‹ Le diabète sucréChapitre 258 sur 654 · Habtooh et Schumm. {Archiv fürexp. Pathol.. 1900. XLV · texte numérisé non relu

Habtooh et Schumm. {Archiv fürexp. Pathol.. 1900. XLV

GLYCURIES TOXIQUES

quatre jours de jeûne absolu , a éliminé 1.280 grammes de sucre. Or la quantité de sucre produite a été certainement plus considérable, vu la glycolyse qui reste intacte chez les animaux phlorizinés.

Comme il est impossible dtf supposer qu’après vingt-quatre jours de jeune l’animal ait eu une réserve notable de sucre virtuel et de glycogène, il faut admettre que le sucre (soit celui qui est consommé parla glvcolyse, soit celui qui est éliminé par l’urine), a dû provenir des matières protéiques, ou des graisses, — ou des deux à la fois. — Nous verrons, dans un des chapitres suivants, que chez le chien dépancréalé, et au régime de la viande, le chiffre du glvcose éliminé est, en moyenne , de 2,8 p. 1 d’azote. Or, on a souvent, chez l’animal phloriziné, trouvé un chiffre de glycose supérieur à i ou même b1. Ce chiffre varie suivant la nature des albuminoïdes consommés :

Un chien deBendix2 pour 1 gramme d’azote, excrétait :

Avec l’ovalbumine 1,8 à 4 gr. sucre.

Avec la caséine 3 à 4 —

Avec l.a gélatine 1,6 à 2,9 —

D’après Kraus 3 4 l’organisme de souris phlorizinées s’appauvrirait en lcucine.

Quant ù la graisse, Rumpf dit qu’elle participe à la glycogénie phlorizique. D’autre part, certains expérimentateurs *

1. Voir v. Mkring. ( Zeitschrift fur kl. Med., 1888, XIV, p. 418, 37u expér.) — Mkiutz et Puaussnitz. ( Zeitschrift fur Biologie, 1890. XX\ 11, p. 118, exp. 20). — Contbjean. (C. II. de la Société de Biologie, 1896)

2. Il ex dix . (Verhandlungen dei'mberl. phys. Gescllschafl. Archic fur Physiologie, 1900, Sappl.-Band , p. 309-311). — Voir encore Stileb et Luhk. On the formation of dextrose in metabolism Irom the end product of a pancreatic digestion of méat [American Journal of Physiology, 1904, IX, p. 380).

3. Kraus. (Verein /'tir inner. Medicin, 1903, 16 février). — Voir aussi scs expériences avec l’alanine [Iierliner kliuische Wocli ., 1904, nu 1,

D après (Ilœssneh et Pick. (llofmeister Beitrüge, X, p. 473), les acides amitiés, sauf l’aeétamide, augmentent la glycosurie phlorizique.

4. N oir O. Loewi. (Archiv fiir exp. Path. u. Ph., 1902, X L\ 11, p. 68), et

GLYCOSURIE PIILORIZIQUE 285

sont d’un avis contraire. Schmid 1 reste dans le doute. J’ai vu moi-môme, chez des chiens phlorizinés, consécutivement à l’ingestion d’huile, une augmentation du sucre par rapport à l’azote. On ne peut d’ailleurs accepter sans critique les expériences de Kumagawa et llavashi 2 qui se sont placés dans des conditions particulières, en expérimentant sur des chiens aussi amaigris que possible. 11 est clair que si la graisse était absente, elle ne pouvait faire du sucre. De telles expériences me paraissent donc avoir été mal instituées.

Acétonémie chez le chien phloriziné. — Chez l’animal insuffisamment nourri et particulièrement en déficit d’azote2 * on peut observer de l’acétonémie1. Dans ce cas, d’après Marum5, le glycogène a complètement disparu.

D’après Geelmuvden, l’acétone qui, dans le sang d’un chien à l’inanition, ne dépasse pas 21 milligrammes pour 1.000 grammes de sang, quintuple chez l'animal phloriziné, surtout dans le sang veineux, et l’influence de l’alimentation sur l’acétonurie n’est pas sans intérêt ; un chien nourri de viande, excrétait, pour 1 00 grammes deglycose, milligrammesd’acétone. Le même chien, dans les mêmes conditions, sauf qu’il était A jeun, en excrétait 1 770 milligrammes. Un autre chien, nourri de pain et de lait, n’excrétait que 7 milligrammes d’acétone. Paderi a donc commis une erreur en prétendant que les hydrates de carbone ne mettent pas obstacle à l’acétonurie phlorizique *.

1. Schmid. ( Archir fiir exper. Pathologie uivl Pharmah ., 1005, !.. lit, p. 429.)

2 Mixeo Kimagawa et Hkntaro Hayashi Arc hiv fur Physiol., 1898,

3. H.\ kh (Archiv fiir exp. Path. unri Pharmak., 1004, Ll. p. 271).

4 L'acétonémie chez l’animal phloriziné a été vue par v. Mering et étudiée par Azkmar (de Montpellier), etc.

5. Marcm. Ucber die Beziehungen zwischen dem filyeogengehalt der Organe und der Acidose beira Phlorizindiabetes. (llofmeùiter's lieitrilge, 1907, X. p. 105

G. Paderi. (cité par W'aldgogf.l. Die Acetonhôrpcr, Stuttgart, 1903).

CLYCURIKS TOXIQUES

En résumé, 1 intoxication phlorizique amène dans divers réseaux capillaires, et particulièrement dans celui du rein, — d’où la glycosurie — le dégagement de sucre aux dépens du sucre virtuel. Le l'oie intervient très peu dans la glycogénie chez l’animal phloriziné.

AUTRES GLYCOSURIES SANS HYPERGLYCÉMIE NOTABLE

GLYCOSURIE DANS L’INTOXICATION PAR LES SELS D’üRANE

La glycosurie dans l’intoxication uraniquc a été découverte par Leconte (cité par Cl. Bernard), puis étudiée par Chittenden *, Woroschilsky1 2 et Cartier 3.

Chittenden a fait ingérer pendant sept jours à un chien de 18 kilos une dose quotidienne de nitrate d’urane variant de Ogr. 05 à 0 gr. 075. Au cinquième jour l'urine renfermait un peu d’albumine, et, après une dose de 0 gr. 15, 7 grammes de sucre p. 1 .000, sans que l’albuminurie eût augmenté. Des doses plus fortes (0 gr. 22 et 0 gr. 45) n’ont pas modifié la glycosurie. Après la suppression du toxique, le sucre, puis l’albumine, ont disparu de l’urine. Quelques jours plus tard, ingestion de fortes doses (1 gramme, l gr. 5, puis 4 gr. 4), à la suite desquelles est survenue une albuminurie abondante ; mais pas de glycosurie. L’animal, alors sacrifié, présentait les lésions d'une néphrite parenchymateuse aiguë.

La glycosurie uranique peut être assez intense : A un chien de 15 kilogrammes j’ai injecté sous la peau 12 centigrammes de nitrate d’urane dans 12 centimètres cubes d’eau. Le lendemain l’urine renfermait, par litre, 0 gr. 5 d’albumine; pas de sucre; le surlendemain, l gramme d albumine et 14 grammes de sucre, bien que l’animal fût resté à l’inanition, à partir du moment de l'injection.

1. Chittenden et Lambert. Untersuchungen über die physiologische Wirkung der Uransalze. ( Zeitschrift fur Bioloyie, 1889, XXV, p. 518).

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