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ACTION « FAVORISANTE » DU PANCRÉAS

En résumé, il paraît naturel que la sécrétion interne du pancréas vienne en partie des îlots, puisqu'ils n’ont pas de conduit excréteur; je suis môme disposé à accepter qu'ils aient, malgré leurs relations incessantes avec les acini, une certaine autonomie à cet égard ; mais il parait excessif de les envisager comme les agents exclusifs de cette sécrétion *.

L’action exercée par le pancréas sur la glycolyse générale n'est pas directe, mais favorisante. — Peu après avoir découvert l’influence glvcolytique exercée par le pancréas j’ai été conduit par les faits à admettre qu'il n’était pas le seul organe jouissant de cette influence, et j’ai dit, plus tard, d’une manière très explicite « que la sécrétion interne ne produit vraisemblablement pas directement , mais favorise la glycolyse dans les tissus ».I 2

Cette action favorisante n’est certainement pas due exclusivement à une enzyme, car j’ai, en 1899, constaté avec Martz dans des expériences très précises3, qu’un fragment bouilli du pancréas, extirpé après l’excitation des nerfs de cet organe, favorise beaucoup plus la fermentation alcoolique qu’un fragment (également bouilli) extirpé avant cette excitation. Voici le résumé d'une de ces expériences :

On a pris deux ballons renfermant chacun 200 centimètres cubes de liquide minéral Pasteur, peu sucré et 1 gramme de

I N avant on vue que la sécrétion interne, je dois laisser de côté les beaux travaux sur la sécrétion pancréatique que l’on doit au professeur Wertheimer (de Lille), à Camus et Oley, à Launois, à Delezenne, etc. Mais il me faut mentionner d'une manière toute spéciale un mémoire des plus importants sur ta sécrétion interne, d'un physiologiste belge, J. De Meyer. ( Travail de I Institut Solvay. Bruxelles, 1906), qu'on lira avec le plusgrand profit. — Plus récemmentcetexpérimentateur a publié une note intéressante sur un sérum antiglycolytique. [C II. de la Société de Biologie, 1907, 2® sem., p. 385).

2. Lki'I.ne. (Le diabète et son traitement. Paris, 1899, p. 26).

3. Lèpi.ne et Martz. l)e l'action favorisante exercée par le pancréas sur la fermentation alcoolique. (C. II. de l'Académie des Sciences. lOavril 1899).

GLYCOLYSE

levure très exactement pesée. A l’un d’eux on a ajouté la pulpe d'un fragment de pancréas, aussitôt après l’avoir extirpé, pesé et fait bouillir pendant cinq minutes (pour détruire la trypsine). Puis, on a excité avec un courant faradique assez fort, pendant un quart d’heure le faisceau de nerfs qui entoure l'artère pancréatico-duodénale. Cinq heures plus tard, on a extirpé un fragment de pancréas de même poids (8 grammes) et on l’a traité comme le précédent, en ayant soin que les conditions de temps, de température, etc., fussent identiques dans les deux ballons. Après quinze heures de fermentation, on a dosé le sucre restant dans le ballon, et, par pesée, l’acide carbonique dégagé. La solution des deux ballons renfermait au début 4 gr. 4 de glucose.

Dans le premier ballon, il en a disparu 3 gr. 48;

Dans le second, 3 gr. 93;

Du premier, il s'est dégagé 0 gr. 70 CO2;

Du second, 1 gr. 01 CO2.

On voit que la glycolyse a été bien plus active dans le ballon ayant reçu le pancréas excité.

Incidemment, je ferai remarquer que dans le deuxième ballon nous avons trouvé pour 1 gramme de glucose disparu beaucoup plus de CO2 dégagé (0 gr. 257 au lieu de 0 gr 201). La modification de la fermentation a donc été, non seulement quantitative, mais qualitative.

L’expérience suivante montre que la substance favorisante peut être décelée dans le sang de la veine pancréatique :

On répartit entre huit ballons 400 centimètres cubes d’eau sucrée à 5 p. 1.000, légèrement thymolée et renfermant un peu de zymase de Bücbncr.

Deux de ces ballons (témoins) reçoivent chacun 5 grammes d’eau salée;

Deux autres, chacun 5 grammes de sang de la veine pancréatique d’un chien à jeun;

Deux autres, chacun 5 grammes de sang de la même veine, immédiatement après la faradisation des nerfs du pancréas, pendant dix minutes;

Les deux derniers, chacun 5 grammes de sang de la même veine, quatre heures et demie plus tard.

Tous ces ballons, ainsi préparés, sont mis à l’étuve, à 39°. Chacun y reste quatre heures.

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