; Leroux cite un cas de 9 litres 112, Mlle Bielooussoff un de 11 litres, Cautain un de 13 ; enfin, un cas de 16 litres est rapporté par Descroizilles et Schindler.

La quantité d’urine varie, du reste, d'un jour à l’autre, cette différence atteignant dans certains cas 2 et 5 litres.

La pollakyurie est plus intense le jour que la nuit.

Un signe de diabète est l’énurésie, lorsqu'elle survient chez un enfant qui jusque-là retenait bien son urine.

Celle-ci est claire, jaune pâle, verdâtre. Elle est quelquefois un peu opalescente et peut contenir des flocons de mucus. Dans les cas où le sucre es en grande quantité, elle est trouble.

Page 1