Beesly. ( British . Med. Journal , 1906, 19 mai
2. Si elle est plus rare avec le chloroforme, c’est, peut-être, parce que chez l’enfant on en consomme très peu pour une anesthésie.
ACÉTON KM I E DIABÉTIQUE
d'ailleurs qu'il faut s’entendre sur le mot diabète grave. Cette dénomination n’est pas applicable à tout diabète avec forte glycosurie. Chez certains arthritiques gros mangeurs le diabète n’a de gravité qu’en apparence.
Comme chez l'inanitié, c'est par l’augmentation de l’acétone urinaire que débute l’acétonémie diabétique. D’après v. Xoorden « quand l’acétone urinaire atteint 0 gr. 40 à 0 gr. 50 par jour, l’urine présente habituellement la réaction de Gerhardt, caractéristique de l'acide diacétique ; puis, quand l’acétone atteint 0 gr. 80 à I gramme par jour, on peut aussi, en général, déceler l’acide 'i oxybutyrique. — Enfin, si l’acétone arrive h 1 gr. 50, cet acide ne fait défaut qu’exceptionnellement ». Mais cette éventualité est possible.
Avec l'augmentation dans l'urine des acides diacétique et (3 oxybutyrique, la proportion relative de l’acétone exhalé diminue, naturellement. Mais, absolument, la quantité contenue dans l’air expiré peut être très forte", ainsi que le montre l’odeur aigrelette de 1 haleine. — Dans un cas de Schwartz (moyenne de trois jours), il y avait:
Vcétone et .acide diacétique dans l’air expiré. . . . 5 grammes.
— — dans l’urine 7 —
Acide J3 oxybutyrique — 44 —
Corps acétoniqucs, pour un jour (comptés comme
acide (5 oxybutyrique) 56 grammes.
On comprend qu'en présence de cas de ce genre, Naunyn ait proposé le nom d'acidose. En effet, pour neutraliser 50 grammes de corps acétoniqucs, il faut plus de 50 grammes de bicarbonate de soude. L'ingestion, et même 1 injection intra-veineuse de doses énormes de ce sel laisse l’urine acide, ainsi (pie je l'ai plusieurs fois constaté.
1 V. ISoordkn. (Handbuch der Pathol, des StoffvrechseU, II. p. 74).
2. Le Go ff (C\ II. de l'Ac. des Sciences. 1603, 20 juillet) croit avoir pu déceler dans l'air expiré par un diabétique acétonémique, outre l’acétone, d’autres substances contribuant à donner la réaction de Lieben.
COMPLICATIONS OU DIABÈTE
Ces cas s’accompagnent généralement de coma, et se terminent presque toujours par la mort.
Chez le malade de Schwartz, la proportion des corps acéloniques exhalés s’élevait à peu près à 10 p. 100 de la totalité. — Dans un autre cas du même auteur (moyenne de huit jours), elle était deio p. 100. — Mais, en général, cette proportion n’est pas atteinte ; car l’acide (3 oxybutyrique n’étant pas volatil, ne s’élimine que par le rein. De plus, l’acide diacétique peut être beaucoup plus abondant que l’acétone 1 ; dans ce cas, comme nous 1 avons déjà dit, l’excrétion se fera presque exclusivement par le rein. Môme dans certains cas de diabète grave, — et Waldvogel en publie des exemples, — on n’a pas trouvé, certains jours, trace d’acétone dans l’air expiré: tout a passé par l’urine.
11 résulte de ce qui précède (pie les relations des trois corps acétoniques entre eux sont variables. Dans quelques cas exceptionnels, on a noté, pendant plusieurs jours consécutifs, un certain parallélisme entre l’acide fi oxybutyrique d'une part, et, d’autre part, l’acétone et l’acide diacétique. Mais il est plus commun de trouver un rapport inverse. En effet, si l'acide fi oxybutyrique se dédouble mal, il sera excrété en proportion relativement forte, et inversement. — Enfin, dans le pl us grand nombre des cas, on ne saisit pas de relation entre les trois corps. Voilà pourquoi des dosages ne portant que sur l’acétone ne permettent pas de juger la marche d’une acétonémie.
11 faut d’ailleurs savoir que l'acétone ne dérive pas nécessairement de l’acide fi oxybutyrique.
L’abondance de l’acide diacétique dans l’urine dépend aussi de conditions particulières et contingentes. D’après Albertoni, si on fait ingérer à un chien de l’acide diacétique, on ne trouve dans son urine que de l'acétone, à moins qu’on ne lui administre con-
I. WALDvor.EL, admet que dans le diabète grave la quantité d’acide diacétique de l’urine doit dépasser celle de l’acétone. 0 grammes d’acétone correspondent à 10 grammes d’acide diacétique.
ACÉTONÉMIE DIABÉTIQUE 529
curemment du bicarbonate de soude1. Ainsi, chez un malade dont l’urine acide renferme seulement de l’acétone, on ne peut affirmer que le sang ne renferme pas d’acide diacétique.
Strzyzowski, Rabow2 et Schilling" ont obsçrvé qu’en additionnant de o p. 100 de formol l'urine de certains diabétiques graves, et en la laissant vingt quatre heures à la température du laboratoire, ou mieux à 60°, elle acquiert une belle fluorescence, qui, d’après Schilling, ne serait pas due à la présence des corps acéloniques. Mais cette opinion paraît mal fondée, et il semble au contraire résulter des recherches de Michaud qu elle est due à l'acide diacétique, lequel se décompose en présence du formol *.
Relation entre 1 acétonémie et la glycosurie. — Cette relation est complexe.
D’une manière générale (il y a des exceptions), l’acétonémie ne se produit pas dans le diabète léger. On en conçoit la raison; dans ce cas, en effet, le malade a conservé en grande partie son énergie glvcolvlique ; par conséquent, la principale des conditions productrices de l’acétonémie fait défaut. Mais si, par une rigueur exagérée du régime, on le prive trop complètement d’hydrates de carbone, on observera à la fois la disparition de la glycosurie et l’apparition de l’acétonémie.
Influence des hydrates de carbone — Si à un sujet atteint de diabète * de moyenne intensité, avec acétonémie, on fait ingérer des hydrates île carbone en abondance, la glycosurie
1 Alhertoni. ( Archives italiennes de Biologie, V, p. 94).