‹ Le Diable a ParisChapitre 13 sur 123 · PROLOG! I.. I · texte numérisé non relu

PROLOG! I.. I

(i Son greffier aurait eu pour nom Thchitraponpta, et j'aurais l'ail le chemin qui me séparait de cet empire, montre en main, en quatre heures quarante minutes.

a J'aurais vu ramper ici une incroyable quantité de serpents. « Parmi ces messieurs qui viennent d'arriver comme moi, les uns auraient été jetés dans les bras d'une femme rougie au feu , et les autres obligés de manger des balles de fer brûlantes ; ceux-ci auraient été lancés dans des fosses remplies d'insectes dévorants, et ceux-là auraient eu un ventre excessivement large et la bouche aussi petite que le trou d'une aiguille.

— Continue, dit le Diable en encourageant du geste l'orateur, qui ne s'était jamais vu à pareille fête; je ne suis pas fâché d'apprendre ce qui se dit de moi dans votre petite planète.

— Grand prince, reprit l'ombre avec enthousiasme, chez les peuples Scandinaves, — mais les Scandinaves ne savent ce qu'ils disent, — l'enfer a la réputation d'être un lieu d'une obscurité complète, gouverné par une déesse (Héla), dont le palais s'appelle la misère; le lit, la douleur; la table, la faim.

« S'il fallait les en croire, deux corbeaux partiraient tous les matins du ciel et reviendraient tous les soirs raconter à Odin ce qu'ils ont vu et entendu dans le monde.

« En Chine, Ïi-Kang, dieu des enfers, a sous ses ordres, comme un roi constitutionnel, huit ministres et cinq juges. — Les criminels sont jetés dans des chaudières d'huile bouillante , coupés par morceaux, sciés en deux, dévorés par des reptiles ou des chiens, grillés et torréfiés à petit feu. — En revanche, il s'y trouve deux ponts, l'un d'or et l'autre d'argent, et tous deux fort étroits, qui conduisent à la félicité.

Mahomet ne m'a rien appris, sinon que dans l'enfer existe un .libre, l'arbre Zacoum, dont les fruits sont des tètes de diable; j'ai vu aussi dans le Coran pourquoi tous 1rs coqs chantent tous les matins à la même heure, ri pourquoi aussi Mais en voici bien as.--ez pour muis

prouver qu'au milieu de t< m^. ces avis divers; il esl malaisé de faire un

choix.

« Quand j'eus tout compulsé; toul remué, sans pouvoir arriver à une con- , lus quelconque, il me vint, un beau jour, une idée qui nie parut lumineuse et qui l'était peut-être. Je brûlai aussitôt mes livres et les monceaus de papiers de toutes sortes que j'avais .amassés autour de moi, et je me dis : « 11 est, par Dieu, bien étonnant que je n'y aie pas pensé » plus tut, et que personne n'y ait snu^é avant moi ! Cette vérité que j'ai « la sottise de chercher dans mes livres et dans toutes les cavités de mon cerveau, tout le inonde sait, et les enfants eux-mêmes savent qu'elle « est au fond d'un puits. — sans doute parce que les hommes l'y ont je- „ (t.t.; — allons l'y chercher! » Sur quoi, je mis ma robe de chambre, et allai donner de la tête dans le puits de notre maison.

« J'y trouvai la mort, laquelle esl peut-être la vérité que je cherchais.

Page 1