INFLUENCE DE DIVERSES MATIÈRES PROTÉIQUES
Y. Mering 1 a répété cette expérience chez un diabétique au régime exclusif de la viande depuis onze jours, et qui rendait 34 grammes de sucre en moyenne. L'addition de 300 grammes de caséine a fait monter le sucre à 61 grammes.
De tels résultats paraissent au premier abord décisifs. Mais la critique ne saurait perdre scs droits : Pflueger fait remarquer que pendant la période antérieure h la caséine le malade a pu accumuler du glycogène*. Cette objection me semble de peu de valeur. Plus grave, selon moi, serait celle qu’on pourrait fonder sur la supercherie du malade. C’est une cause d’erreur avec laquelle il faut toujours compter.
Mais un certain nombre d’expériences concordantes, dues à d’autres observateurs, témoignent dans le sens de celle de Kiilz ; aussi, pour le moment, on peut admettre que, toutes choses égales, la caséine donne plus de sucre que d’autres matières albuminoïdes. 11 en est de même du pancréas, ainsi que l’a remarqué Lülhje : un de ses malades, avec une alimentation d’ailleurs abondante (600 grammes de bœuf, 250 grammes de saucisses, et 0 œufs), excrétait environ 50 grammes de sucre. Avec une quantité de caséine bien moindre (400 grammes de nutrose), il en rendait 70 grammes ; et. avec I kilogramme de pancréas frais, 60 grammes ; tandis qu’avec la même quantité de thymus il restait aglycosurique. I ne quantité équivalente d’ovalbumine donnait 10 à 12 grammes ‘. Ces différences tiennent en grande partie à des idiosyncrasies. J’ai pu suivre de très près un diabétique grave, qui ingérait quotidiennement, sans excréter pour cela plus de sucre, une
I V Mbrikg. (Zeitschrift für prakt. Medicin, 1876, p. 431).
- Ufluecek parle aussi de glycosides « hypothétiques ». La réalité de ces glycosides a été rendue vraisemblable, dés 1891, par le dégagement de sucre «à 58° dans le sang défibriné (Lépineet Barrai), puis démontrée par les beaux travaux de Pavy, et surtout par le dégagement de sucre au moyen de l’émuline et de l’invertine (Lépine et lioulud). (Voir p. 65.)
3. Lüethje. ( Zeitschrift für klin. Medicin, 1900. XXXIX, p. 417).
Lépine.
Mi
forte quantité de fromage frais. Stradomsky a vu, chez deux diabétiques, que le loie 1 et le poisson amenaient une glycosurie plus abondante qu’un môme poids de viande2 3 4. Falta* dit que chez certains diabétiques on a pu faire cesser la glycosurie en supprimant le jaune d’œuf. Au contraire, chez deux malades de lherman l’alimentation par la viande a produit plus de sucre que les œufs. 11 est dillicile de donner une explication de ces faits contradictoires. Peut-être la promptitude avec laquelle la molécule d’albumine est dédoublée exerce-t-elle une sérieuse influence?
Quoiqu il en soit, l’observation clinique nous montre que, dans certains cas, l’on réussit à faire disparaître le sucre de l’urine sans réduire beaucoup l’ingestion des hydrates de carbone, mais en modérant l’ingestion des matières protéiques, de façon ù ce que l’urée de l’urine soit au-dessous de 0 gr. 5, ou môme 0 gr. 4 par kilogramme. C’est la preuve évidente quechez eux le trouble nutritif dépend, en grande partie, de la production de sucre par les matières protéiques.
Utilisation. — Abelmann, sur des chiens dépancréatés, avait constaté dans les selles de 46 à oG p. 100 de l’azote ingéré à l’état de viande5 6. Ces résultats furent, au moins en partie, confirmés par De Renzi, Cavazzani, Sandmeyer* et Rosenberg7. Chez quelques diabétiques, Hirscbfeld a trouvé aussi une forle proportion d’azote dans les fèces 8 . Mais il s’agitcertainemcnt de
I. J’ai dit (p. 294, en note) que, d’après une observation de Boulud, l’ingestion d'une certaine quantité de foie, chez un diabétique virtuel, peut être suivie de glycosurie.
2. St h a uo ms k y. (Zeitschrift für diaet. and physik. Thérapie, 1900, IV).
3. Falta. (Corresponde nzblatt für Schwcizer Aerzte. 1903, n° 22).