AUDIT SOIT IL OBI EN FIT CAUSB
Louis \l étail bien oaïfde marquer d'une croix une trahison commise sous le prétexte du bien public '. nous n'aurions garde d'en faire autant !
Loin- n'oublia pas que, dans son désastre, Paris lui avaitété seul fidèle : il devint plus que jamais le bon ami îles Parisiens. Il prenait parmi eux ses agents, ses ministres, voire même léeuteurs; il leur donnait le spectacle du supplice des grands.seigneurs, comme du connétablc de Saint-Polàlo Grève, du duc de Nemours aux balles; il supportait leurs gausseries, quand il avait l'ail quelque faute : ainsi, après l'entrevue où il resta prisonnier de Charles le Téméraire, il fut salué <lc toutes les boutiques par les cris de Péronne! Péronne! que lui cornaient aux oreilles les geais el les pies de ses compères. Il se lit le chef de leurs métiers, encouragea leur commerce par des marchés libres, leur donna une bonne police, les organisa en soixante-douze compagnies de milices, formant trente mille hommes « armes de harnois blancs. Jacques ou brigandines. » Il rétablit la bibliothèque de Charles V, el la plaça dans le couvent des Uathurins, rue Saint— Jacques, sous la garde de leur supérieur, Robert Gaguin. Il appela a Pari- trois élèves de Jean l'usi. qui fondèrent, dan- les bâtiments de la Sorbonne, la première imprimerie française, el qui, trois ans après, ouvrirent, rue Saint-Jacques, une boutique de librairie, avec l'enseigne prophétique et significative du Soleil d'or. Il augmenta les privilèges de l'Université, el \ fonda une école spéciale de médecine, rue de la Bûcherie, entre les nos des Hais el du I "narre. dans un bâtiment qui coula dix livres tournois el dont une parlie existe encore : il \ a loin de ce modeslc |ol:i- au pal ai- ipf balulc aujourd'hui la médecine; mais aussi que de progrès a faits l'art de guérir les hommes! Cette fondai ion avait été sollicitée par Jacques Colhier, médecin du roi, qui est demeuré fameux, moins pour l'immense fortune qu'il tira des frayeurs de son malade, que pour le jeu de molsqu il avail fait sculpter sur sa belle maison de la rue Saint-Audré-des-Arls : A 1" Abri-Cothier : Le médecin de Louis \1 avait compté sans les favoris de Charles \ III. qui firent ntir l'ambitieux rébus.
P h i- lui négligé par les successeurs do Louis \l ; néanmoins, il continua de s'accroîlre, el eut une belle pari dans les créations de la renaissance. Alors furent bâtis : le pont Notre- Dame avec sa double galerie de soixante-huit maisons de briques, conslrui lions élégantes dues i Jean Joconde, et qui on) été, jusqu'en 17.su, ou elles furent détruites, un bazar el unjieu de promenade pour les I» aux de la capitale ; ['hôtel de la Trémouille, dil de la Couronne d'or, rue des Bourdonnais, dont la charmante tourelle a été transportée récemment au palais des Beaux-Arts; ['hôtel de Cluny, monument gracieux dû à Jacques d'Amboise, neveu du ministre de Louis XII, qui, au milieu des ruine- que nos pères oni entassées, a eu l'insigne bonheur d'être respecté, et même de devenir un musée d'antiquités françaises. De celle époque datent encore ['Hôtel de-Ville, bâti à la place de la Maison aux Pilier-, el qui ne lui achevé qu'au
I i de quatre-vingts ans; le Vieux-Louvre, qui, âpre- la destrucliou du château de Philippe-
Vuguste, lui commencé, en 1540, sur les dessins de Pierre Lescol : la fontaine des Innocents,
a uvre de P Lescol el de Jean Goujon, qui étail alors plai ée au coin des rues Saint-Denis
el de la Ferronnerie.
