LA MAITRESSE URANDR DAME
Qui vous renvoie, sous enveloppe parfumée, toutes vos lettres et vous redemande les siennes avec le sang-froid qu'elle apporte aux actes les plus ordinaires de la vie ; et qui, si elle voii^ aperçoit, trois mois après, dans le monde, se penche à l'oreille de sa voisine en lui disant : Est-ce que ce n'est pas monsieur un tel ? Aidez-moi donc à dire son nom I
J'ai passé sous silence :
LA MAITRESSE QU'ON A LA FAIBLESSE DE CDERCHER A REVOIR, APRÈS l' AVOIR QUITTÉE DEPUIS LONGTEMPS, AFIN DE SE DONNER LE PLAISIR DE s' ENTENDRE DIRE : COMME VOUS AVEZ GROSSI ! DIEU ! COMME VOUS AVEZ VIEILLI !
Pauvre femme dont vous avez célébré les yeux qui ont la patte-d'oie, dof^ vous avez loué k front qui maintenant miroite et tourne, par sa nuance, à la conserve d'ananas, dont vous avez ^miré la poitrine, aujourd'hui ravinée comme par un torrent, dont vous avez admiré les beaux cheveux que couvre à cette heure un turban, taillé en forme de charlotte russe. Oh ! ne revoyez pas vos maîtresses, ne revoyez pas vos ancien^ portraits, ne revoyez pas ne revoyez rien.
Ai-je dit un seul mot de :
^A ipAirHESS^ ANGLAISE..
Démon cousu d^s la peau iï^ia ange, rose du Bengale enragée, aimant quelqu'un plus que son mari, c'est vous ; aimant quelqu'un plus que vous, c'est elle (beaucoup de frai^çajses son| dans ce cas) ; aimant quelque cl^ose M. i^
plus qu'elle, c'est sa réputation ; aimant quelque chose beaucoup plus que
sa réputation, c'est le thé vert coupé avec du thé russe.
De combien d'autres maîtresses encore ne faudrait-il pas parler avant d'arriver à la plus dangereuse de toutes, à celle qui n'a son amour ni dans la tête, ni dans le cœur, ni dans les yeux, mais dans son écritoire ; à celle qui vous répond, quand vous lui dites : «Je t'aime! » par : a Quand fereztt vous passer mon roman dans la Presse ou dans le Siècle? i^ A celle qui vous prend pour corriger ses fautes et que vous gardez pour vous mortifier des vôtres :
Là MAITRESSE BAS-BLEU
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