V. Pancréatique
— Splénique 0,82
— Jugulaire 0,80
GLYCOLYSE « IX VITRO »
Le chiffre relativement élevé des matières sucrées dans la veine pancréatique s’explique, dans ce cas aussi, par l’accélération de la circulation. En effet, pendant et aussitôt après l’excitation des nerfs du pancréas, fc sang veineux de cet organe était rutilant, et coidait avec une vitesse extraordinaire. Ce chiffre est d’autant plus remarquable que, le plus souvent, d’après mon observation, le sang de la veine pancréatique est pauvre en sucre.
La vitesse de la circulation est donc, en somme, un facteur des plus importants de la différence que présentent les sangs artériel et veineux, quant aux matières sucrées. Ur, il est bien difficile d'apprécier le temps que met le sang A traverser le réseau capillaire de tel ou tel organe. D’autre part, nous avons vu qu'il y a éventuellement à compter avec le dégagement de glvcose aux dépens du sucre virtuel. Il est donc impossible, surtout si l’écart des matières sucrées entre les sangs artériel et veineux est faible, d’en tirer une conclusion sur l’énergie de la glycolyse dans un organe.
GLYCOLYSE « IN VITRO »
Cl. Bernard avait dit que le sang, après sa sortie des vaisseaux, perd assez rapidement son sucre1 2. Mais cette assertion avait été contestée par Pavy, par Bœhm et Hoffmann*, etc. J’ai repris, il y a plus de dix-huit ans, l’étude de la question, et 1 ai poursuivie grAce A la collaboration de plusieurs chimistes distingués qui se sont succédés dans mon laboratoire, MM. Barrai, agrégé de chimie ô la Faculté de médecine; Métroz, actuellement pharmacien de 1 hôpital de la Croix-Rousse; Marlz, Fauchon, et enfin Boulud, actuellement pharmacien de l’Antiquaille.
On sait que du sang mémo défibriné possède encore une cer-
1. Cl. Hkbnaiu*. ( Journal de pharmacie et de chimie, août-sept. 1876.)
2. Bœhm et Hoffmann. {Arc hic fur cxp. Path. und Pharmak. VIII).
GLYCOLYSE
taine vitalité pendant quelques heures, il est donc légitime de rechercher comment, dans des conditions toujours les mêmes, il détruit son sucre.
Voici notre méthode 1 :
On recueille, en même temps , du vaisseau dans lequel une canule stérilisée a été introduite, deux échantillons de sang. L’un tombe dans du sulfate de soude chaud, et sert à doser les matières sucrées dans l'état où elles se trouvent dans le sang circulant. L’autre est reçu dans un ballon stérilisé, renfermant du sable (la laine de verre cédant de l’alcali au sang est à rejeter2), puis bouché avec un bouchon stérilisé, défibriné par agitation pendant quelques minutes, et porté au bain-marie à une température toujours identique (nous avons adopté 38°, 39°, qui n’est pas la température optima pour la glvcolyse3 4, mais (pii est la température normale du chien). — On l’y laisse une heure. — Au bout de ce temps on le traite exactement comme le précédent.
Bien que, dans ces conditions, il se soit, pendant celle heure, produit une certaine quantité de sucre aux dépens du sucre virtuel, on constate une glycolyse assez forte ; c’est la glvcolyse apparente . Nous verrons tout à l’heure ce qu’il faut entendre par glycolyse réelle.
INFLUENCE DE L’ADDITION ü’eAU SUR I.’hÉMO-GLYCOLYSE APPARENTE
D’après Doyon et Morel \ 10 parties d’eau distillée arrêtentcomplètement la glycolyse; 10 parties d’eau salée la laissent intacte.
1. Lépine et Barral. (C. II. de l'Acad. des Sciences. CX. p. 742, 1890, et 1891. CXII, p. 146.)
2. L’addition d’alcali augmente beaucoup la glycolyse. (Lépine et Barral, Biernacki (Zeilshrifi fur kl. Med., 1900, XLI), Bendix et Bickei. (id., 1900, XL VIII).