Pendant celle époque, si favorable aux beaux-arts, Pari- n'est le théâtre d'aucun événement remarquable, el son histoire se borne à cilcr quelques demeures célèbres. — Philippe de
t. ..m m. - habitait le i bateau de Nigeon, à Chaillol, qui lui lui d é par Louis \l ; il mourut
dans uni m n de In rue Saint-Antoine, qui fut depuis l'hôtel Lesdiguières, et fut enterré
HISTOIRE DE PARIS. xv
.m\ Grands-Auguslins. Son chàleau passa à Catherine de Hédicis, puis au maréchal de Bas-
s pierre, puis à la veuve de Charles Ier, puis au maréchal de Vivonne, qui y mourut, dit
madame de Sévigué, « aussi pourri de l'âme que du corps; » dans une maison construite sut son emplacement, csl morl Barras... Ah! si tons les hôtes de Nigeon avaient, comme Comines, écrit des Mémoires! — Louis XII et Henri II moururent au palais des Tournelles; niais François Ier habitait souvent l'hôtel d'Hercule, sur le quai des Auguslins, hôtel bâti par le chancelier Dupral, el qui devinl voisin d'une belle maison donnée par le roi chevalier à la duchesse d'Elampes, au coin de la rue Gît-le-Cœur. Hôtel d'Hercule, hôtel d'Etampes, tout cela jolie la pensée dans un monde d'élégance el de galanterie déjà bien loin de nous : à leur place sont des maisons bourgeoises, des boutiques, de l'industrie, enfin tout noire siècle. — Le connétable de Bourbon habitait l'hôtel du Petit-Bourbon, qui attenail au Louvre el baignait ses pieds dans la Seine Place du Louvre et jardin voisin du palais : cel hôtel, qui portail auparavant le nom de château du Fossé-Saint-Germain, avait été liàli par Enguerraud de Marigny, le minisire de Philippe IN , qui le quitta pour aller au gibet de Hontfaucon. Après la trahison du connétable, le bourreau en \inl briser les armoiries, semer du sel dans les chambres, brosser de jaune les portes en signe d'infamie. Nous verrons comment il fut illustré par Charles IX et par Molière. — Le connétable de Montmorency avait son hôtel rue Sainle-Avoye, n° Ai : il y vint mourir après la bataille de Saint-Denis. Henri 111 y dansa aux noces du duc d'Epernon. Plus lard il devinl l'hôtel de la famille de Mesmes, ces grands diplomates qui ont donné à la France l'Alsace el la Franche-Comté, qui oui signe les paix de Westphalie el de Nimègue. Les pierres d'une telle maison auraient dû èlre sacrées; mais l'Empire y établit l'administration des droits réunis, el nous, nous les avons dispersées pour ouvrir la rue Rambuleau ! Nous nous soucions bien des Iraités glorieux et des grands hommes d'Etal de notre histoire ! nous en foisonnons à faire quinauds tous les siècles passés.
Rabelais, cet infernal moqueur du seizième siècle, est mort rue des Jardins, el a été enterré dans le cimetière de l'église Saint-Paul, au pied d'un grand arbre qui a été visité pendant longtemps par tous les écoliers de Vinclyte Lutèce. Arbre, cimetière, église, tout a disparu ; mais non pas la race de ces « fagoteurs d'abus, caphards empantoufl.es, bazocliiens mangeurs du populaire, usuriers grippeminauds-, pédants rassoies. » que noire Homère bouffon a fustiges dans ses « beaux livres île Iiaulle graisse, légiers au pourchas et hardis a la rencontre. » — Anivol a demeuré dans une maison voisine du collège d'Harcourl (collège Saint-Louis), près de la porte Sainl-Miehel : son nom ramène la pensée sur ce beau temps de restauration de l'anliquilé, où l'on se passionnait si naïvement pour les trésors intellectuels de la Grèce et de Rome, où quatre lignes découvertes de Platon, une oraison de Cicéron traduite ou commentée, donnaient la fortune et la gloire, où Jacques Amyol, de valet d'écoliers, devenait évoque d'Auierre el grand ai inier de France, pour avoir translaté, dans un français naïf el gracieux, hs vies de Plularque el les romans de Tbéagène el de Dapbnis. — Dans la rue Saint— Jean-de-Beauvais était l'imprimerie des Estienne, celte famille de savants qu'on a numérés comme les dynasties royales, lanl elle compte de membres célèbres : ses commentaires, ses glossaires, ses traductions, sonl des trésors où nos modernes érudils vont prendre leur bagage tout fail pour l'Institut, el ouïrent là dedans, au dire de Courier, « comme dans un moulin. » François I" vNilail souvent l'imprimerie des Estienne, el quand il trouvait Robert Estienne Ier où Henri Estienne II corrigeant une épreuve de leur Bible hébraïque ou de leur Thésaurus, il ne voulait pas qu'ils se dérangeassent, et, appuyé sur la barre de la presse, il attendait la lin de leur travail. Ceci se passait a l'époque où Cbarles-Quinl ramassait le pinceau tombé du Titien. A lire de pareilles histoires, on se croirait en pleins contes de l'eos. — Ronsard a habité no' des Fossés-Sainl-Viclor, près du collège Boncpurt, dans une maison qui touchait au mur d'enceinte; c'esl la que se rassemblai! la fameuse pléiade de- beam esprits du seizième siècle; c'esl là que furenl jelés les fondements de la révolution littéraire qui devait changer noire langue, el que Malherbe el Boilca il si brutalement, si fâcheusement renversée. Prorondes études, labeurs consciencieux, discuss - enthousiastes, passion de la poésie, nous
avions cru vous »oir rcnailre, il » ■< quinze ans a peine; qui von- retrouverail aujourd'hui, au
XV| il DIAB1 I A PARIS.
milieu de nos feuilletons, de nos chemins de Cor. de noire politique hargneuse, de nos Iripo- 'écus?
