POIDS LIMITE D’ASSIMILATION
SUCRES 'les chions — . ■—
en kilogr. en gr. par kil.
Saccharose 2.8 10 3,6
Glycose 2,5 à 2,6 5à6 1,9 à 2,3
Sucre de lait 2,5 2.6 1 2 0,4 0,8
Galactose 3,5 2,6 0,5 1 0,2 0,2
Ce tableau montre combien l’assimilation des sucres, chez le. chien, diffère de ce qu’elle est chez l'homme.
En 189;j, Linossier et Roque2 étudient, d’une manière très précise, la saccharosurie et la glycosurie consécutives à l’ingestion du sucre de canne, chez l’homme, et concluent que « chaque sujet, au lieu d’une limite d’assimilation, a plutôt un coefficient personnel d’utilisation, coefficient toujours très élevé à l’état de Santé variant de 97 à 99 p. 100 du sucre ingéré (quand ce dernier n'est pas en quantité excessive) ».
L'important mémoire de Linossier et Roque a été suivi d’un bon nombre de travaux qui seront analysés plus loin.
l’acétonémie, complication des diabètes graves
C’est également dans la période consécutive à Cl. Bernard qu’a été découverte l’acétonémie, qui aboutit souvent au coma.
On avait, depuis longtemps, observé que certains diabétiques
1. Hokmeisteh. [Archiv fiir exper. Path. und Pli , 1889. XXV.)
2. Linossier et Roque. Contribution à l’étude de la glycosurie alimentaire. (Archives de médecine expérimentale, 1er mars).
L'ACETONEMIE
tombaient tout à coup dans le coma après une courte période de dyspnée et ne tardaient pas à succomber.
V. Stosch a rapporté l'histoire d'un de ces malades, mort dans un état comateux qu’il attribua à l’opium; mais nous pouvons, rétrospectivement, rectilier cette interprétation : c'est bien un cas de coma diabétique. Un peu plus tard, Prout n’hésite pas à reconnaître que certains états comateux dépendent du diabète; et il insiste sur la diminution de la sécrétion urinaire '.
En 1854, v. Dusch relate l’histoire d un jeune diabétique qui tomba brusquement dans le coma, suivi de mort, le même jour. La respiration était rapide et profonde*.
Hodges (1843) avait noté l'odeur étrange exhalée par certains diabétiques. Petters 1 2 3 4 5 6 eut le mérite de reconnaître l’existence probable d’acétone dans l’urine et dans le sang d’une femme diabétique qui succomba avec un abaissement de la température, et de l’anurie.
Kaulich * confirma la présence de l’acétone dans l’urine de plusieurs diabétiques et tenta d’esquisser la symptomatologie de l’acétonémie. Il reconnut de plus que celte intoxication n’était pas spéciale au diabète; enfin Itupslein *, assistant de Frerichs, mit la découvert»' de ses prédécesseurs hors de doute, en retirant de l’urine d’une diabétique, qui jouissait d’ailleurs d’un état général satisfaisant, 40 centimètres cubes d’un liquide qu’il put identifier avec l’acétone.
Kussmaul, en 187 4, expérimenta la toxicité de l’acétone * :
A un lapin, il injecta 3 grammes d’acétone sous la peau ; à un chien KJ grammes ; è un autre lapin il lit inhaler 8 grammes de
1. Y. Stosch. Versuch cincr Path. und Thérapie des Diabètes mellitus. Berlin, 1828.