Voir l’historique, p
2. V. Meiuhg. ( Zeitschrift fur klin. Medicin, 1888, XIV, p. 408).
GLYCOSURIE PHLORIZIQUE
après 10 grammes de phlorizine, et 3 jours plus tard, 20 grammes de sucre, après 15 grammes de celte substance.
Dans ces conditions il se produit une dénutrition azotée assez considérable.
Le professeur Hédon a fait ingérer 3 grammes de phlorizine à un chien de 12 kilogrammes, très amaigri et très affaibli, 22 jours après l’extirpation du pancréas. Ce chien qui, jusque-là, mangeait 1 kilog. de viande et ri excrétait plus de sucre , fut, dès lors, laissé à jeun. Au bout de 21 heures, il avait excrété 000 centimètres cubes d’urine renfermant 18 grammes de sucre, et près de 24 grammes d urée. Douze heures plus tard l’animal était mort.
1 n autre chien, 1 1 jours après l'ablation du pancréas, épuisé, n’ayant plus la force de manger, et n’étant plus glycosurique, a excrété, après l’ingestion de 1 grammes de phlorizine, 220 centimètres cubes d’urine renfermant lit gr , 5 de sucre et 5,5 d’urée. A ce moment, l'animal était presque mourant1.
Ainsi, même dans la période du marasme le plus prononcé, la phlorizine a le pouvoir, chez le chien dépancréalé, d'augmenter suffisamment la production du sucre pour que la glycosurie se produise de nouveau.
2° Par l’injection sous-cutanée ou intra-veineuse. — L’ingestion n’est pas le meilleur mode d’administration de la phlorizine : on obtient la glycosurie avec une dose moindre par l’injection sous-cutanée ou l'infusion intra-veineuse, ce qui tient à ce que cette substance ne s’absorbe qu’incomplètement ou se dédouble partiellement dans l’intestin s. Or la phlorétine, produit du dédoublement de la phlorizine, est bien moins eflicace que celle-ci. 11 se peut même que la phlorizine se détruise en partie dans le tube digestif : Si on l’injecte sous la peau, la plus grande
I. Hkdon Action de la phlorizine chez les chiens diabétiques. ( C . R. île lu Société de Uiologie, 1897, p. 01).
2 Lkwi. Zur kenntniss der l'hlorizindiabetes. (Archio. fiir exper. Patholoijie und Ph., 1902. XL VII, p. 50).
GLYCUHIES TOXIQUES
partie se retrouve dans l’urine tandis que si elle est ingérée, il n'en passe pas la moitié par cet émonctoire \
Comme elle est peu soluble dans l’eau, même tiède2, il faut la solubiliser avec du carbonate desoude3. Voici une des expériences où j’ai employé ce procédé.
Petite chienne. AO heures du matin on lui injecte, en une demiheure, dans la jugulaire 500 centimètres cubes d’eau renfermant 10 grammes de phlorizine. On ne remarque rien pendant cette injection, sauf un peu d’accélération de la respiration au début, et un peu d’affaiblissement du cœur. Mais quelques minutes après avoir été détaché, c’est-à-dire peu de temps après la fin de l’injection, l'animal a présenté une faiblesse des quatre membres avec raideur. Puis il s’est mis à japper et paraissait avoir peur quand on s’approchait de lui ; salivation abondante. Ces symptômes ont duré un quart d heure ; puis l'animal est resté couché, avec une respiration lente.
Le lendemain l’état général était bon.
Temps à partir
Quantité
Sucre
l'apport
dé l'injection
d'urine
par litre
par litre
total
du sucre
heures.
Cil c.c.
Rr.
Rr-
tf.
u 100 urée
1. Voir Yokota Kotaro. (Hofmeister's Beitrâge zur ch. Phys. u. Path., 1901, V, p. 313)
2. Une partie de phlorizine a besoin, pour se dissoudre, de 834 parties d’eau à 22° C.
3. 10 centimètres cubes d’une solution de carbonate de soude à 2 1/2 p. 100 dissolvent il centigrammes de phlorizine.
GLYCOSURIE IMILORLZIQUE
Le tableau îles urines pendant les cent vingt heures (cinq jours) qui ont suivi l'injection, suggère les remarques suivantes :
1° Sauf de légères irrégularités, la teneur p. 1000 de l’urine en sucre s'élève progressivement, suivant une courbe parabolique jusqu’après la soixantième heure, pour descendre très rapidement à partir de la soixante-dixième ;
Le maximum de la poUurie (par heure) est atteint beaucoup plus rapidement que celui de la teneur de 1 urine en sucre: il se trouve avant la (in de la troisième heure;
3° En raison de la polyurie, c’est également avant la tin de la troisième heure qu’a lieu le maximum de la quantité absolue de sucre excrétée par heure (3gr. 6);
4° Le maximum du rapport du sucre à l'urée arrive un peu plus tard (avant la quatrième heure).