A lous ces lieux célèbres dans l'histoire des lettres, i - devons ajouter <• ces tademes mé-
ires de la Pomme de Pin, du Castel, de ta Magdeleineet de la Mulle, « iloni parle Rabelais. C'est là queucauponijait » Villon, l'enfant de Paris, spirituel, fripon el libertin, quand, après avoir dérobé quelque «repue franche » aux rôtisseurs cl.' la rue aux Oues, il chantait la Hanche savatiere ou la gente saucissiere du coin, ou bien su joyeuse épitaphe :
\ suis je badaud «te Paris,
i;s-je. auprès Pontoise !
I dur, t de la Pomme de Pin, le plus rameux de lous, était >ilm- dans la Cité, rue de la Juiverie au coin de la rue de la Licorne, en l'ace l'église Sainte-Madeleine, •jui n'existe pins : M lui célébré pins lard par Régnier, el devint, dans le dix-septième siècle, le rendez-vous des sens tlf lettres el de leurs bons amis de la cour, "ri \ voyait venir Racine el Molière, h marquis de Cavoye el le duc de Yivonne. C'était la que Chapelle entraînait Boileau,
Et répandait sa lampe à l'huile Pour lui mettre un verre à la main.
Le lieu n'était pas brillant; mais la chère ; était lionne: on n'j voyait ni glaces ni dorures, mais de «rosses tables dans des retraits bien clos, où Ton fêlai I a loisir la dive bouteille el la purée septembrale. Que d'esprit s'esl dépensé dans cette obscure taverne! que de joyeux propos de conversations charmantes, de vers faciles! Hélas! loul cela est déjà pour nous de l'histoire ancienne.
i i celte même époque qu'il faut chercher les premiers logis du théâtre français. \ors
Tan I II'-, des bourgeois de Paris avaient formé une confrérie dite de la Passion, pour représenter les principaux mystères de la vie du Christ, el ils s'étaienl installés, par privilège du roi, dans l'hôpital do la Trinité, entre les nies Saint-Denis el Grenétat. Dans le même temps, des jeunes gens formèrent la confrérie des Enfauts-sans-Souci, pour représenter, aux Halles ou a la Grève, des pièces satiriques qu'on appelait avilies. Enfin, à la même époque, les clercs de la Bazoche se mirent à jouer, à certains jours solennels, dans la grande salle du Palais, des moralités ou farces à peu près semblables à celles des Enfanls-sans-Souci. Ces divers théâtres eurent un grand succès. 1 es confrères de la Passion, pour varier leur spectacle, s'adjoignirent
I nfants-sans-Souci, avec leurs pièce- joyeuses; puis ils quittèrent l'hôpital de la Trinilé pour l'hôtel de Flandre, situé rue Coquillière, el y eurent une telle vogue, que les égli les prédications, les offices étaient abandonnés, même par les prêtres, lu passèrent de la à l'hôtel d'Arlois nu de Bourgogne, dont ils ai hetèn ni une partie, el où ils firent construire un théâtre; mais II leur fui ordonne, par arrêt du parlement, de ne plus représenter que des pii «profanes, honnêtes el licites; » el aux Enfanls-sans-Souci, qui s'étaient avisés déjouer des satires politiques, de ne plus prendre de tels sujets sous peine de la liarl. a Ces défens s, où l'on retrouve la censure naissante, avec sun ineffable politesse, Grenl décliner le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, qui d'ailleurs eut à lutter avec les pièces classiques de l'école de Ronsard, lesquelles étaient représentées dans les collégi i à la cour. Nous le retrouverons sons
I onisXHI.
M res, sotties, moralités. Ions ces amusements, OÙ 5C délectaient la foi grossière el U malice naïve de nos aïeux, allaient être oubliés • le moine de Willemberg avait jeté dans le monde le di mon de 1 examen : l'Europe féodale était remuée jusque dans ses entrailles ; Taris allail sortir de son repos et se lancer de nouveau dans les révolutions avec ses passions, vertu-, ses fureurs. I n ville de sainte Geneviève el de saint Louis, la \ille de la Sorbonne cl de l'I niversilé, la ville aux mille cloi lies, aux quatre-vingts églises, aux soixante couvents,
il fondamentalement catholique : institutions municipales, corporations de métiers, céré-
lislence publique, foyi r d islique, loul était imprègne de catholicisme :
treede toute- les jouissances, le bonheur, !
