SCÈNE PREMIÈRE
DEUX MESSIEURS, se promenant leur chapeau à la main.
PREMIER MONSIEUR. — C'cst uïï pari quc j'avais fait, et des plus plaisants.
SECOND MONSIEUR. — Oui-dà I J'cn ai beaucoup entendu parler.
PREMIER MONSIEUR. — Jc nc Favais vue qu^une fois en ma vie ; mais c'était assez pour moi.
SECOND MONSIEUR. — Et VOUS osfttcs cu faire la gageure, sur ce simple souvenir?
PHEiiER MONSIEUR. — Ellc m'était demeurée là, vous dis-je, et rien de ce qui est entré là, n'en sort.
SECOND MONSIEUR. — Vous étcs uu tcrrlblc homme ! Mais comment en fîtesvous la conquête ?
PREMIER MONSIEUR. — J'avais parié, comme vous savez, que je la posséderais sous trois mois.
SECOND MONSIEUR. — C'était beaucoup vous engager.
PREMIER MONSIEUR. — Audaces fortuna... J'avais été poussé à bout : j^étais résolu à n'y rien épargner.
SECOND MONSIEUR. — Et c'cst à Bemc que vous la découvrîtes?
PREMIER MONSIEUR. Iiicontinont après le pari, je courus chez le père Sabran, rue de Ménars, où je l'avais vue autrefois.