IL
25i LL TlUOIIi DU DIABLE.
des idées qui seront maîtresses demain. Sur quoi discutc-1-on ici, sinon sur une certaine habileté de main, sur plus ou moins d'adresse dans les expédients?... Lutte singulière, en vérité, entre des immobiles qui veulent rester assis, et des impatients qui ont un boulet au pied et qui piétinent: sur place... Vous parlez de passions!... Comme si vous n'aviez pas tontes celles de la décrépitude et de Timpuissance : FApreté du gain, la haine de tout mouvement, la peur, Taffreusepeurdu moindre bruit!.. .Vos sens blasés ne vous rapportent rien du milieu où vous êtes : votre œil éteint ne voit pas même Thorizon ; vous ne sentez aucune des agitations que rîntelligence et le travail font au-dessus, au-dessous de vos têtes; accroupis dans votre égoTfsme et défendus par quelques intérêts privilégiés, vous n'entendez pas même les cris de cette société nouvelle qui s'avance, organisée comme une armée, forte du droit, forte du nombre, ayant dans toute r Europe occidentale le même drapeau, le même mot d'ordre, parce qu'elle souffre de la même oppression, des mêmes besoins, et qui, vous rencontrant sur son passage comme d'incommodes fagots, paissent sur vous comme sur un pont de broussailles... Insensés, qui vous mettez en travers de la voie, et qui essayez de la fermer au lieu de l'élargir, où serez- vous, que ferez-vous dans dix ans?...
— Ah ! jeune homme, votre exaltation suffirait pour nous avertir qu^it faut modérer les mouvements si Ton ne veut pas briser la machine^.. Sans doute, la démocratie aura sa part ; mais la monarchie nous sauve des convulsions...
— La part de la démocratie, monsieur!... Mais en dehors d'elle qu'y a-t-il donc ? et qui a droit de partager le pouvoir avec elle?
— Avouez au moins qu'elle a besoin de s'organiser pour éviter ses propres excès... Dieu merci, nous savons ce qu'elle en peut commettre quand elle est sans frein...
— Tenez, monsieur, répliqua alors Alberl avec un geste d'impatience, tout mon sang bout quand j'entends des gens sensés tronquer ainsi la vérité et raboter des lieux communs. Mais, voyons, voulez-vous comparer les torts de la démocratie à ces guerres civiles si longues, si sanglantes de rarislocralic britannique? Voulez-vous les comparer h cet abattis d'hommes qui s'est fait en Autriche, qui se fait encore en Russie au profit de la
LA SALLE DES PAS PERDLS A LA CHAMBIŒ DES DÉPLTÉS 255 iiiouaichie militaire? Voulez- vous les comparer à ces persécutions, à ces auto-da-ft\ à ces boucheries exécrables de la monarchie catholique dans le Midi? El votre monarchie en France, en savez-vous l'histoire quand vous parlez de désordre? Existait-elle avec les crimes de la première ^t de la seconde race? Existait-elle quand elle épuisait le pays par ses exactions et ses guerres? Existait-^lle avec les assassinats des Valois, avec les fureurs de la Ligue, avec tous les désordres possibles, imaginables, engendrés par Fambition, Tesprit prétendu religieux, les rivalités de sang, les haines des collatéraux, la folie des uns, Fimbécillité des autres? Votre monarchie! je la vois dans Thistoire disputer pendant plus de sept cents ans son pouvoir, toujours contesté; je la vois se débattre, ayant sur la tête la main du pape, sur la poitrine Fépée des barons (juand ce n'était pas le fer de FAnglais ; passer de désordre en désordre, de convulsion en convulsion, jusqu'à ce qu'un Robespierre-cardinal prépare le lit de Louis XIV; et quand celui-ci meurt, la monarchie, déjà déchue, va s'achever dans les impuretés du Parcaux-Cerfs. Ainsi sept siècles de tourmentes, pour trouver enfin ses formes, ses lois, trente ans de repos et de dignité, puis se corrompre, comme un corps qui se décompose. Voilà la vérité historique sur votre monarchie sauvegarde des convulsions. La démocratie n'a que cinquante ans; il ne lui en a pas fallu plus de cinq pour refouler FEurope, se proclamer ellemême, se reconnaître, constituer son unité, établir son dogme, et tracer la route où les sociétés doivent avoir leurs évolutions régulières, et se mouvoir comme les fleuves dans leurs plus magnifiques bassins.