HISTOIRE DE PARIS. xvir
l.i vie entière du peuple. Aussi quand lus Parisiens virent les calvinistes attaquer tout ce qu'ils aimaient, se railler de tout ce qu'ils vénéraient, insulter leurs pompeuses fêtes, détruire églises, croix, tombeaux, statues, ils les regardèrent comme des infidèles, des Sarrasins, des sauvages, ils ne songèrent qu'à les exterminer. Ils applaudirent aux bûchers allumés par François I" et Henri H à la place de l'Estrapade, aux supplices d'Etienne Dolet, le savant imprimeur, d'Anne Dubourg, le vertueux magistral; ils virent avec indignation, sons Catherine de Médicis, le gouvernement faire des édits en faveur <lrs rebelles, el il> se préparèrent des lors à sauver la foi malgré la royauté. La tranquillité de la capitale, depuis plus d'un siècle, ti'avaii abusé personne sur son naturel tumultueux; chacun savait le gnùl des Parisiens pour les émeutes : d A ce ils sont tant faciles, disait Rabelais, que les nations estranges s'ébahissent de la patience des rois de France, lesquels autrement par bonne justice ne les refrènent, VU les inconvénients qui en sortent de jour en jour o
Paris avait alors une population de deux ceul cinquante mille habitants, dans laquelle on comptait à peine sept à huit mille huguenots, presque tous de la noblesse et de la haute bourgeoisie : « C'était, dit Lanoue, une mouche contre un elepbanl. » Mais ceux-ci n'en étaient pas moins pleins d'orgueil el de confiance dans leur cause, pleins de mépris pour celle niasse de catholiques, qu'ils appelaient « pauvres idiols populaires; » ils croyaient dominer la grande ville par la supériorité de leur bravoure et de leurs lumières, et ils comptaient pour cela sur l'appui des provinces, où la nouvelle religion avait de nombreux sectateurs. Les provinces n'étaient pas alors comme aujourd'hui soumises à l'ascendant de la capitale; elles ne recevaient pas d'elle leur histoire el leurs révolutions toutes faites; elles n'étaient pas réduites à celte existence glacée el subalterne que la centralisation leur a donnée : aussi étaient-elles jalouses de la puissance toujours croissante el envahissante de Paris ; elles ne cédaient que malgré elles à son impulsion; elles se montraient même pleines de préjugés sur-ses habitants, dont elles raillaient les défauts avec amertume, envie el colère. « Le peuple parisien, dit Rabelais (né en Touraine, moine en Poitou, médecin à Montpellier ), esl tant sot, tant badaull, el tant inepte de nature, qu'un basteleur, un porteur de rogatons, un mulet avec ses cymbales, un vicilleux au milieu d'un carrefour, assemblera plus de gens que ne ternit un bon prescheur évangélique. » El cependant ce fut pendant les guerres de religion, guerres de la noblesse contre la royauté, des provinces contre la capitale, que Paris, en sauvant l'unité monarchique et nationale, prit sur le royaume la prépondérance qu'elle n'a plus cessé d'exercer.
La guerre civile commença : dès l'entrée, les Parisiens prirent les armes, chassèrent les huguenots de leurs murs, mirent à leur tète le duc de Guise, « comme défenseur de la foi. » Trois fois les protestants furent vaincus, trois fois ils obtinrent de la couronne des pacifications avantageuses: à la dernière, la cour sembla complètement avoir répudié la cause catholique el décidée à livrer l'État aux protestants. L'irritation de la grande ville fui extrême quand elle se vil traversée par ces gentilshommes du Midi, ces minisires au visage sombre et austère, tous ces méchants huguenots qui avaient depuis dix ans lanl lue de moines eJ pillé d'églises : elle se crut envahie par des étrangers; elle se crut trahie par le roi; elle résolut de tout exterminer. Halles, métiers, confréries, se mirent en mouvement : la cour, débordée parla fureur populaire, se hâta de prendre l'initiative du massacre. Quel spectacle présenta Paris dans celle nuit de la Sainl-lîarlbcleniv ! les chaînes tendues, les portes fermées, les compagnies bourgeois» en armes, des canons dans l'Holcl-do-X ilb , le tocsin sonnant à loules les églises, des bandes de meurtriers parcourant les rues, enfonçait les portes, égorgeant les prole-laril-! " Le binil iHiilimiel des arquebuses et des pistolets, dit un témoin, les cris lamentables de ceux qu'on massacrait, les hurlements des meurtriers, les corps détranchés tombant
des fenêtres ou tri is i la rivière, le pillage de plus de six cents maisons, faisaient ressembler
Paris a une ville prise d'assaut, o C'esl de la lourde Saint-Gennaiu-l'Auxerrois que partit le signal il ii massacre. L'amiral Colignj fui lue dans la maison n° 20 de la rue Bétbisy, qui plus lard devint l'hôtel Montbason, el qui esl occupée aujourd'hui par un marchand de drap.
