MALADIES FÉBRILES
Les diabétiques ne paraissent pas être particulièrement susceptibles de contracter les maladies infectieuses saisonnières ou autres1. Mais, vu la diminution de leur résistance vitale, on peut s attendre à ce que ces maladies soient plus graves chez eux, et les faits confirment cette prévision.
Pneumonie. — J’ai vu, comme Bouchardat, des diabétiques jeunes succomber en quarante-huit heures à une pneumonie. Mais ces cas, foudroyants en quelque sorte, sont devenus rares. En effet, ils ne se rencontrent guère que chez des diabétiques ne suivant aucun régime, soit que leur diabète ait été méconnu, soit pour un autre motif. Or, ce type de diabétique est devenu relativement moins fréquent.
J’en ai observé un cas chez un nouveau marié d’apparence herculéenne, obèse et dont le formidable appétit faisait l’admiration des siens. On ne soupçonnait pas qu’il fût malade quand, subitement, il fut atteint d’une pneumonie caractérisée par une matité étendue è une grande partie du poumon gauche et par de nombreux râles crépitants. C’est à ce moment que je fus appelé ii le voir, et qu’en examinant l’urine je fis la découverte du diabète. La mort survint le troisième jour.
D'autre part, une pneumonie peut évoluer chez certains diabétiques comme chez les sujets sains. J'ai vu trois cas de ce genre; dans un de ces cas, le diabète, assez grave, entraîna la mort l’année suivante par phtisie pulmonaire. Naunyn dit aussi avoir observé des pneumonies bénignes chez des diabétiques graves.
i. On peut même se demander si le terrain diabétique ne serait pas un mauvais terrain pour certaines d'entre elles. Ainsi le rhumatisme articulaire aigu n’est pas fréquent chez les diabétiques : il est vrai que la- plupart des diabétiques ont passé l’âge où l'on est le plus exposé à cette maladie.