3. La glycolyse augmente au-dessus de 39° jusqu’à 55° (Lépine et Barral) et ne se produit plus au-dessus de 58u dans le sang normal. Mais il n’en est pas de même dans certains sangs anormaux : nous avons eu plusieurs fuis l’occasion de constater la destruction du sucre dans le sang in vitro à 58°.
4. Doyon et Morel. ( Société mèd. des hôpit. de Lyon, 1903, p. 120).
GLYCOLYSE APPARENTE
Cette double proposition est beaucoup trop absolue, ainsi que le montrent mes expériences très nombreuses sur ce sujet. Voici, par exemple, un cas où une partie d’eau salée physiologique, c’est-à-dire à 8 p. 1.000, a diminué la glycolyse autant qu’une partie d’eau pure :
Chien 1743, parfaitement sain :
Gram.
Sang artériel au sortir du vaisseau 1,18
Sang après une heure à 39° 0,77
Sang avec une partie d'eau 0,84
Sang avec quatre parties d'eau 1,1*1
Sang avec une partie d’eau salée physiologique . 0,84
Sang avec quatre parties d'eau id. . 1,10
Sang avec quatre parties d’eau salée à 10 p.
On remarquera ce dernier chiffre : l’eau salée à 10 p. 100 a donc aboli toute glycolyse apparente.
Voici encore un cas où deux parties d'eau salée physiologique ont diminué la glycolyse apparente presque autant que deux parties d’eau pure :
Chien 1741 1er :
Sang au sortir de l’artère 1,10
Sang après une heure à 39° 0,68
Sang avec une partie d’eau pure 0.76
Sang avec deux parties d’eau pure 1,10
Sang avec deux parties d’eau salée physiologique 1,00
Je pourrais apporter ici beaucoup d’autres expériences personnelles montrant que l’eau salée physiologique modifie la glycolyse apparente dans certains sangs plus que ne fait l’eau pure dans certains autres. Je dis glycolyse apparente , car, pour le plus grand nombre des cas au moins, je suis convaincu qu’il s’agit, non d’une diminution réelle de la glycolyse, mais d’une simple apparence, d'un dégagement de glycose, venant masquer la perte de sucre.
1. Lépine (Id., p. 257, et Fauchon, Thèse de Lyon , 1898). Voir aussi 11e Meyer. (Bulletin de la Société des sciences natur. de Bruxelles , 1894, n° 25).
Lépine.
GLYCOLYSE
Dans quelques cas, d’ailleurs fort rares, l’eau salée physiologique augmente la glycolyse réelle, pour-vu qu’elle ne soit pas en trop forte proportion.
Voici un cas de ce genre :
Chien 17219 :
Après 1 h.
Après 2 h.
Sang témoin à 39° . . .
Sang avec une partie
d’eau
pure
Sang avec une partie
d'eau
sal ce physiologique. . .
De Meyer 1 a vu aussi qu’une faible proportion d’eau peut augmenter la glycolyse. Je pense que c’est en facilitant la sortie du ferment glycolytique des globules blancs.
INFLUENCE DE L’OXYGÈNE SUR l’hÉMOGLYCOLYSE
Si le sang est défibriné à l’abri de l’oxygène, par exemple dans un ballon renfermant de l’oxyde de carbone, et maintenu à 39° dans une atmosphère privée d’oxygène, la glycolyse est très faible (Lépinc et Barrai). Le même fait peut être observé en conservant le sang à 39°, sous une couche d’huile (Lépine et Martz). L’hémo-glycolyse in vitro est donc un processus aérobie. Il ne faut pas trop s'étonner qu’à cet égard le sang se comporte autrement que les tissus : chaque organe fait sa glycolyse à sa manière. Or, le sang est un milieu essentiellement oxygéné, ce que ne sont pas les tissus. Kraus2 a prouvé — ce qui était, a priori , très vraisemblable — que la glycolyse, dans le sang in vitro, est accompagnée d’un dégagement d’acide carbonique. J’ai repris cette étude avec la collaboration de Martz, et nous avons, en effet, constaté que le dégagement de CO2, au bout de vingt-quatre heures, est loin d’èlre négligeable. Mais nous n’avons pu établir de concordance exacte entre la quantité de