I! iiiiiis l'ut lu,' rJans le collège de Lmcux, ou II demeurail ; .Iran (ioujou, sur l'échalaud ou il sculptai! les bas-reliefs du vieux I. ouvre. On dit que le roi lira des coups d'arquebuse, a Ira-
Svih I I DIABI I. \ PAKIS.
vers la rivière, sur les huguenots, qui se sauvaient dans le faubourg Saint-Germain. Si le fuit esl \ rit. les balles royal - seraient parties 3e 11 m ici du Petit-Bourbon, de cet hôtel de Marignj
, i ,) h , lélable que la main du bourreau ivaii marqué. Cette maison sinistre continua de
subsister: c'est là que s'assemblèrent les Etats de 1614, les derniers Etals de la monarchie absolue l c'est devaul sa porte que fui lue le maréchal d'Ancre ! c'est là enfin que Hazarin comme s'il cul voulu changer les deslinéi - di cet hôtel si ratai au* ministres, ordonna, en 1658 à Molière de s'établir avec sa troupe et d'j jouer alternativement avec les comédiens italiens. Louis XIV employa d'abord l'hôtel il» Petit— Bourbon comme garde-meuble; puis il le lit détruire pour bâtir I .i colonnade du Lonvrc; et c'est sur son emplacement qu'ont été enterrés les morts de Juillet 1850! Que dé souvenirs historiques soûl entassés dans ce coin de terre, cuire la *!■ illr église, qui date des Mérovingiens, et qu'un accès de rage populaire .i récemment dévastée, cl ce palais dont l'origine est inconnue, rebâti tant de fois el encore inachevé! Philippe-Auguste et François I", Louis \l\ el Napoléon, Perrault et Molière, la Saint-Barlliélcm] el 1830, tout s'j mêli el s'j confond. Antique palais de n«s mis devenu le palais, des arls, vieille basilique de nos pères c|»,- Goujon el Lebrun ont ornée de leurs chefsd'œuvre, que les révolu! - passent désormais sur vous sans loucher \<>~ magnifiques colonnes, vos aiguilles pittoresques! que des mains royales, que <lrs m. un- populaires ne vous marquent |>lu- de sinistres souvenirs!
Malgré la Saint-Barthélémy, le parti huguenot ne lu! pas abattu. La royauté recoi nça
sous Henri III sa politique vacillante, el tomba par ses vices dans le plus profond mépris; Paris reprit ses défiances el ses haines; la sainte Ligue naquit! Elle naquit, dit -on, dans une
nbléc de bourgeois, de docteurs, de moines, qui se tint au collège Fortel, rue île* Sepl- \ .. n -J7 : el de celle maison obscun elle enlaça toute la France Alors se forma à Paris le conseil secret des Seize, qui devait propager la Ligue dans les -, ize quartiers de la ville, el qui linii par dominer les métiers, le ifréries, les milices, même la municipalité. La capitale prit cel aspecl animé, inquiet, menaçant, tumultueux, qui est le présage des révolutions. D'un côté étaient les fêtes luxurieuses de la cour, les meurtres el les adultères du Louvre, les duels des mignons ilu roi contre !'•> mignons du duc de lini-.,, les mascarades, les pénitences,
les orgies, les proi ess de Henri III : d'un autre côté étaient les conciliabules des Seize, des
échevins, des quarleniers, les prédical s furibondes des curés el des moines, les serments,
les projets, les amas il armes au fond des sacristies ou des boutiques. A la tin une grande
conspiration lui faite | mettre le gouvernement entre les mains de la Ligue. Le roi en
prend alarme cl fail venir des troupes dans les faubourgs. Les Seize appellent le duc de Guise:
il arrive. Quelle fête que s nlréc dans Paris! on baisait ses habits, on le convrail de Fleurs,
on faisait loucher des chapelets à ses vêlemi nis. Il va visiter la reine Catherine en m«i hôtel, l'ancien hôtel d'Orléans! puis il "-■• braver le roi dans son Louvre, ce Louvre fatal à tant de
leurs rebelles! enfin il se retire dans sa maison, l'ancien hôtel de Clisson! Le lendemain
les troupes ro] ili i nlrenl dans la ville, pi al 1rs places el les | i-. mi nacenl el raillent
les Parisiens, disant h qu'aujourd'hui le r»i serait le maître, el qu'il n'était femme ou tille de bourgeois (pii ne passai parla discrétion d'un Suisse. » Le peuple se soulève : alors la grande ville prit cette figure qu'on lui a vue lanl de dus, qui tant de fois a fait trembler le trône : l'œil en feu, les bras nus, écheveléc, déguenillée, pâle de fureur, s'armanl de tout, remuant lrpavés, élevanl des barricades, sonnant le tocsin, s'enivranl de ses cris, de l'odeur de la poudre,
du bruit du c bal, el plus encore de l'idée qui la transporte, que celle idée soit la foi, la
gloire ou la liberté! La révolte éclata à la place Maubert; elle descendit pai lr^ ponts, s'empara 'In Châlclel el de l'Hôtel-de-Ville, el vinl planter sa dernière barricade devant le Louvre.
