Waldvogel. [Loc. cit., p
5. Desguez et Saggio. [C. II. de la Soc. de Biol., 1997, 12 oct.).
ACÉTONÉMIE DIABÉTIQUE
L'injection intra-veineuse d’une solution aqueuse, rendue isotonique par 1 addition d une quantité convenable de NaCl a amené la mort chez le lapin.
Pour l’acétone à la dose de 4 gr. 3 par kilogr.
— l’acide diacétique — 2gr. 2 —
— l’acide fl-oxybutyrique .... — 1 gr. 0 —
Dans les mêmes conditions, l'acide lactique s’est montré un peu plus toxique que l’acide ,3-oxy butyrique. Quant à 1 acide butyrique, il l’est beaucoup plus (près de cinq fois plus), U gr. 33.
Les données précédentes nous donnent une idée, au moins approximative, de la toxicité probable de 1 acide â-oxybutyrique chez l’homme.
Desgrez a aussi étudié l'effet d’une in jection sous-cutanée quotidienne, pendant deux mois, do faibles doses de chacun des trois corps acétoniqucs. L'effet le plus net a été une diminution de la diurèse, qui a été en rapport avec leur toxicité. En effet, la quantité journalière d'urine a été:
Chez un cobaye témoin 47 cm1
— intoxiqué par l’acétone 37 —
— — l’acide diacétique 29 —
— — {i-oxybutyrique . . 19 —
Ces résultats, qui viennent heureusement compléter les notions que nous possédons déjà quant à l’action nocive des corps acétoniqucs sur le rein1, nous donnent une explication de l’anurie si fréquemment observée chez les diabétiques comateux.
Réaction de l'économie contre la diathèse acide. — Pour neutraliser 100 grammes d’acide â-oxybutvriquc il faut 22 gr. I de soude caustique. 11 possède donc une forte acidité. Or les travaux deMagnus Levy ont prouvé que certains diabétiques peuvent en excréter pendant des semaines plusde 50 grammes par
1. Voir plus loin les lésions rénales, p. 552, et le chapitre du coma. p. 580. Voir aussi : Waldyogkl. ( Loc . cil., p. 238).
COMPLICATIONS DU DIABÈTE
jour. Ainsi est créée chez les malades une diathèse acide comparable ù celle que cause l'ingestion quotidienne d’acides minéraux, à petites doses, et dont le pouvoir nous est connu depuis les travaux de l’Ecole de Schmiedeberg. — Les lapins n’y résistent pas. Mais 1 organisme cl u chien est mieux adapté fisc défendre contre l'acidose1 2 3.
1 leiss - a observé que l’ingestion quotidienne de 4à9 grammes d’acide lactique à un petit chien, pendant plus de trois centsjours consécutifs n’a produit ni une augmentation de la chaux et de la magnésie excrétées, ni une déminéralisation du sang, des muscles et des os. Ce résultat négatif confirme lofait bien connu qu’un organisme sain résiste à l’intoxication acide.
Dans le cas précédent, c’est probablement en détruisant, par oxydation, l’acide organique que s’est effectuée la défense de l’organisme. C’est peut-être aussi en produisant de l’ammoniaque, procédé qu’emploient les carnivores pour résister à l'intoxication avec les acides minéraux. En tout cas, les grands acétonémiques, qui ont perdu au moins en partie le pouvoir d'oxyder l’acide (3-oxybutyrique ébauchent leur défense, quand leur énergie réactionnelle n’est pas trop affaiblie, en excrétant journellement de fortes quantités d’ammoniaque *.
La première constatation à cet égard est bien antérieure à la connaissance que nous avons maintenant de l’acidose. Elle est due ù notre grand chimiste Boussingault, qui, dans un litre d’urine diabétique, trouva I gr. G d’ammoniaque, c'est-à-dire plusieurs grammes par jour. Mais celle importante découverte passa inaperçue, et l’intérêt de l’ammoniurie diabétique resta ignoré
1. Voir sur les effets des acides les travaux de Scheteuo. (Virchow's Arch., 1880, LXXXil, p. 437). — Goethgens. [Zeitschrift für physiol. Cliemie, 1880, IV, p. 30). — Biuel. ( Arcliiv für exp. Pathologie, 1893, XXXIII, p. 79).