NAISSANCES A DIVERSES EPOQUES
Chiffre toUl..
Légitimes.. ..
Naturelles. ..
Pilles
29,806 19.414 10,592 14,742 Garçons 15,074
Mort-né s . ,
Ce tableau donne lieu aux remarques suivantes :
i** Le chiffre des naissances, qui était de 1 sur 25 habitants en 1827, est successivement descendu à 1 sur 26 en 1851, à 1 anrSl en 1855, et i 1 sur 50 en 1840. Il est de 1 sur 55 pour tout le royaume ;
i" Le chiffre des naissance* naturelles, par rapport aux naissances légitimes, qui était de 53 p. lUO, ou de plus de ■oitié en 1827, est descendu en 1831, i 54, en 1835, à 51, en 1840, i 47 p. 100. Il est de 8 p. lUO pour le reste du royaume;
3** Que le rapport des garçons aux filles, dans les naissances, est en moyenne de 104 i 100. La proportion est la même pour le reste du royaume (> ) ;
4** Que le rapport des enfants mortniés aux naissances, qvi avait été de 6 p. 100 en 1827, est descendu d'abord à 5-80 en 1831, pour suivre ensuite la progression régulière suivante : 6-17 p. 100 en 1835, et 6-60 p. 100 en 1840, ou 1 sur 15 naissances ^t). Il est de 5 p. 100 ou de 1 sur 32 naissances pour tout le rovaume. Le nombre des nais.ianreti infécondes est donc deux fois plus elevc i Paris que dan» \e reste de la France. C'est au moraliste à romplcler ici la Uclio du statisticien, et i rechercher si les agitations de la vi«, dans une grande cité, les anguifses, les privations, la misère, les excès en tout genre, ne sont pas les principales causes de celte différence.
Le tableau suivant du chiffre, par arrondissement, des en-
fonb mort-nés en 1836, par rapport aux naissances, peut conduire, i cet égard, à des inductions intéressantes :
1" arr.
1 sur 17 naiss.
arr.
1 sur 16 naiss
ir
Voici maintenant le rapport des naissances i la popuUtion pour les 12 arrondissements en 1856.
l^'arr. 1 sur 44 habitanU. 7<' arr. 1 sur 53-92 habitanb.
ir - —
Il est remarquable que le chiffre des naissances le plus i*lcvé se rencontre dans trois des arrondissements les pins pauvres, les 12', 9', 8', et viet reraïf, que le chiffre des naissances le moins élevé appartient aux trois arrondissements les plus riches, les 3', 2* et l"'. La même fait se reproduit pour les départemenla les plus pauvres et les plus riches de la Fronce (î).
DECES A DIVERSES KFOQUES.
1827 la-ïl 1855
r.hiffretoUI
Hommes
Femmes
A domicile-
Aux hospices.. . .
Dans les priions.
Corps déposés à
la Morgue
(I) Elle est également, à une fraction près, la même pour les autres capitales de l'Europe. Uufcland assure, après de nombreuses rcchcrrhes . que U proportion des deux set es dans les naissances est à peu près invariable pour le monde entier, et il la lise à 21 hommes pour 2U femmes. Quelques voyageurs ont pensé que dans les climats chauds il naît plus de femmes que d'hommes, idée qui leur est venue, san^ doute, à la vue des sérails où les riches orientaux tiennent un grand nombre de femmes enfermée» ; mais nous ne savon» pas qu'elle ait clé appuyée d'aucune statistique ; tandis que, d'après les registres de baptême tenus par les missionnaires de Tranquebar, d'après les états de population dressés par les Hollandais i Amboyne et i Batavia, enfin, d'après les renseignements pris à Bagdad et à Bombay, par Niebuhr, nous avons lieu de croire que la proportion des deux sexes est la même eu Orient et en Europe.
(S) Voici la même moyenne pour d'autres villes ou capitales :
1 sur 15 naiskanrcs à Hambourg. 1 sur 20 naissances i Berlin.
— 17 — Amsterdam. — 24 — Vienne.
— 17 — Dresde. — 27 — Londres.
— 18 — Francfort.
(3) C'est une preuve de plus à t'apiuii de la rclèhre thëuiie du docteur Duubleday, que l'accroissement de la pupulaliun est -u raison directe de la pauvret»*.
5i» LE TIROIR DU DIABLE.
Lm décès M divitent aimi qu'il tuit, par rtpporl i la popnlatioB, «ntrt les 12 wroodiMentaU :
1 décàa
sur
Remarquée, {° Ginsidéré par rapport k la population, le mouvement des décès a été de 1 sur 32 habitants en 1827, de 1 sur 30, en 1831, de 1 sur 39, en 1835, et de 1 sur 33 en 1840. Il est de 1 sur 40 pour le royaume. Cette diminution delà mortalité i Paris, inlerrompnc seulement et accidentellement en 1831, est un fait important i signaler, surtout si on le met en regard de cet autre résultat non moins significatif, la diminution des naissances. Il faut en conclure, en effet, que l'accroissement de la population dans Paris est produit, bien plus par le ralentissement de la mortalité que par l'excédant des naissances sur les décès, circonstance qui semble indiquer une amélioration sonsible de la vie matérielle dans les classes laborieuses. Ajoutons que ce phénomène économique se reproduit dans le reste de la France.
