‹ Le diabète sucréChapitre 415 sur 654 · CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

CORPS THYROÏDE

Nous avons vu dans le chnpilrc des glycosuries que l’ urine des basedowiens présente parfois, d’une manière transitoire, des traces de sucre. — On rencontre aussi parmi eux de vrais diabétiques, ainsi que le montrent les observations dont je donne, en note, l’indication bibliographique1 et auxquelles on pourrait joindre quelques autres que j’ai laissées de côté, parce qu'elles manquaient de détails, par exemple celle du basedowien de Potain qui rendait, en vingt-quatre heures,* 10 litres d’urine sucrée.

Dans plusieurs de ces faits l’absence de renseignements explicites ne permet pas d’affirmer l’antériorité de la maladie de

! Dumontpaluer. (C. H. de la Société de Biologie, 1 807, p. 116). (60 grammes de sucre par litre). — Laudkr-Brunton. (S'-Bartliol. Hospital lleports, 1874. X, p. 253) (beaucoup de sucre). — Wilks. (Lancet, 1 875, 13 mars) (300 grammes de sucre par jour). — O’Neill. ( Lancet . 1878. 2 mars) (beaucoup de sucre). — Hartmann. (Inaug. Uisserl., Tubingcn, 1878) (2 cas avec beaucoup de sucre). — I'avy. (British Med. Journal, 1885, 5 déc.). — Hahnes. ( Brilisli Med. Journal, 1889, 17 juin). — Budije (cité par Souques et Marinesco. voir plus loin, beaucoup de sucre dans l’un des cas). — Cohen. (Inaug. Dissert., Berlin, 1891, 21 grammes de sucre par litre). — Gauthier (cité’ par Üiénot, voir plus loin, 40 grammes de sucre par litre). — Mannheim (cité par Souques et Marinesco, 20 grammes de sucre par litre). — Hanemann. (Inaug. Dissert., Berlin. 1895) (femme de trente et un ans). Goitre puis basedowisme, puis diabèteavec aeétonurie. — Bettmann. (Miinch. med. Woch., 1896, 8 déc.), (140 grammes de sucre par jour). — Souques et Marinesco. ( Bulletin médical, 1897, p. 564), (330 grammes de sucre par jour). — Pitres. (ld., 1897, 18 août), (51 grammes de sucre par litre). — Cannois. ( Lyonmédic ., 1897), (81 grammes de sucre par jour). — Grawitz. (Fortschritte der Mcdicin, 1897, 25 nov.), (45 grammes de sucre par litre). — Diènot. (Thèse de Lyon, 1898). Cette thèse renferme une observation inédite de mon service (plus de 50 grammes de .sucre par litre — acétonémie). — Kûster. ( Ncurolo gisches Centralbl., 1900. p. 351), (57 grammes de sucre par litre et acétonémie). — Pikry. (Bulletin de la Société méd. des hôpitaux de Lyon, 10 oct., et Lyon méd., 1902), (210 grammes de sucre par jour). — Morris Manges. (Schmidt' s Jahrbücher, 1902, p. 273), (femme de quarante-quatre ans, avec atrophie du pancréas). — Hauthwerger. (Inaug. Dissertai., Berlin, 1905), (deux femmes, l’une de trente-quatre ans, basedowisme, puis diabète intermittent, l’autre de vingt-sept ans, avec goitre, puis basedowisme, puis polyurie et glycosurie).

S Y ST KM E Cil ROM V F F I N E

iia

Basedow, cl, d’après Souques cl Marinesco « a priori, rien ne s’oppose à ce que le diabète serve de cause provocatrice au goitre exophtalmique. » Mais cette éventualité parait fort rare, car l’antériorité du diabète n'a été, à ma connaissance, constatée que dans un seul fait, celui de Grube ’.

Quoi qu’il en soit, il existe une relation entre le diabète et la maladie de Basedow. — Dans l’état actuel de la science, on pourrait supposer qu’une sécrétion thyroïdienne (altérée) est lu cause directe de la production du diabète. Mais celle hypothèse ne me parait pas suffisante : Elle n'explique ni la coïncidence de la maladie de Basedow et du diabète chez différents membres d’une même famille1 2, ni l’apparition du diabète chez des malades ayant eu antérieurement du basedowisme, mais guéris.

S Y ST ï: MF. C H RO M A FF I N K

On doit à Stilling d'avoir montré que les cellules ayant de l'affinité pour le chrome, et que I on sait aujourd'hui renfermer de l’adrénaline, n’existent pas seulement dans la partie médullaire des capsules surrénales, mais, en connexion avec des fibres sympathiques, dans l'abdomen, dans h* ganglion carotidien, etc. Or, l'anatomie pathologique du système chromaffine, dans ses rapports avec le diabète, est toute à faire; et, malgré le grand nombre de travaux qui ont eu pour objet la capsule surrénale, on ne l'a pas encore sérieusement étudiée chez les diabétiques. Quelques faits, purement cliniques, fort rares, et peu

1 Voir Gîte be. [Zeitschrift für klinische Medicin, 1895. XXVII).

2. Ueene Macthy [liritish Med. Journal, 1889, I, p. 1052) a rapporté les faits suivants :

1° Un homme de soixante-dix ans meurt de diabète; sa fille, âgée de quarante ans. de la maladie de Basedow ;

2U La sœur d'un diabétique meurt de la maladie de Basedow ;

3° Deux sœurs meurent de diabète aigu, l'une a neuf ans, l’autre a dix ans; la troisième, âgée de quinze ans, est atteinte de basedowisme. — Voir aussi : Schmey. ( Centralblatt für innerc Mc licin 1897. |>. 1039).

ÉTIOLOGIE

probants, permettent seuls de soupçonner une relation causale entre une hyperépinéphric et le diabète :

Burgbart 1 2 3 a rapporté l’observation d’une femme de trenteneuf ans, admise à la clinique de Leyden, pour un diabète grave, dont les signes positifs remontaient à quatre mois. Celle femme présentait, de plus, une tumeur du flanc gauche, qui, à l’autopsie, fut caractérisée comme sarcome de la capsule surrénale. Le pancréas était sain.

J’ai moi-mème publié le cas suivant", dont voici le résumé :

Une femme de soixante-quatre ans, atteinte depuis deux ans d’un diabète grave, fut reçue à ma clinique dans un état de demi-coma préagonal. La mort survint quelques heures après. L’urine renfermait 9 grammes de glycose par litre.

A l’autopsie, le sang du cadavre en contenait plus de 2 grammes (bien que trente-six heures se fussent écoulées depuis la mort); pancréas sain ; la capsule surrénale droite était le siège d’une tumeur dont le volume dépassait celui des deux poings et qui avait l’apparence d'un sarcome.

11 m’a paru très probable, quoiqu’on n’ait aucune certitude à cet égard, que la lésion de la capsule pouvait être antérieure au diabète, attendu (pic ces tumeurs ont souvent, au début, une marche très lente

On a parfois observé une glycosurie fugace chez des brightiques A la période préalbuminurique, ou tout au moins à la première période du brightisme. J’ai moi-mème suivi, de très près, un cas inverse en quelque sorte, où le diabète a débuté par des symptômes d’hypertension. C’était chez un de mes clients, Agé actuellement de soixante et onze ans, appartenant à une profession libérale, sans tare héréditaire connue, mais ayant lait des excès de vin. Il jouissait d’ailleurs, il y a environ vingt-six

1 . Burchaut ( Vercin fiir inneve Mcclicin, X\ I, là mars 1897).

Page 1