‹ Le diable à Paris (volume 2)Chapitre 4 sur 143 · I. — La plare de Gn-ve et rilûtcl-de-Ville · texte numérisé non relu

I. — La plare de Gn-ve et rilûtcl-de-Ville

La place de Grève ou de l'Hôtol-de-Ville n'était dans l'origine, comme son nom l'indique, qu'une grève, que le fleuve couvrait souvent de ses eaux. Il s'y tint, à une époque très-reculée d'où datent probablement ses premières maisons, un marché qui fut supprimé en 1141. Vers la fin du treizième siècle, le parloir aux Bourgeois, qui s'était tenu d'abord quai de la Mégisserie, près du Grand-Chàtelet, vint s'y établir dans une maison dite aux Piliers ou au Dauphin; et alors commença la célébrité de cette place destinée aux rassemblements populaires, aux réjouissances publiques, aux exécutions criminelles, et qui a été témoin de tant de tumullos, de tant

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ilv toos, trurloul tie Uni dt ?iu]>|^lici's ! Quu ili' futjJc.s se* !<1ml eiiUis*êt*s là nutour de IVchafaud ! que d'ïiomme^ on y a lues, iiiiioct'nts on fcmjïnlde!» t <[np de lorlnrcs y nul ùié soulFerlcis, de- (jui^ 151(1, on fui în*mfik'C' lu prennére vkijfnt\ Marj^nenle Porrelie, hrhlér pour licréftie, jotquVii 1850 nù Von a cii^<v t\e kiire fie lii pliice ih (irivc In jdnce des exéeatitjjis ! « Si luus les cris, dil Clnirh^s \ndier. <|iJe le dé!i!eiii|Hnr v n ]Muis^é* sous In lirirn* el sous lu linctie, dans l**s ùtrciulfs de kl *:«rde et<laus les flatuuiei; des iHirhrrs, pouvaient se cou foudre en on seul, il sérail entendu de In Fnîïïee entière. » BeliHi ruons les ycin de ce ibéntn' de mort, et pûrlons-lês syr le monument ipii ii donné 21 la pliiee une ptuiî lionui'iiide illui^tniHon.

Le corps niinii(i[>al de Fnris remonte aux nanies^ eorporfilion de nuiriliiuids pîir eftu qnj flevinl nu moyen j'ipc la hanse parisienne : les privilèges «jui Lut furent ruiirédês « diverses époques lui donnèrent le monopole du eummerce, Ke flief de celte corporntiuiï prit nu treixième siècle le litre de prévût de« marehjimU, et Le bureau de lu ^htlle ftjt rninpo^é Je quutre éclievins el de vingt-six cniiseillers» Le prêvol el le? échevins étnient comptée daii^ In nobless*' ; presque tous ont consnerè les revenus de leurs ehur^îes à renilH'llisjiemeni de la ville; presque tnus ont laisiîê une mémoire rerominrindahle et loutotcupée du luen piildic. Ix*s pliiseéKhreït de* prévols Mjul Liieime Barbette, Jean lienhen, Elieune MsirceK Jean Iie^llulrel^, Mitliel Lallier, Jean Bureau, Au|însle île Tliou, Ldcliapelle-Marlean, Fninciu?i Mirou, Jean Sr^irron, Cluude Lepellettet\ Jérôme Bignon^ Lninielnulirre, Lttuiimrlin* Fles:>eHes, eU\ Jusqu'au refi^ne de J^ouÎhXIV^ [es litiertés municipales, qui n'iivuient j^nhi tpi'une interruption de vin^t-neuf ani^ (do 1582 â 1411), reiittèrent iiilarles^ <ian^ rpie la roviinté en eonçnl le ntoindre ombrage ; nniis aprè:; la f ron<lt% elles deviniui]! n pt-u prés nulles. Ihiis les derniers temps, quand arrivait félectifui du prévôt, le roi cerivail 4iuv Parisiens : « Nous dénirons que vous a\e? «1 donner vus voix h M...; e el T homme île la cour était élu.