De toutes ces rues fangeuses, de toutes ces prof les maisons, de toutes ces boutiques obscures,
I I iuli ces églises, chapelles el couvents, sortaienl des hallebardes, des arquebuses, des bourgeois, dés artisans, des cl, iurs, des prières, des moines, des enfants; de toutes les fenêtres plcuvaienl balles, pierres, exhortations, imprécations. Les Suisses autant en advint à n IT'.ii el en 1850! . poussés, battus, i gorgés, demandèrent gi ici . se lais- - nui nn ndre ou s'enfuin ni. I ■ roi, é| vanté, sortit du Louvre comme pour aller aux I m
HISTOIRE DE PAlîIS. \:\
leries, qu'on commençai I à bâtir; niais arrivé à la porte Neuve (située entre les | Is Royal et
des Sainls^Pèrcs , il monta à cheval et se sauva. Los bourgeois, qui gardaient la porte de Nesle, de l'autre cote de la rivière, tirèrent à lui éï à son escorte des coups d'arquebuse : h II se retourna vers la ville, dit le bonhomme Lestoile, jeta contre miii ingratitude, perfidie et lâcheté, quelques propos d'indignation, et jura de n'v rentrer que par la brèche. » Que de miont l'ail pareil serment et aussi vainement que Henri III '. Il se dirigea sur Saini-Cloud et Rambouillet : c'est une roule qui a vu plus d'un roi chassé de Paris !
Le Louvre. — L'Iioti'l ■!
La capitale se trouva dès lors affranchie de l'autorité royale; et sous un gouvernement municipal tout démocratique, avec un prévôt des marchands qui descendait, dit-on, d'Etienne Marcel, avec des écbevins, des qnarteniers, des colonels de métiers tout dévoués à la Ligue, elle devint pendant six ans le centre de la république catholique. Aussi montra-t-elle pour la défense de sa foi une exaltation qui louchait à la Fois à l'héroïsme et à la folie. La nouvelle de la mort des Guises, assassinés à Blois, lui arriva pendant les fêles i\r Noël, à l'heure où le peuple encombrait les églises : l'explosion de sa douleur fut presque incroyable. Famille, affaires privées, intérêts mondains, tout fut oublié; plus de commerce, plus de plaisirs; on faisait des jeûnes, des deuils, des cérémonies funèbres en l'honneur des martyrs; on vivait dans le- rues, dans les églises, dans l'Hôtel— de— Ville ; on ne s'occupait que d'apprêts de guerre, de prédications et de processions. <i Le peuple était si enragé, dit un contemporain, qu'il se levai! souvent de nuit et faisait lever les curés et prêtres des paroisses pour le mener en procession. » Les Seize entrèrent dans le conseil municipal; la Sorbonne déclara le roi déchu du trône : le peuple abattit ses armoiries, lil disparaître partout les insignes de la royauté, détruisit les mausolées magnifiques que Henri avait fait élever par Germain Pilon dans l'église Saint-Paul à trois de ses mignons. Le parlement l'ut purgé île ses membres royalistes, lesquels lurent cipinl ii il - à la Bastille, au milieu des buées de la populace en armes. Enfin, un gouvernement provisoire fut créé par imite la France, qui siégea à Paris, fut principalement
composé de bourgeois, et eut pour chef le due de Mayei Celui-ci vint prendre séjour à
l'hôtel du Petit— Musc, ancienne maison de l'hôtel Saint-Paul, que les Parisiens avaient plus d'une l"i- envahi en I U3, et qui prit alors le nom de son nouveau maître. (Cet hôtel est occupé aujourd'hui par une de ces boutiques destinées, dit-on, a L'éducation de la jeunesse; et l'un vend de- bribes de latin là où la couronne de France lut disputée par vin^i rivaux : les monuments mil il : aussi leurs desliuées, leurs jours de grandeur el de décadence ! )
Henri III s'unit aui protestants 1 1 vint assiéger Paris. « Ce serait grand dommage, disaitil des hauteurs de Sainl-Cloud, où il .iv;iit placé luarlicr, ce serait grand dommage de
x\ LE DIABLE A PARIS.
rainer une si belle ville; toutefois il faut i| n< ' j'aie raison des rebelles • } • r ï sont dedans. C'est le cœur de la Ligue ; i "•■>! au mur qu'il faut la frapper. — Paris, (lisait-il encore, chef du royaume, mnisclief trop gros et trop capricieux, lu as besoin d'une saignée pour le guérir, .hum que toute la France, de la frénésie que tu lui communiques. Encore quelques jours, et l'on ne verra ni les maisons ni les murailles, mais seulement la place où lu aura* été! « LesPari- - ens répondirent à ces menaces par un coup de poignard : un dominicain, Jacques Clément, assassina Henri III. Quelles acclamations furibondes accueillirent la morl du tyran! que de l'euv de joie, de Te Deum, de caricatures grossières, de danses sauvages, de chansons sanglantes! fouie la ville se porta à l'hôtel de la duchesse de Monlpensier, rue du Petil-Bourhon, |>"in j bénir une malheureuse paysanne, mère du meurtrier!