Dans d’autres expériences j ai observé des résultats un peu différents : il y a des différences individuelles dans la sécrétion urinaire. En tous cas, il faut retenir, et c’est là le fait le plus intéressant (pii ressort de ces expériences, que le maximum de la teneur de l’urine en sucre, môme dans le cas d’injection intra-veineuse, n'arrive qu'un certain nombre d'heures après i injection.
Pour injecter la phlorizine sous la peau, l’alcool est le meilleur dissolvant, el l'injection de quelques centimètres cubes d’une
solution concentrée sullit pour produire, chez le chien, une glv-
cosurie intense1. On peut encore, à l’exemple de v. Coolen *, la tenir en suspension soit dans l'huile d’olive, soit dans un mucilage de gomme arabique. Quand on emploie un de ces derniers modes, la glycosurie a une durée plus longue.
Plusieurs expériences de Coolen sont très démonstratives à cet égard. Ainsi, l'injection sous-cutanée de 1 gramme de phlorizine, en suspension dans 7 centimètres cubes de mucilage, a déterminé chez un petit chien de 3 kg. et demi une glycosurie de onze jours; et, fait digne de remarque, le dixième jour, la quantité de sucre excrétée (16 grammes) était aussi considérable que le premier jour. Dans une autre expérience, un chien de 3kg. 900a reçu,
1 Knopf. ( Archiv fur experim. Pathologie, 1903, XLIX, p. 123).
2. Coolex. Action physiologique delà phlorizine. [Archives de pharmacodynamie. 1894, 1. fasc. 4).
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également en injection sous-cutanée, 1 gramme de phlorizine, mais dans 7 centimètres cubes d’huile d’olive. Le premier jour, il a rendu 16 gr. 8 de sucre, le troisième, 25 grammes, et le cinquième jour, 21 gr. 5. — Le même chien, quelques jours après, ayant perdu 40U grammes de son poids, a reçu exactement la même dose de phlorizine dans la même quantité d’huile. Le premier jour, 10 grammes de sucre, le deuxième, 24 grammes ; puis des quantités très variables les jours suivants. Le troisième jour il a encore excrété 5 gr. 4 de sucre.
Dans quelques expériences, Coolen a répété quotidiennement l’injection sous-cutanée de phlorizine. A la suite de ces injections répétées, les animaux n’ont pas éliminé plus de sucre que si l’injection avait été unique (en moyenne, 5 grammes par jour et par kilogramme). La glycosurie est donc, jusqu’à un certain point, indépendante de la quantité de phlorizine administrée.
L’administration prolongée de la phlorizine a de graves inconvénients, surtout à cause de la désassimilation excessive qu’elle produit. L’excrétion de l’azote est très augmentée; celle de l'acide phosphorique l’est aussi beaucoup. D’après Bendix, elle pourrait, chez un chien fortement phloriziné, devenir trois fois plus considérable qu’à l’étal normal*. Au contraire à dose modérée, j’ai trouvé qu’elle diminuait l’élimination de l’acide phosphorique par rapport à l’urée et à l’ensemble des éléments de l’urine2.
Astolfoni et Valeri 3 4 insistent sur la diminution de l’acide oxalique qui s’accentue, d’après eux, quand la glycosurie augmente.
En môme temps, se produit l’infiltration graisseuse du foie et de quelques autres organes l. Les lésions rénales méritent surtout de fixer l’attention.
Trambusti et Nesti5 ont administré à des chiens des doses de
1. Voir aussi Blumenthal. Ueber Zuckerbildung aus Eiweiss. ( Deutsche med Wochenschrift, 1899, p. 815.
2. L épine et Maltet. ( C . H. de la Société de Biologie, 1902, p. 921).
3. Astolfoni et Valeri. ( Archives italiennes de Biologie, 190G, XLV).
4. Rosenfeld. ( Zeitschrift fur kl. Mcdicin, 1895, XXV 111 et 1889, XXXVI).
5. A. Trambusti et (1. Nesti. Il diabète daflorizina . (Lo Sperimentale, 1893), et Zicglcr’s Beilrage XIV.
GLYCOSURIE imilorizique
phlorizino croissantes, de 0 gr. 10 à 0 gr. 50 par kilogr. Les avant sacrifiés au quinzième jour, ils ont constaté, à l’examen histologique, une nécrose de coagulation de l’épithélium des tubes contournés, et, à un moindre degré, des tubes collecteurs (lésion d'Ebstein). L'urine renfermant de l’acétone (outre des cylindres granuleux, de l’albumine et du sucre *), ils ont attribué ces lésions à l’acétonurie.
