‹ Le diabète sucréChapitre 589 sur 654 · MALADIES FÉBRILES · texte numérisé non relu

MALADIES FÉBRILES

Fièvre typhoïde. — On a plusieurs fois pu suivre l’évolution d'une lièvre typhoïde chez un diabétique. Ebstein 1 * en cite ti observations, et on en a, depuis son mémoire, publié plusieurs. La symptomatologie de la fièvre est souvent modifiée, et la terminaison par coma diabétique a été plusieurs fois observée s.

Il résulte, en somme, des faits connus, que le pronostic de la fièvre typhoïde est plus grave si elle évolue sur le terrain diabétique. Ce n’est pas que l’infection devienne plus intense, mais diverses complications, entre autres le coma, peuvent amener la mort. Rénon 3 a vu succomber un de ses malades à une hémorragie intestinale foudroyante ; et, peu après, Marfan 4 publiait l’observation d’un obèse de trente-trois ans, dont l’urine renfermait par jour de 150 à 250 grammes de sucre, et qui, à la troisième semaine d’une fièvre typhoïde, fut pris d’une hémorragie intestinale, que Fauteur évalue à 1 litres.

Il a été question, précédemment, de rinlluence des maladies aiguës sur la glycosurie, — quant à leur influence sur l’évolution ultérieure du diabète, — en général, elle ne parait pas heureuse. La grippe surtout aggrave presque toujours le diabète d’une manière très fâcheuse.

Glaessner a publié une observation tendant à prouver qu'un diabète pourrait être guéri â la suite d’une pneumonie

Il s'agit d’une femme de cinquante-quatre ans, très amaigrie depuis quelques mois, ayant environ 30 grammes de sucre par litre (133 grammes par jour), avec acétone et acide diacétique. Survint une pneumonie qui diminua, puis fait disparaître le

1 Ebstein. ( Deutsche s Arc Idc fur klin Mcdicin, 1881, XXX, p. 20).

2. Von Ent.kl. (Prag. med. W'och., 1891. n° 28. 15 juillet). — La même terminaison a été aussi maintes fois observée à la suite de l'infiuenza. — Vov. Hirsch kelu . (Berliner klinische Woch ., 1900. n° 25).

3. 1.. Rknon. ( Bulletins cl Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 4 déc. 1903).

4. Mabfan et Iscovesco. ( Bulletins et Mémoires de la Soc. midL. des hôpit. de Paris, 29 janv. 190»).

5. Karl Glaessner. ( Wiener klinische Wochcnsch., 1906. n° 29 .

COMPLICATIONS DU DIABÈTE

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sucre. Trois mois après, malgré l’ingestion de KlO grammes de glycose, l’urine, de quantité normale, ne renfermait ni sucre, ni acétone.

DIABÈTE ET GHOSSliSSE

Une grossesse survenant chez une femme diabétique se présente généralement dans des conditions peu favorables, pour la femme et pour l’enfant ; ajoutons que la grossesse peut aggraver beaucoup le diabète.

Influence du diabète sur la grossesse. — On a dit que les femmes diabétiques étaient relativement infécondes. Il est certain que le diabète peut indirectement mettre obstacle à la fécondation s’il a déterminé une métrite ou quelque lésion des annexes1. L’hyperglycémie est-elle, par elle-même, nuisible à la fécondation ? On ne saurait actuellement l’affirmer.

La conception effectuée, la grossesse se termine prématurément au moins deux lois sur cinq2. L’avortement se produirait avant le cinquième mois dans le tiers des cas, et il faut, de plus, mettre sur le compte du diabète un certain nombre d’accouchements prématurés. L’hydramnios n’est pas rare, et les hémorragies seraient assez fréquentes; elles seraient dues à des lésions vasculaires.

Influence du diabète sur le fœtus. — Schcnlc (cité par v. Noorden) dit (pie les femmes diabétiques ont plus de filles que de garçons. Quoi qu’il en soit, comme nous venons de le dire, le produit de la conception n’arrive pas à terme dans les deux cinquièmes des grossesses, et peu d’enfants, parmi ceux

1. On a signalé aussi l’atrophie de l’utérus chez les femmes diabétiques. Cette lésion expliquerait la fréquence chez elles de l’aménorrhée précoce (Klkinwachtkh et Gbakpe) .

2. Stengei.. ( Univcrsiti / of Pennsylv. Med. Bulletin, 1903, p. 296), donne une statistique un peu plus favorable.

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