Henri l\ leva le siège de Paris; puis, après le combat d'Arqnes, il lil une pointe sur la capitale, surprit les faubourgs du midi et les livra au plus affreux pillage, (le fui par le Pré-aux- Clercs qu'il arriva. Il aurait même emporté la porte Saint-Jacques, sans la valeur du libraire Nivelle el de l'avocal Baldin, <j n i renversèrent la première échelle des assiégeants el jetèrent l'alarme. Les jésuites, qui garnissaient les corps de garde voisins, accoururent, el l'entreprise éi boua.
Paris continua encore pendant six ans de vivre de celte vie frénétique, xie pleine de crimes el d erreurs, mais aussi de grandeur el de courage, sans que des souffrances inouïes pussent vaincre son inébranlable résolution de n'accepli r qu'un roi de sa religion. On sail quel horrible siège elle eut à supporter, quel héroïsme elle \ d ploya, comment la famine y lil périr trente mille personnes, comment ce peuple, agonisant depuis quatre mois, qui avait brouté l'herbe des rues ,i fail du pain avec des os de morts, se Iraînail encore sur les remparts pour arquehuser les hérétiques, ou dans les églises pour entendre les eihortations de ses moines. Les moines étaient les maîtres de la ville; mais aussi, mêles sans cesse ,-m peuple, souffrant comme lui, se battant comme lui, on les voyait non-seulement figurer dans des processions ridicules, « la pertuisane sur l'épaule et la rondarhe pendue au col : i> mais gardanl les murs, soutenant les assauts, faisant des sorties, fondant le plomb des églises el leurs cloches. Les royalistes ont cherché vainement à rendre ridicule el odieuse la r. instaure des Parisiens: l'odieux et le ridicule étaient du côté de ce prince qui, poui être roi d'un peuple qni le re- I ssail, el dont il fol en définitive obligé de subir la volonté, exposai! ce peuple à des souffrances, les plus grandes que rappelli son histoire. Aussi les Parisiens n'oublièrent jamais le iége de leur ville! ils conserver. -ni au roi qui les avait tortures pour régner sur eux une haine implacable : ils la lui témoignèrent par vingt-trois tentatives d'assassinul el par le couteau de Ravaillac !
Paris lut délivrée par les Espag nols ; nuis, épuisée par sa résistance, elle pencha des lors vers la paix. I es Seize voulurent la ranimer par la le rreur : ils mirent les milices sous les armes, fermèrent les rues, enveloppèrent le parlement, saisirent trots magistrats royalistes el les pendirent dans la salle basse du Chftlelel : puis ils s'emparèrent de ions les pouvoirs. Mayenne, qui se voyait mi nacé par eux, leur résista par la force, el, aide des modérés, brisa leur puissance. Ce fui la perle de la Ligue : avec les Seize tombèrent le dévouement el l'exaltalion du peuple ; la bourgeoisie repril loul le pouvoir el paru) disposée ,i une transaction. Les Liais généraux forent assemblés à Pans; mais il- se montrèrent aussi nuls qu'impuissants, el ils forent ridiculisés par la Satire Menippée, ouvre piquante d'écrivains royalistes, qui se réunissaient cllCJ l'un d'eux, Gillot, sur le quai des Orfèvres. Enfin, Henri l\ s'élanl converti. b s trahisons commencer! ni : le gouverneur de Paris vendit la ville au roi, qui, par nue nuil obscure, se présenta à la porte Neuve, celle par laquelle le dernier Valois élail sorti de la capitale! on la lui livra ainsi , pie les portes Saint-H v el Sainl-Denis. les troupes royales
liler, ni sansbruil parles rues, et s'emparèrent, en dispersant quelques groupes de ligueurs., des principales places cl des ponts. Les ha lu la ni s, stupéfaits, sortirent de leurs maisons; mais ils I me ni repoussés a ' ii |' de pique el d'arquebuse. Henri , qui avait al tendu que -es troupe- fossenl au milieu de la ville avant de s,, décider à v entrer, passa li porte Neuve; puis il revinlsi pas jusqu'à quatre fois, lanl il Irouvail l'entreprise chanceuse; eufin, il entra
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proléyt.-, terré, escorté par toute sa garde, aux cris de joie de ses soldais, au bruit des derniers coups d'arquebuse des ligueurs, au milieu du silence morne des habitants. Il s'empara du Louvre, des Cbâtelets, du Palais, négocia pour faire évacuer aux Espagnols la Bastille, le Temple, le quartier Saint-Martin, et enfin, maître de la ville, put se dire roi de France.
