‹ Le diabète sucréChapitre 86 sur 654 · Bohmann. Loc. cit. (Pflueger’s Archiv, t. XLI · texte numérisé non relu

Bohmann. Loc. cit. (Pflueger’s Archiv, t. XLI

APPORT DES HYDRATES DE CARBONE

Les travaux précédents n’ont d’ailleurs pas fourni la preuve décisive que le pouvoir inversif appartienne à la muqueuse. On peut supposer l'intervention de microbes. Mais il semble résulter des expériences de Miura que, dès la naissance, c'est-à-dire avant 1 envahissement du tube digestif par les microbes, la muqueuse de l’intestin grêle, surtout celle de la partie supérieure, est douée du pouvoir inversif1, à un faible degré d’ailleurs.

On admet que ce pouvoir inversif est dû à un ferment particulier-.

Tout le sucre de canne n’est pas interverti quand il est ingéré en abondance; Cl. Bernard, Drosdorfl etc., ont trouvé dans ces conditions (pie, après le chauffage en présence d’un acide, le sang de la veine porte possédait un pouvoir réducteur plus considérable.

J’ai répété ces expériences et, comme exemple, je citerai la suivante :

Chienne de 10 kilogrammes. A 11 heures du malin on lui ingère 150 grammes de sirop de sucre de canne renfermant GG p. 100 de saccharose, ce qui fait 99 grammes. A 3 heures et demie on trouve que le sang de la carotide renferme, pour 1 .000, 1 gr. 19 de glvcose, ce qui est un chiffre peu supérieur à la normale. Le sang de la veine porte en renferme davantage, l gr. 4G, et, après interversion par un acide, 1 gr. Go, compté comme c/l;/cose.

1. Mii'ha. Ist der Dunndarm im Stande, Rohrzucker zu invertirent [Zeitschrift fur Biologie, 1895, t. XXXII, p. 274.) Mais l’auteur ne spécifie pas qu’il ait fait des cultures, afin de prouver d’une manière certaine l’asepsie de la muqueuse.

2. Ce fermenta reçu différents noms: Berthelot l’a nommé ferment glycosique (1800). Donath (1875) lui a donné le nom à'invertine, Grebn celui d'invertase, Ddclaux celui de sucrasc. La dénomination d ’invertase est incorrecte, puisque le radical doit appartenir au corps à transformer ; celle de sucrase a le défaut de n’ètre pas très précise. Le mot saccharose serait préférable.

3. Dhosdorkf. Uebcr die Résorption der Peptone, des Rohrzuckers, etc. ( Zeitschrift fiir physiolog. C hernie, 1877, t. I, p. 2123).

DÉDOUBLEMENT DU LACTOSE

Dédoublement du lactose. — Dastre 1 2 3 4 * * a, le premier, montré que le lactose n’est pas utilisé par les tissus en tant que lactose, qu’il a besoin d’étre dédoublé, et que ceux-ci ne sont pas capables d’opérer ce dédoublement. De nombreux travaux ont pleinement confirmé ces conclusions v

Le dédoublement du lactose ne se fait pas dans l'estomac '. On ne peut même l’obtenir avec le suc intestinal in vitro (Dastre*, PregP, Mendel*). — Mais, d'autre part, de Jong7, Pau tz et Yogel8 * ont vu que le jéjunum d'un nouveau-né est capable de dédoubler, après quarante-huit heures de macération à i()°C., une partie du lactose.

Rohmann et Lappe ont trouvé, au moyen de la phénylhvdrazine * et de la fermentation, que la muqueuse de l’intestin grêle du veau et du chien (même adulte) peut aussi opérer ce dédoublement. La muqueuse intestinale du bœuf n’a pas cette propriété10. On ne saurait en être fort surpris, le lait n’étant pas un aliment normal pour le bœuf.

1. Dastre. Pouvoir nutritif du lait. [Archives de physiologie, 1889, p. ~ i «> ; Transformation du lactose dans l’organisme. (/</., 1890 p. 103).

2. Un des plus récents est celui de Riehl. Ist das fîewehe der Lunge im Stande Milchzucker zu invertirent Zeitschrift fin ■ Biologie, 1900, XL VIII, p. 309).

3. A bbot a constaté qu’en présence du suc gastrique a 37° pendant plusieurs jours, le sucre de lait n’est pas modifié. 'Zeitschrift fur Biologie , 1891. t. XXVIII. p. 279).

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