PRODUCTION DE GLYCOGÈNE AUX DÉPENS DES GRAISSES
Nous ne parlerons pas des animaux inférieurs *. Mais l’exemple de la marmotte paraît prouver que, chez les animaux supérieurs, il se produit du glycogène aux dépens de la graisse. On sait, en effet, depuis longtemps, que cet animal en hibernation peut augmenter de poids par suite d’une absorption d’oxygène supérieure à la perte d’acide carbonique (Régnault et Reiset), ainsi que le montre l’abaissement du quotient respiratoire 1 2, et qu’à la fin de l’hibernation il possède en abondance du glycogène. On en a conclu que ce dernier provient d’une oxydation de la graisse. Toutefois, cette conclusion n’est pas universellement acceptée.
Le professeur Bouchard a observé qu’un homme placé sur le plateau d’une balance, en l'absence d’ingesta, présente, parfois, dans l’espace d'une heure, une augmentation de poids qui peut atteindre 10 grammes, et môme 20 grammes, bien que pendant ce temps, le sujet élimine de l'eau et de l’acide carbonique. Celte augmentation singulière, tout à fait exceptionnelle chez l’homme, serait au contraire assez fréquente chez la souris et môme chez le chien après une alimentation riche en graisse, succédant à une période de jeûne prononcé; d’où l’hypothèse qu’elle serait due à une oxydation incomplète des graisses et probablement à leur transformation en glycogène.
Hanriot3, dans des expériences in vitro, a constaté que la
1. Couvreur. [C. R. de la Société de Biologie, 7 décembre 1896) a constaté chez le ver à soie, à la période chrysalidienne, « un rapport étroit entre la courbe ascendante exprimant le poids du glycogène, et la courbe descendante qui exprime celui de la graisse ».
2. Voir R. Dubois. ( C . H. de la Société de Biologie, 1893, 31 décembre et Physiologie de ta Marmotte, Paris, 1890). — Voir aussi : Chauveau. (C. H. de l’Acad. des Sciences, 18 mai 1896). — Pembrey. (Maly s Jahresbericht, pro 1902, p. 620) a observé que la marmotte pendant le dépôt de la réserve graisseuse a un quotient respiratoire supérieur à 1.
3. Hanriot. Oxydation directe de la graisse (C. R. de l' Académie des Sciences). La proportion de glycérine étant très faible dans la graisse animale (5 p. 100) il faudrait admettre que la production de glyco-