II
7( LE TlliOlK DU DIABLE.
du nombre, ne savent à quel saint se vouer pour ne pas lui rire au nez.
NANCY. — Je ne comprends pas que Ton rie d'un mari trompé, à moins qu'il ne soit lui-môme un homme à bonnes fortunes.
LE GÉNÉRAL. — Oui, saus doute. Mais Beaudouin, ma chère, c'est une exception. Je vous dis qu'il y a des détails qui dérideraient un podestat. (Il rit.) — Ah! tenez, Nancy, voici Lespars, de qui je vous ai parlé.
NANCY. — Qui ça, Lespars?
LE GÉNÉRAL. — Qui était mon aide de camp il y a deux mois.
NANCY. — Ah! c'est possible.
LE GÉNÉRAL. — Commcut, c'cst possiblc! — Je me suis tué avant-hier à vous conter l'histoire de sa blessure près d'Ouchda! C'est lui qui Ht ce beau coup de sabre avec un chef kabyle.
NANCY. — Je croyais que vous m'aviez dit qu'il était mort.
LE GÉNÉRAL. — Nou, puisquc Ic voilà.
NANCY. Qui? est-ce ce jeune homme en gilet blanc?
LE GÉNÉRAL. — Nou, — pas cclui-là ; plus près de la statue, là, une fine tôte, de petites moustaches relevées.
NANCY. — H n'a pas une tournure militaire.
LE GÉNÉRAL. — Rieu u'cst plus trompeur que la mine du gaillard. Si vous l'entendiez parler, c'est une jeune fille. — Il faudra que je vous le présente, si vous le permettez.
NANCY. — Je veux bien. Seulement vous m'aurez bientôt présenté tout votre régiment si vous n'y prenez garde.
LE GÉNÉRAL. — Allous, ma chèro ! un de plus ou de moins, qu'importe?
NANCY. — On peut aller loin avec ce principe.
LE GÉNÉRAL. — Jc vais VOUS Ic chcrchcr. Il vous tiendra compagnie pendant que j'irai au château; voulez-vous?
NANCY. — A votre guise, général, [l^ général revient l'instant d'après^ suivi de Lespars,)
LE (iÉNÉRAL. — Ma clière, c'est Lespars, de qui je vous ai parlé.
NANCY. — Ah! monsieur! — Veuillez vous asseoir.
LE GÉNÉRAL, bas^ à LespoTs. — Ne vous laissez pas intimider : elle est excellente au fond. — (Haut,) Je vais au chftteau, Nancy. Monsieur vous
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servim de porte-respect. Excusez-moi, Lespars, je reviens toul à l'heure.
(/^ gétiéral s' plaigne.)