L*Hôtel-de-VilIe «t'iuel a été bâti «ur remplacement de Tancienne maison aux Piliers, sous la prévAlé de Pierre de YioTe, en I5ô3, et ^uv les dessins de Dominique Corfone; il ne fut achevé qu'en JOtri, smis la prévolé de l nm^ois Minni. Depuis 1H5<», il a été agrandi sur un plan piganlesque, en ) ajonhmt trois faces h peu prés sen*hlab!es à cellf* qui existait primitivement, et on en 11 fuit un palais mngnilique, i^ole, de forme qundranpulairt?, dont

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la psition, sur le bord de lu 8eine, en fnee de la Cité, esl vraiment monumentale. Le but de ces agrandissements u été smvs doute de donner à la municipalité^ parisienne, h sa va«te administration, qui dépense annuellement ipiaranle-i'inq miliiruis, une hahilation digne de sou importance; mai» il n été ani^si de luHtre tin aux dépenses qoe la ville faisait ilepuii* quaninle ans, vu le ]»en d'étendue de sou h^tel, en palais fie planrbes et de papier, pour donner des fêtes À cinq on six gouvernementis, à troiïi ou quatre dynasties, dépenses qui ont nhsdfbé plus de dix indlinns. Maintenant les gouvernements el les dynasties peuvent rluiuger : lions sommes prêts ii les fêler; nous avons de h place pour i our<muo(n< iiU. Iiajitémes, noces et fesliu«; iiolrr priais t>st Inil.

UT L£ IMABLE A PARIS.

iimt ^è^èmimeaU a rat l'Hôlrl-dé-Ville! C'éUit le centre du gou%eraemenl de la Ligue, de retie rép«UîqBe catlMdMpe ou la démocratie parisienne dominait la France. Sous la Fronde, la {«opulare, meiiee par Coudé, % ma*«acra cinquante bourgeois qui délibéraient sur les proposîtioo» parîlique» de la coar. Fendant la Résolution, rHôtel-de- Ville domina la représentation ■ationale. régna «ur la France, terrifia FRurope. C'est sur la place de GrèTe, au coin du quai Le Pdkiier, qoe le dernier pré%ôt des marcbands, Fle^sdles, fut assassiné; c'est sur la même place, au coin de la rue de la Vannerie, que Bertbier et Foulon furent attachés à la lanterne ; t'eti au gibet éle^é ^ur cette place que Favras fut pendu ; c'est sur les marches de Thôtel que Mandat fut a*Mi«siné; c'est dans la »alle du Trône, dans cette salle où les Parisiens avaient reçu à genoui Henri IV et Louis XIV, que la commune de Paris s^installa pour diriger l'attaque des Tuileries; c'est de là qu'elle a ordonné la destruction des ornements royaui et le pillage dei' églises, les massacres de septeml>re et la proscription des Girondins ; c^est là quVIle a été vaincue M\ec Roliespierre, qui s'y fracassa la tète d'un coup de pistolet. La place d« Grève a vu la multitude demandant ôe% armes au 15 juillet 178Î), le lendemain retenant %ictorieuf4; de la Rastille, le surlendemain escortant I^uis XVI à rHotel-dc-Vil1e ; elle a vii, au 5 octobre, Lafavette entraîné par la foule à Versailles, les apprêts des combats du 10 août et du 31 mai, la défaite des faubourgs au 9 thermidor. Que de fêtes sous l'Empire ! et elles devaient se terminer, au bruit des étrangers maîtres de Paris, par l'adhésion de la municipalité à la déchéance de l'Empereur ! Que de fêtes sous la Restauration ! et elles devaient se terminer par le peuple conquérant à coups de fusil rUôtel-de-Ville, et Lafayettc intronisant une nouvelle dynastie!

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