‹ Le diabète sucréChapitre 10 sur 654 · EXTRACTION DU SUCRE URINAIRE · texte numérisé non relu

EXTRACTION DU SUCRE URINAIRE

Sauvages, qui a essayé, comme on sait, de distinguer des espèces morbides dans les syndromes qui constituaient la pathologie au dernier siècle, décrit sept espèces de diabète : 1° Diabètes légitimas Aretæi, caractérisé par le fait que la quantité d'urine serait supérieure à celle de la boisson; 2P L). anglicus (celui où l’urine a la saveur du miel); 3° D. hystei'icus; 4 0 D. arti- / icialis (que Malpighi aurait produit chez l’animal par la ligature de la veine splénique); 5° D. a vino; G° IJ. arthrilicus; 7° U. febri cosus.

Cette classification n’est pas irréprochable : on ne sait ce que Sauvages entendait par diabète fébrile. L’exemple qu’il donne du diabète expérimental est étrange, et l’existence du diabète, qu'il appelle légitime , ne repose guère que sur une erreur d’observation; mais il laut savoir gré à l’illustre nosologiste de Montpellier d’avoir tiré de l’oubli le diabète de W’illis, et, le premier, d’avoir mentionné le diabète hystérique, qui n’est d'ailleurs pas un diabète sucré.

l’n siècle environ après Th. \N illis, son compatriote Dohson 1 nota que l’urine d’un diabétique présentait une odeur aigrelette et que le sérum de son sang avait une saveur douce : — Avec l’aide d’un pharmacien nommé Pool, il évapora 4 litres d’urine de ce malade et en retira plus de quatre onces d’une substance blanche sucrée. Dohson en conclut que, chez les diabétiques, il s’élimine par l’urine une matière analogue au sucre, qui ne se forme pas dans le rein, attendu que le sérum a une saveur sucrée. Pour lui. la cause du diabète réside dans l’assimilation imparfaite du chyle qui, dit-il, renferme toujours un peu de sucre. — On voit par ce simple énoncé quel progrès considérable a réalisé Dohson.

Cullen 2 (f 1 7‘.>0) revendique comme sienne cette théorie et

I. Matth. Dohson. Experim. and obs. on the urine in diabètes (Med. Observ ■ by a Society of Phys, in London, 1775.

-• Ucllëx. First lincs of Practice of Physic. Edinburgb, 1770.

IIIST0HIQUI2

veut faire passer Dobson pour un plagiaire. On est peu disposé à accepter celte insinuation malveillante quand on voit que pour Cullen l’essence du diabète est simplement un spasme'.

Quelques auteurs attribuent â Cawley le mérite d’avoir, le premier, isolé le sucre de burine. Mais la publication de Cawley étant seulement de 1787, la priorité de Dobson paraît indiscutable. Quant à l’iiisloirc clinique de son malade, elle ne manque pas d’intérêt :

Un homme de trente-quatre ans, corpulent, tomba malade en décembre 1787. Son émaciation et sa débilité devinrent extrêmes, bien qu'il mangeât copieusement. — L’année suivante on remarqua que son urine était de saveur sucrée et fermentait avec la levure. Deux litres d’urine donnèrent, par évaporation, environ 5 à (i onces d’une matière noire, sucrée, ressemblant exactement à de la mélasse.

Dans la période ci-dessus indiquée, la. quantité d'urine n'excéda jamais la quantité normale. — Puis, les symptômes s’aggravèrent; la proportion du sucre urinaire diminua notablement. Sur la fin, 2 livres d’urine donnaient seulement une once et demie de sucre.

A l’autopsie, reins de volume normal; pancréas rempli de calculs, dont le volume n’excédait pas celui d'un pois, analogues il ceux que l’on rencontre parfois dans les conduits salivaires; l’extrémité droite du pancréas était très dure, comme squirrheuse

Tel est le cas si souvent cité, où se trouve pour la première fois signalée cette variété clinique de diabète sans polyurie que l’on a nommée diabètes dccipiens, et où l’autopsie a montré une affection calculeuse du pancréas. Cawley ne lui a d’ailleurs pas attribué le diabète : sous l’influence d’idées théoriques, il admet un trouble rénal, et paraît étonné de l’intégrité des reins.

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