— Et les débordements?...
— Ah! oui. Toujours peur! Peur en France! Peur pour la propriété avec onze millions de petits propriétaires! Peur pour Fordre avec deux millions de gardes nationaux et trois cent mille soldats ! Peur de la désorganisation avec la centralisation, les préfectures, sous-préfectures, et tous les pouvoirs électifs à côté des pouvoirs délégués!...
— Vous comptez sans FEurope...
— L'Europe est encore plus révolutiomuAle que la France n'est révolutionnaire. Regardez- la donc et voyez ce qui tient de l'ancien édifice... L'Europe est un obstacle pour la monarchie, pour Fesprit de conquête; elle est un agent pour la démocratie et pour Fesprit d'émancipation.
â36 LE TIROIK DU DIABLE.
— Messieurs, on vote, on vote, vient dire un député à notre groupe, qui se dissout aussitôt ; et à ce moment, la salle des pas perdus devient plus haletante que jamais. . .
— Mon sort se joue dans ces urnes, dit avec angoisse un solliciteur.
— Si le ministère perd la majorité, je n'ai pas mon marché, reprend un autre.
— Faut-il acheter ou vendre? demande vivement un troisième à un centrier qui est sorti. »
Il se fait un moment de silence, et le cenlrier répond d'un air triomphant : « Achetez... »
a Partie perdue , s'écrie alors un journaliste qui espérait être appelé demain à défendre le pouvoir nouveau.
— Partie gagnée, répliqua avec joie son adversaire en possession.
— Partie remise, dit un des écrivains indifférents.
— Que diable joue-t-on donc ici? s'écrie tout à coup le Gascon en. s*éveillant... Messius, si ce n'était pas trop indiscret, pourriez-vous me dire si moun ami Sylvainn Dumon était dé cette partie.
— Oui, monsieur.
— Et il. a été hurus, j'espère...
— Albert, en le contrefaisant : Monsieu, les Gascons lé sont toujours... d
Y à't'f doQc M k \m être comme ça, lâriQi ... parce qoe, b jeur et la distriklioQ des aez, oq nm \m i trois heures du maliQi
pAt GaVi^HHI,
LKS «Ei9S DE MBIO$.
Les petits mordent. — 2* sene. — 5.
Vli QD Dez qu'a coâté cber i mettre en couleur
Par QwAHNi.
Gr«rê |>Br Hara et Gkhaiii*.
Lsd dgsas DIS PAïaas.
Les petits mordent. — 2* £ena. — 4-.
Ne (aisoDS pas i autrui ce que nous oe voudrions pas Qu'il dous fût lait
Pm Oavarni.
Gravé p^r Baha et Grrard.
ILES eCNS DE PAROS.
Les petits mordent. — ^ série. — 5.
comme ça qua le moyen de se (aire voir pour rieo. (aut-y que ça soit chiche de pas se fiche fi
Par GAVARni.
Gravé par Diolot.
a.K8 «EHQ DE PARBt.
Les petits mordent. — 2« série. -— 6
C'est ça qui serait qq joli joaroal qai vous
Douvelles de chez lai, plutôt pe da Caucase et de va, c'est moi qo'eo sait do cocasse... pas vrai,
tous les jours i Mosieu des ir Nicolas.. .Nicolas toi-même i
Par Qavar?«1.
Gravé par Laubillb.
ICXS G»HS IDK PASIS.
■^eNCTwia à'alWeuTs. — 1.
K^GLk\St.
Par Gavarni.
Graré par Brugnot.
ILES «SraS IDS PARUS.
Revenue d'ailleure. — 2.
Pour lors, bd jour, d'Alliuféra me dil : mon cher
Par G^VAHNi.
G rare par Lkdi.anc
LM eeiroS DIS PAR09.
Revenus d'ailleurs — 5.
Ouaod j'étais (imbalier aux Mameluks de la (larde ;
Par Gavarxi.
('•rart p«r I/>I8E\U.
LES ftSS38 DS PARQS.
Revenus d'aill'^urs. — i.
Ee i§OQ temps < avec toute la pou Ire qu*oo lire aujourd'hui contre uoe bi oous aurions brûlé FEurope, et n'y aurait pas eu tant d'histoires!
K«r Qav4Rmi.
Grarë |>«r Vic..i lu.
îMM ftnt DE pgmm.
Revenua dailleure. ^ 5.