Voir plus haut, p
4. Herbert Frenoh etTicEHURST. (Gùy's Hospital Reports , L, p. i.>3).
THAL'.MATISMlîS
strict, le sucre, qui dépassait 100 grammes par jour, est tombé à lu grammes. Transitoirement, l’urine a renfermé un peu d acétone.
J’ai observé le cas suivant de diabète traumatique chez un alcoolique :
Manœuvre, âgé de trente-six ans, buvant beaucoup de vin et d’absinthe. Le 15 février, étant d ailleurs en parfait état de santé, il lit, dans son escalier, une chute sur l'occiput. Il se releva seul; mais, mal à son aise, il passa la journée chez lui, se plaignant d’un violent mal de tête.
Le lendemain, il voulut se rendre à son travail, prit du café, b* vomit; et, souffrant toujours de lu tête, resta encore à la maison. Le jour suivant, épistaxis; puis léger délire; il eut même des hallucinations. Le septième jour à partir «le l'accident, sa femme, de qui nous tenons ces renseignements, fort précis d’ailleurs, le lit admettre à ma clinique :
A son entrée, on n'a pas remarqué de lésions tics parties molles à l'occiput. Il était très abattu et répondait difficilement aux questions. Ni raideur, ni parésie, les réflexes rotuliens étaient brusques; le signe de Keruig n'existait qu’à l'état d ébauche. La sensibilité générale a paru, peut-être, un peu exagérée^). Les pupilles, égales, réagissaient bien à la lumière et à l’accommodation.
Bruits du cœur réguliers. Pouls à HO, de tension moyenne. Température un peu élevée (38 b', eu égard au chiffre du pouls. Rien de notable pour les autres organes. L’urine ne renfermait ni sucre ni albumine. Les jours suivants, la température devint normale. Une ponction lombaire donna issue à 30 centimètres cubes de liquide coulant en jet. «d dont la couleur était très légèrement teintée. Après centrifugation, culot très petit, présentant à l’examen microscopique quelques globules rouges et un nombre exagéré de lymphocytes.
L'état du malade s'est amélioré progressivement. Une nouvelle ponction, pratiquée six jours après la première, donna encore issue à un liquide en hypertension, très légèrement coloré.
Deux jours après cette ponction, le malade a voulu sortir, pour reprendre son travail; «d, malgré les recommandations qui lui furent faites, il a aussi repris ses habitudes alcooliques. Jusqu'au commencement de juillet, on n'a rien remarqué d anormal;
KTIOLOUIE
puis il a maigri et a perdu scs forces, bien que l'appétil fût augmenté, ainsi que la soif. La nuit il se levait plusieurs fois pour boire et pour uriner. Vu sa faiblesse, il s’est décidé à rentrer à 1 hôpital le 10 aoôt.
L’examen des organes n'a révélé d’anormal qu’un foie gros et dur. Pas de symptômes nerveux appréciables , sauf l’abolition des réflexes rotuliens qui, lors du précédent séjour, étaient exagérés.
Par vingt-quatre heures, le malade rendait 8 litres d une urine renfermant 400 grammes de sucre, dégageant l’odeur d’acétone et présentant, avec le perchlorure de fer, la réaction de Gerhardt.
Environ trois semaines plus tard, ce malade est mort dans le coma acétonémique.
Autopsie. — La partie antérieure du lobe frontal droit était en partie détruite. A sa place il existait une cavité du volume d’un gros œuf de pigeon, à paroi ocreuse. Cette cavité, évidemment consécutive à un foyer hémorragique assez considérable, se prolongeait en arrière, sous forme de fente, dans une étendue de plusieurs centimètres.
A la face supérieure du bulbe, exclusivement à droite, le corps restiforme adhérait avec le cervelet par des tractus pie-mériens de tissu conjonctif assez dense. Selon toute vraisemblance, ces tractus étaient le reliquat d’un travail inflammatoire consécutil à des lésions traumatiques des parois du 4P ventricule. On sait, par les travaux de Duret, que de telles lésions peuvent être la conséquence directe de la commotion cérébrale. — Sur le plancher lui-mème et sur de fines coupes perpendiculaires au plancher, on n’a rien remarqué d’anormal.
Je n’hésite pas à affirmer qu’il existait dans ce cas une relation causale entre le traumatisme et le diabète. Cette affirmation, si cet homme était tombé non dans son escalier, mais à l’usine, aurait, à cause de la loi sur les accidents du travail, une assez grave portée. Mais, d’autre part, je n’aurais pas manqué d’indiquer dans mon certificat que l’alcoolisme avait aussi joué un grand rôle dans l’évolution du diabète.
L’interprétation du cas précédent n’est, en somme, pas très embarrassante. Mais il en est de plus difficiles. D'une ma-
TRAUMATISMES
nière générale, je suis porté, je l’avoue, même dans les cas où il existe une cause de diabète autre que le traumatisme à ne pas écarter l'influence possible de ce dernier. La palliogénie du diabète est généralement très complexe. Il ne faut donc négliger aucun élément.
Le début réel du diabète doit d’ailleurs échapper à beaucoup de malades, soit qu’ils s’observent mal, soit qu’ils ne le fassent dater que de l’apparition de la polvdipsie, ou de la polvurie. On doit donc admettre qu’il est, en général, plus rapproché du traumatisme qu’ils ne le croient.
J’admets toutefois, parce que cela résulte d’observations cliniques précises, et notamment de l’observation précédente, que parfois le diabète ne succède au traumatisme qu’après un certain temps (sorte d’incubation?). Le fait parait assez difficile à expliquer; mais sa réalité n est pas douteuse
Kausch " est d’avis que les traumatismes ne déterminent que fort rarement le diabète, et que, dans beaucoup de cas où l’examen de l’urine après l’accident décèle du sucre, il s’agissait d'un diabète préexistant '. Je ne nie pas (pie celte éventualité se présente souvent. Mais il faut, je crois, se garder de la considérer comme la règle ; car, si l’on conteste l’influence des traumatismes, comment expliquer les cas — et ils ne sont pas rares — où le diabète guérit après avoir duré seulement
1 Ou peut observer cette incubation même chez le jeune enfant: un bébé de sept mois tombe des bras de sa nourrice; immédiatement, accès d’éclampsie suivi de vomissements, de ralentissement du pouls, etc. — Nouveaux accès la nuit suivante. Ce n’est que quaire semaines plus tard que se montrent la polyurie et les autres signes du diabète, auquel l’enfant a succombé au bout de trois mois. Hossbach. (Berliner klin. Wochensch., 1874).