PROGRÈS DANS L'ÉDUCATION DES PARISIENNES
Sous l'ancien régime, il n'y avait pas une Parisienne sur cent qui sût écrire; cela s'explique : les pensionnats, institution impériale, n'existaient pas, et les tilles de la noblesse et de la riche bourgeoisie seules allaient au couvent; où elles ne recevaient qu'une éducation barbare. Vint la révolution. Iles lors chaque famille, chaque foyer, prenant une part personnelle aux affaires publiques, la lecture devint une nécessité, une condition d'existence. Quand chacun fut intéressé à savoir si l'ennemi menaçait Verdun ou Metz, chacun eut besoin de lire, avant de se coucher, les papiers publics. L'empire et ses effrayantes levées d'hommes propagèrent ce besoin de connaître par la voie de l'impression les crises dévorantes du moment, les incidents de la guerre, les progrès de la conquête. Quelle Parisienne n'eut pas à s'enquérir du sort ou d'un père, ou d'un frère, ou d'un fiancé attaché à l'armée d'Italie ou d'Egypte? Les bulletins de la grande armée ont plus t'ait pour l'éducation des Parisiennes que tous les livres où les philosophes et les philanthropes du dix-huitième siècle leur recommandent l'instruction. Napoléon a appris à lire aux Parisiennes. Le professeur leur a Coûté cher.