VARIATIONS DU POUVOIR GLYCOLYTIQUE
perte, mais elle donne une idée plus exacte du pouvoir glycolytique que le chiffre indiquant la perte absolue.
Ainsi, soient deux sangs A et B renfermant au sortir de l’artère respectivement 1 gramme et 0 gr. 7Û de sucre, et après une heure à 39° respectivement 0 gr. 75 et 0 gr. 45, je ne considère pas ces deux sangs comme ayant un pouvoir égal glycolylique. bien que la perte chez tous deux soit la môme (0 gr. 25). Selon moi, le pouvoir glycolylique est plus fort chez le second; car la perte centésimale est chez le premier de 25, tandis que chez le second, elle s'élève à 30. Je n’atlirme pas que 36 exprime juste ce pouvoir, mais je sais qu’il l’indique, en tout cas, beaucoup mieux que 25.
En résumé, nous avons le moyen de déterminer le pouvoir glycolylique du sang. 11 est vrai que la glycolvse dans les capillaires, qu’il nous importerait surtout de connaître, ne dépend pas exclusivement de ce pouvoir. Bien d’autres facteurs interviennent, mais la connaissance du pouvoir glycolylique du sang est néanmoins importante ; car il y a lieu de penser qu’à ses variations correspondent des variations du pouvoir glycolylique des autres tissus, sinon d’égale intensité, au moins de môme sens. — Or, la diminution du pouvoir glycolylique des tissus est un élément pathogénique important du diabète.
VARIATIONS l>U POUVOIR GLYCOLYTIQUE DU SANG
Dans les conditions que nous avons précédemment indiquées 1 ,000 grammes de sang normal perdent en une heure de 0 gr. 20 à 0 gr. 25 de sucre, c'est-à-dire que sauf exception, le pouvoir glycolylique, tel que nous l'avons défini, est voisin de 30.
Voilà pour le chien sain et neuf ; car il suffit que l'animal ait été saigné la veille ou l’avant-veille pour que son pouvoir glycolytique diffère de ce qu'il est à l’état normal. Si la saignée n'a pas été trop copieuse, il est presque toujours augmenté. C’est 1 effet d'une réaction de l'organisme.
GLYCOI.YSE
Dans beaucoup d’états pathologiques il est, soit diminué, soit, plus rarement, augmenté. Le plus souvent, sa diminution coïncide avec de l'hyperglycémie, et son augmentation avec de l'hypoglycémie. Cela prouve que ses variations influent sur la glycémie.
Asphyxie. — Si, par exemple, on asphyxie un chien par l’occlusion incomplète des narines ou de la trachée pendant une demi-heure environ, et d'une manière suflisante pour qu’il se produise de petits mouvements convulsifs ; si l’on relire deux échantillons de sang d’une artère, qu’on dose immédiatement le sucre dans l’un d’eux, et qu’en défibrinant l’autre on l’agite avec de l’oxygène, puis qu’on le porte à 39° pendant une heure, et qu’on y dose le sucre, on constatera que la perte apparente dans le second est très faible, bien qu'il ait été parfaitement oxygéné aussitôt après sa sortie du vaisseau.
Voici une expérience, h titre d’exemple :
Chien 2529 bis, sain et neuf. — On l’asphyxie incomplètement (par pincement des narines) pendant deux heures. A deux ou trois reprises il a été en danger de mort. La température a baissé de plus d’un demi-degré.
Dcns.
Pouvoir
polar.
réducl.
Sang artériel
après 1 heure à 39° . . . .
La perte absolue est 0,04 ; la perle centésimale 2. — A première vue on pourrait donc dire que le pouvoir glycolytique de ce sang est presque nul. Mais cette conclusion ne serait pas
1. On remarquera que je ne traite que du pouvoir glycolytique du sang artériel. C’est le seul qui nous intéresse au point de vue du diabète. Quant à celui du sang veineux, je dirai seulement que, parfois il paraît être en relation inverse avec la glycolyse dans les capillaires, c’est-à-dire que si celle-ci est forte, le pouvoir glycolytique du sang est faible, et inversement, comme s’il s’épuisait pendant le processus glycolytique.
2. L’hyperglycémie chez ce chien n’a rien d’extraordinaire ; c’est un effet ordinaire de l’asphyxie.