11 me parait probable que ces animaux ont été insuffisamment nourris. Ces expériences ne peuvent donc nous renseigner sur l’action nocive de la phlorizine seule. — Toutefois, d’après le professeur Kossa-‘, l’ingestion de quelques doses, même faibles de cette substance, à un lapin, animal dont le parenchyme rénal paraît être plus délicat que celui du chien, amène constamment de l’albuminurie, qui persisterait des semaines, et même des mois. A l'examen microscopique des reins, l’épithélium delà plupart des tubes contournés parait gonflé, trouble, et sans limites nettes; les noyaux se laissent difficilement colorer; la lumière de certains tubes était remplie de débris de cellules et de cylindres finement grenus, presque hyalins. Les glomé ru les et le tissu conjonctifdu rein étaient, le plus souvent, intacts.
Chez des lapins qui avaient reçu la phlorizine, non dans l’estomac, mais en injection sous-cutanée, les lésions étaient plus
1 II est «à noter que, malgré l'existence d'une glycosurie, les auteurs italiens n'ont pas constaté (si ce n’est très exceptionnellement) dans l’épithélium des tubes contournés, l'infiltration glycogénique vue par Armanni, Khrlich et Straus, probablement parce que la survie de leurs animaux n'a pas été assez longue.
2. v Kossa. Die NVirkung des l’hlorizins auf die Nieren. (Zeitschr. fiir Biologie, l'JOO, XL, p. 324). Dans un cas, l’ingestion d'une seule dose de 30 centigrammes a produit de l'albuminurie dès le lendemain. Le 5e jour, des cylindres granuleux étaient décelés dans le dépôt urinaire. Dans trois expériences qu'il rapporte, il a fait ingérer à des lapins t et même 2 grammes de phlorizine, en émulsion dans la gomme arabique, pendant plusieurs jours. Le plus souvent l’urine a renfermé de l’albumine dès le lendemain de la première dose : mais les jours suivants il n'y a pas eu de glycosurie, ce qui ne saurait étonner, vu la difficulté de provoquer, chez le lapin, la glycosurie par ingestion de phlorizine.
GLYCURIES TOXIQUES
prononcées : quelques anses glomérulaires étaient privées de leur épithélium, et les tubes contournés présentaient des lésions parenchymateuses très accentuées.
Seelig1 a étudié les lésions produites dans le rein de lapins soumis pendant un mois h l'injection sous-cutanée de 1 gramme de phlorizine par jour. Il a trouvé les glomérules sains, mais les tubes contournés en état de nécrose; rien d’anormal dans les tubes droits. Pendant cette période, l'urine renfermait du sucre et des traces d’albumine; l’addition de perchlorure de fer y produisait la coloration caractéristique de la phlorizine; pas d’augmentation de la quantité normale d’acétone2.
Ghedini3 aurait constaté chez des chiens ayant reçu une forte dose de phlorizine un aspect trouble des cellules glandulaires du pancréas et des îlots de Langerhans. Ceux-ci lui ont paru de petit volume (?)
Lazarus4 a fait des expériences de longue durée. Il a injecté pendant trois mois à des cobayes 1 centigramme de phlorizine par jour, et a fait ingérer à d’autres 1 gramme de celte substance pendant huit mois. — A l’autopsie de ces animaux, qui étaient fort amaigris, il a constaté une artério-sclérose et une hypertrophie du pancréas avec gigantisme des îlots de Langerhans. Mais il parait que le gigantisme des îlots n’est pas nécessairement pathologique5.
Lazarus signale aussi l’hypertrophie des capsules surrénales chez les cobayes phlorizinés (?).
En somme, de tout ce qui précède, il convient seulement de
1 . Seelig. Ueber Phlorizindiabetes. ( Deutsche medicinische Wochenschr., 1900, p. 707).
2. D’après Seelig, les lapins excrètent par jour de 5 décimilligrammes à 2 milligrammes d’acétone.
3. Ghedini. Contributo ail anatom. pat. del pancréas. (La informa medica, 1904, n° 34, p. 933).
4. IV Lazarus. Ëxper. Hypertrophie der Langerh. Inseln bei der Phlorizinglycosurie. (Münch med. Woch., 1907, 5 nov.).