‹ Le diable à Paris (volume 2)Chapitre 13 sur 143 · II. R · texte numérisé non relu

II. R

xxxiT LE DIABLE A PARIS.

aàjoard'hui des Filles-Dieu? n*aTons-noos pas les gendarmes? Le couvent et Téglise furent délrails en 1798, et Ton ouvrit une rue et un passage qui prirent le nom du Caire, en mémoire de Tenlrée des Français dans la capitale de TÉgyple.

Dans le voisinage de ce couvent se trouvait la cour des Miracles, dont les romanciers amateure du laid et de Thorrible nous ont donne des descriptions exagérées. Voici ce qu'en dit Sauvai : a Elle consiste en une place d'une grandeur très-considérable et en un très-grand cul-de-«ac puant, boueux, irrégulier, qui n'est point pavé. Autrefois il confinait aux dernières extrémités de Paris. A présent il est situé dans l'un des quartiers des plus mal bâtis, des plus sales et des plus reculés de la ville, entre la rue Montorgueil, le couvent des Filles-Dieu et la rueP^uvé- Saint-Sauveur, comme dans un autre monde. Pour y venir, il se faut souvent égarer dans de petites rues vilaines, puantes, détournées; pour y entrer, il faut descendre une assez longue pente, tortue, raboteuse, inégale. J'y ai vu une maison de boue à moitié enterrée, toute chancelante de vieillesse et de pourriture, qui n'a pas quatre toises en carré, et où logent néanmoins plus de cinquante ménages chargés d'une infinité de petits enfants légitimes, naturcts ou dérobés. On m'a assuré que dans ce petit logis et dans les autres habitaient plus de cinq cents grosses familles entassées les unes sur les autres. Quelque grande que soit cette cotir^ elle l'était autrefois beaucoup davantage. De toutes parts elle était environnée de logis bas, enfoncés, obscurs, difformes, faits de terre et de boue, et tous pleins de mauvais pauvres. A Cet asile de mendiants et de malfaiteurs fut détruit en 1656. Aujourd'hui la cour des Miracles est un quartier populeux, industriel, a l'entrée duquel se trouve située la belle imprimerie d'où sort chaque semaine le Diable à Paris,

La rue Saint- Denis est séparée de son faubourg par la porte Saint-Denis *, arc de triomphe élevé par la ville de Paris à Louis XIV en mémoire de la conquête de la Hollande : ce beau monument est l'œuvre de Blondel. Là commence le boulevard Saint-Denis^ qui présente Tas - (lect et le caractère des rues qui l'avoisincnt.

Le faubourg Saint-Denis n'offre rien de remarquable que la maison de Saint-La%arey qui pendant longtemps a donné son nom à la rue, et dont nous avons parlé ailleurs (Hist. dePariSy p. vi). Au n° 112 est l'hospice Dubois, qui occupe l'aiicien couvent des sœurs de la Charité.

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