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CHAPITRE XII

COMPLICATIONS DU DIABÈTE

11 est exceptionnel que, pendant la durée plus ou moins longue d’un diabète sucré, il ne survienne pas quoique complication. Souvent elle apparaît à une période déjà avancée de la maladie; parfois elle est assez précoce pour déceler un diabète resté latent.

Les complications que I on rencontre chez les diabétiques sont nombreuses el variées. Nous traiterons d’abord de la plus importante, l’acétonémie De cette dernière, nous rapprocherons la lipémie, relativement rare et d’un intérêt moindre, mais qui, comme elle, dépend directement d’un vice de nutrition inhérent au diabète. — Puis nous décrirons le> complications organiques qui sont la conséquence de la dyscrasie diabétique, et particulièrement de l’acétonémie. La plus grave est le coma. Viennent ensuite les complications déterminées par l’intervention de microbes ayant trouvédans un milieu hyper-glycémique un terrain favorable à leur développement. Puis les complications accidentelles : la syphilis, les maladies aigui s, la grossesse. Entre ces complications purement fortuites et les précédentes, nous placerons le cancer, dont le développement paraît favorisé par le terrain diabétique.

ACÉTONÉMIE

L’homme, à l’état normal, excrète de l’acétone parle poumon et par le rein, mais en faible quantité (quelques milligrammes

COMPLICATIONS DU DIABÈTE

par jour). Pour qu’on puisse dire qu’il existe une acélonurie, il faut que la quantité excrétée soit beaucoup plus considérable; il faut surtout qu’à l’acétone se joigne au moins un autre corps acétonique, l’acide diacéliquè.

COUPS ACÉTONIQUES

Sous le nom de corps acétoniques, Geelmuydcn a groupé (et on a généralement accepté sa manière de voir-), l’acétone, l'acide diacétique et l’acide [j oxybutyrique.

L’acétone (ou diméthylkéton CIP — CO — CH8) estun liquide très volatil (il bouta -f- o6°), que Frérny a autrefois obtenu par distillation sèche du sucre de gomme et de l’amidon. Plus récemment, Cotton, en distillant, en présence de l’eau oxygénée, un grand nombre de substances alimentaires, ternaires et quaternaires, a constaté que toutes donnent plus ou moins d’acétone, « sauf naturellement celles dont la composition trop simple, par exemple l’acide oxalique, ne contient pas les éléments de la molécule acétonique et se transforme directement en acide carbonique 1 ». Si on mélange l’acétone avec l’acide chromique, on obtient des acides formique et acétique. En présence de l iodurc de potassium, il donne de l’iodoforme (réaction de Lieben).

L’acide diacétique (CH8 — CO — CIP CO OU) estun acide volatil, peu stable, qui donne avec le pcrchlorure de fer une belle coloration rouge (réaction de Gcrhardl). La réaction d’Arnold est plus sensible: c’est une coloration brune que I on obtient avec une solution de para-amido acétophénonc dans de l’eau acidifiée avec l’acide chlorhydriqne et à laquelle on ajoute du nitrite de soude2.

L’acide (ï oxybutyrique CIP — CHOU — CIP — COOII estun liquide de consistance sirupeuse, mais que l’on a pu obtenir en cristaux3,

1. Cotton. Action de l’eau oxygénée sur l’urine. Origine de l’acétone. [Lyon médical, 16 juillet 1 899, p. 360). Depuis ce travail, et en traitant diverses matières albuminoïdes avec d’autres méthodes, plusieurs chimistes ont obtenu de l’acétone. Voir Orgler (Festschrift de Leydcn, II, p. 41 1). — Blumenthal et Neuberg [Deuts. mcd. Woch., 1901).

2. Sur la Séparation de l’acétone et de l’acide diacétique, voir :

Folin, The Journal of Biogical Chcmistry, 111, p. 177, 1007.

Stuart Haut. Id.. 1908, june, IV, p. 477.

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