Voir Phistorique, p
G LYCOS UH I L A L I MENT A I R E
résultats obtenus ne me paraissent pas avoir tout à fait répondu à l’effort considérable qu’elles ont demandé, je vais analyser les plus importantes d’entre elles :
.1. — Glycosurie consécutive a l’ingestion i>k glycose
Lin médecin japonais bien connu, Miura \ Agé de vingt-sept ans, et pesant 47 kilogrammes et demi, a absorbé A jeun, à
0 heures du matin, 302 grammes de glycose chimiquement pur, dissous dans 480 centimètres cubes d’eau et 200 grammes d’infusion de café. A 10 heures, il a émis 00 centimètres cubes d’urine renfermant 8 gr. 4 de sucre par litre, et à 1 1 heures, 205 centimètres cubes renfermant 1 gramme par litre. L'urine rendue à midi ne renfermait plus que des traces de sucre. En tout, le sujet a éliminé 0 gr. 77 de glucose, ce qui fait 0,25 p. 100 de la quantité ingérée. Par kilogramme de son poids, il a retenu G gr. 5.
A un jeune garçon, du poids de 30 kilogrammes, Miura a fait ingérer, de 9 heures à midi, 430 grammes de glycose pur. L’urine des diverses émissions consécutives renfermait en tout
1 gr. 14, ce qui fait 0,20 p. 100 du sucre ingéré. L'élimination était terminée à 4 heures et demie. Cet enfant a retenu 10 grammes de sucre par kilogramme de son poids, quantité énorme, et qui s’explique sans doute, en partie, par l’Age. Je dis en partie, parce que plusieurs observateurs, notamment Greenfield-, ont trouvé chez l’enfant une capacité d'assimilation bien inférieure à celle qui est indiquée ici.
Diverses conditions favorisent la glycosurie :
Influence de 1 état de jeûne — Contrairement à ce qu’on
1. Miura. BeitrSge zur aliment. Glvkosurie. ( Zeitschrift fiir Bioloyie, 1895. XXXII, p. 285).
2. Grkkxkield. Jahrb. fiir Kinder heilk., 1903, LVIll, p. 660).
3. Ci.. Bernard avait déjà fait remarquer que, chez le chien, l’inanition est une condition défavorable à l’assimilation du sucre.
LES GLYCURIES
aurait pu supposer, si l’on fait ingérer à jeun 1 (MJ grammes de glycose dans un demi-litre d’eau, toutes choses égales, la glycosurie sera plus prononcée que si le sujet absorbe les hOO grammes d’eau sucrée à son déjeuner.
Influence de la répétition de la même dose. — Soit un sujet absorbant chaque jour à la même heure et dans les mêmes conditions 100 grammes de glycose ; pendant cinq jours, je suppose, il n’aura pas de glycosurie ; le sixième jour, le sucre pourra apparaître dans son urine. Le fait n’a rien d’extraordinaire ; l’emmagasinement du glycose (à l’état de glycogène ou de graisse), a scs limites.
Influence des maladies infectieuses fébriles. — Poil1 2, de Campagnolle % Bleiweiss3 4, Patella et Lodoli etc., ont constaté que l’état fébrile prédispose à la glycosurie alimentaire. Ce résultat peut paraître étrange, car la diminution de la glycosurie chez les diabétiques fébricitants, a été plusieurs fois observée. Elle s’explique par l’exagération des combustions, et par l’inanition relative. Mais dans l’épreuve de la glycosurie alimentaire chez le fébricitant les conditions sont autres ; et X infection fébrile, en diminuant le pouvoir d’assimilation des tissus, compense, à ce qu’il paraît, et au delà, l’exagération des combustions. Voilà comment s’explique la glycosurie alimentaire dans l’état de fièvre.
Les expériences de Richler montrent le rôle de l’infection 5 :
1. Poll (élève de v. Noorden), Ueber aliment. Glykosurie beiFiebernden. (Fortschritte der Medicin, 1896, n° 3, p. 501).
2. De Campagnolle. Ueber alim. Glykosurie im Fiebcr. [Deutsche s Archiv f. kl. Med., 1898, LX, 188).
3. Dkmetih Bleiweiss. Ueber alim. Glykosurie e saccharo bei acuter fieberhafte Krankheiten. [Centralblalt fiir innere Med., 1900, p. 50.
4. Patella c Lodoli. Délia glicosuria alimentare sperimentale nella pneumonile. (Settimana medica , 1899, n,j8 18, 19 et 20).
5. P. F. Richtkr. Ueber Temperatursteigerung und alimentare Glykosurie. ( Fortschritte der Med., 1898, p. 321).
GLYCOSURIE ALIMENTAIRE
à des lapins il a fait la piqûre du corps strié, qui est, comme on sait, suivie de l’élévation de la température centrale, et leur a ingéré 20 grammes de glucose. En général, la glycosurie a manqué; Richter explique ce résultat négatif par le peu de durée de la fièvre : mais les progrès de nos connaissances, dans ces dernières années, portent plutôt à penser que l’h yperlhermie nerveuse se distinguant de la fièvre par l’absence d’infection, c’est plutôt en raison de celle particularité que la glycosurie a fait défaut.
Les recherches de Poil ont porté sur une quinzaine de malades atteints de pneumonie, de fièvre typhoïde, de scarlatine, de rhumatisme articulaire aigu, etc. 11 leur a administré une dose de glvcose variant entre 100 grammes et 1 ."»0 grammes. Chez presque tous il s’est produit pendant quelques heures, consécutivement à cette injection, une légère glycosurie, si ce / t'est lorsque l'apyrexie datait déjà de plusieurs jours.
De Campagnolle ■ a expérimenté sur des pneumoniques, des rhumatisants, des scarlatineux, des typhiques, etc. Ces malades, après l’ingestion de 1;)0 grammes de glycose, ont presque toujours éliminé du sucre.
Patella et Lodoli s ont donné 100 grammes de glycose, le matin, à des pneumoniques : chez 17 ils n’ont pas observé de glycosurie ; chez une glycosurie très faible ; chez SS une glycosurie allant de 4 à 10 grammes de sucre pour 1.000.
Demetir Bleiweiss \ sur 20 fébricitants atteints de fièvre typhoïde ou de pneumonie auxquels il a administré 100 grammes de glycose, a observé, chez presque tous, de la glycosurie ; chez quelques-uns d’entre eux jusqu’à 8 gr. pour 1.000.