2** Le chiffre le plus considérable des décès se rencontre dans les trois plus pauvres arrondissements, les 8", IS*, 9*, et viee vers f , le chiffre le moins élevé dans les trois arrondissements les plus riches, les 1*', 3' et 2'. Dans les trois plus paurres arrondissements, la moyenne des décès est de 1 snr 77 habitants, et pour les trois plus riches, de 1 sur 52 ;
3" Le rapport des hommes aux Temmes, dans les décès, a varié aut diverses époques que nous avons prises pour types. Ainsi, en 1827, il était de 97 & 100, en 1851. de 98, en 1835, de 102, et en 1840, de 100; la moyenne eit de 99 p. lOC. Pour la France, ce rapport est d'nn peu moins de 103 i 100;
4** Le rapport du chiffre des décès dans les hospices et hôpitaui au total des décès, qui était de 38 p. 100 en 1827, est descendu Jk 36 en 1831, pour remonter à 37 en 1835, et se raaint..>nir k ce chiffre en 1840. La moyenne cit de 37. Le rapport des décès aux hôpitaux et à domicile, qui était de 63 p. 100, en 1827, est descendu k 60 en 1831, poiirremoiUcr à èl en 1835 cl 1810. Kniîn, le rapport des dcrés conslalés à la Morgue k la tolaljtc des décès a r«'|îulièrcnicnt décru de 1827 à 1840. AinM, il a clé de 1-55 p. 100 en 18i7, de 1-10 en 1831, de 1-08 en 1835, de 1 en 1840;
4" L'excédant des naissances sur les décès ou l'aiigmenlation annuelle de la population, abstraction Taile des immigrations, est en moyenno de 4,064 par an, soil 1 sur iil habitant* ^t). Pour la France, ce rapport c>l de 1 sur 270. Dan» un
(1) A Londres, les décès annuels sont en moyenne de 53 808, el les naisiunces de 61,272. L'accrni»»emenl annuel de population par l'exc/tddul des naissances sur les décès est dune de 10,464. Puur une population de 1,915,104 habitants, c'est un accroissement annuel do 1 sur 183.
(S) A Londres, la classification des causes des décès esit diiïerenle. Voici le bulletin hebdomadaire que publie l'adroinistralion anglaise; il est calculé sur les décès des cinq dernières années :
CausfS de$ Déceê. Moyenne hebdomadatre.
Epidémies, endémies et maladies contagieuses 178
Maladies dont le siège a varié ou n'a pu ^tre con:»l;Ué 111
— du cerveau, des nerfs el des sens , . 1 57
— des orjraiies respiratoires 286
— du cœur el de I) circulation 21
— des organes de la digestion 69
— dos orgiines génitaux 1 •'>
— des os, mu»cles, articulations ti
— de la peau 1
— de vieillesse 71
Morts «uliites, eicès el privations 26
Tol.ll îîTi
travail conscienc^ax de bu M. d« Monlfeirind, «nr U omttalité en France, on trouve qoe Pkris, ou si l'on veol U département de la Seine, est nn de ceux où les chances de U vie sont le plus défavorables. Ainsi, sur 1,000 naissances d« garçons, le nombre moyen de eenx qni atteignent lenr ■ajmrité s'élève i Paris i 457; c'est une des moyennes Im mvins élevées dn royaume. Dans la Fmnee entière, les décès masci»lins de 19 i 30 ans, sont, par rapport à la totalité, dans U proportion de 0,0685, tandis qa« dans Paris celle ^«portien est de 0,1197; de telle sorU que snr 15 jeunes gens de 19 à 30 ans qui succombent en France, il «n meui «su à Pkris. MAhm résultat i peu près pour les décès dn sexe féminin de 19 à 30 ans. Ces décès, pour le royaume, forment les 0,0711 dn chiffre total des décès, tandis qnc dans le dépnrieaent de U Seine, ils forment les 0,0992; c'e»l-4-dire que snr 19 fiimmri de 19 i 30 ans qni succombent en France, il en meurt «sn« i Paris. Dans notre ouvrage inlitnié <« Prame9 êtatiêtipê* (1843), nous avons calculé que la vie moyenne, dans le département de la Seine, était de 34 ans 3 mois, ce qni Ini donnait le n** d'ordre 54 parmi les départements ayant la pins longue vie moyenne.
La moyenne de la mortalité par profession, i Paris, se répartit ainsi :
CLAMlf.
LU>érale 3,111 on 11p. lOC.
Commerciale 1,815 — T -^
Mécanique .< 8,466 — SI —
Salariée 4,194—16 —
Militaire 1,861 — 7 —
Professions inconnues. ..« 6,548 — 26 —
Les maladies qui, dans Paris, provoquent le plus grami nombre de décès, sont: 1** les in/lamsne lions, qni enlèvent, en moyenne, 6,000 individus par an; les U$ion$ organiquee qui font près de 3,000 victimes, parmi lesquelles 1,600 an moins meurent de la phtht>ie pulmonaira; 3** les nevrosss, auxquelles on attribue 5,000 décès annuels ; 4** la pr^ssne* de eorps #<r«sigerê danê Irê organeê^ maladie i laquelle succombent 1,800 individus; 5° la ^an^r^ne ou morf dss partie, qni moissonne près de 1,500 malades ; 6** les /Uvres, dont la pari dans dette œuvre de destruction est d'un millier de personnes. Viennent ensuite, par ordre décroissant de malignité, la vaHoie (400 décès annuels), les p<ai>s, les kémorrhmgieê, les uMrtê, les <un»«iir<, les abeét et épmmehement», les brûiureê, les aeeouehementê et les optf râlions (t). Les suicfdrs et les«s«Mrtre» figurent également , dans une certaine proportion, parmi les causes des décès. Voici quelques documents à cet égard.