Ce l'ut la fin de la république parisienne : on modilia ses institutions municipales, on changea ses magistrats et ses curés; on persécuta prédicateurs, écrivains, chefs des milices; le roi se déclara gouverneur de Paris. La ville se rétablit lentement de ses souffrances, o II v avail alors, dit un contemporain, peu de maisons entières et sans ruines; elles étaient la plupart inhabitées; le paieries rues était à demi couvert d'herbes; quant au dehors, les maisons des Faubourgs étaient toutes rasées; il n'y avait quasi un seul village qui eût pierre sur pierre, et les campagnes étaient toutes désertes et en friebe. » Les guerres civiles avaient engendré une multitude d'aventuriers, de pillards, de gens sans aveu qui infestaient la ville ; espions des Espagnols, satellites des Seize, soudards royalistes, valets des princes, jetaient continuellement le desordre dans ses rues; on n'entendait parler que de vols, de meurtres, de guet-apens. « Chose eslrange, dit Lestoile, de dire que dans une ville de Paris se commettent avec impunité des voleries et brigandages tout ainsi que dans une foresl. » Aucune rue n'était encore éclairée pendant la nuit: nul n'osait sortir de sa maison après le coucher du soleil; les lieux de plaisir, théâtres, cabarets, devaient cire fermés dans l'hiver à quatre heures. Lne autre cause de désordre était l'humeur batailleuse de* gentilshommes, donl les rixes ensanglantaient journellement la ville, et qui se battaient en duel derrière les murs des Chartreux, près du moulin Saint-Marcel, au Pré-aux-Clcrcs ; en moins de quinze ans, quatre mille nobles périrent dans ces combats privés, et sept mille lettres de grâce pour homicide furent accordées. Cependant le gouvernement nouveau s'efforça de rétablir l'ordre en réorganisant la police, la garde bourgeoise, le guet royal, les gardes de la connélablie, etc.; le parlement et les autres, justices séculières et ecclésiastiques se montrèrent aussi vigilants qu'impitoyables pour tous les crimes; chaque jour on pendait, on rouait, on fustigeait, on exposait à la crois du Trahoir. à la place de Grève, au pilori des Halles; les prisons du Chàtelel, de la Conciergerie, du For-1'Evêque, de l'Oftîcialité, du Temple, de Saint-Marlin-des-Champs, de Sainl-Germain-des-Prés, etc., étaient constamment remplies. Henri I\ n'usait de son droit de grâce pour personne : il défendit le duel sous peine de mort.
Malgré les guerres civiles, quelques édifices avaient été entrepris sous les derniers \alois, qui avaient pour les arts le goût éclairé de leur aïeul : c'était d'abord le château des Tuileries, commence par Catherine de Médicis sur les dessins de Jean Bullanl et de Philibert Delorme, avec son jardin qui était sépare des bâtiments par un chemin ou une rue ; c'étaient encore la galerie du Louvre, l'Arsenal, le Pont-Neuf, le Tribunal de commerce, situé cloître Saint-Merry, qui depuis a, comme la bourgeoisie, quitté son modeste séjour pour un palais. C'étaient enfin le couvent des jésuites de la rue Saint-Antoine, où esf aujourd'hui le collège Charlemagne; le couvent des Capucin- de la rue Saint-Honoré, dont l'emplacement est occupé par les rues Rivoli, Hont-Thahor ci Casliglione; le couvent dis Feuillants de la rue Saint-Honoré, donl l'enclos s'étendait jusqu'au jardin des Tuileries, cl qui est devenu fameux dans nos journées révolutionnaires. Henri t\, qui se
garda bien de séjourner ailleurs que dansa capitale, s'efforça de loi rendre quelque lustre par des bâtiments : il lil continuer la galerie du Louvre, les Tuileries et le Pont-Neuf, construire la place Dauphini au moyen d'un Ilot, fameui par le supplice des Templiers, et qui lui ajouté a l'ile de la < 1 1 1 «• : commencer la place Rovalc sur l'emplacement du Marche aux Chevaux , lequel avait Succédé lui-même à la grande cour du palais des Tournellcs, démoli sous Charles l\. La no- Doupbine loi entn prise pour ouvrir une première
communication avei le bourg qui s'élail formé autour de l'àboaye Samt-Gtrmain-des-Prés, el
-niinnt avff la foire Saint-Germain, qui devint alors Irès-populaire. Le quartier du Marais
lui commencé sur des terrains mis en cultures potagères; el Paris eul pour la première fui* di's rues droites, larges, appropriées ans nouveaux besoins de ses habitants, el surtout à l'usage des coches, que Catherine de Médicis avait introduit. On construisil le quai des Orfèvres, la rue lie llarlav, ainsi que l'hôtel du premier président au parlement île Paris : c'est la qu'onl habité le- Harlay, le- Mole, les Lamoignon, noms qui rappellent celte grande magistrature de la France, si pleine de science el d'austérité, la gloire la plus pure de l'ancienne- monarchie: aujourd'hui cet hôtel renferme la préfecture de police 1 On construisil encore à Chaillot la manufacture de lapis île la Savonnerie, aujourd'hui réunie aux Gobelins, el sur l'emplacement île laquelle s'élèvenl les boulangeries de In garnison de l'ari-; l'hospice des soldats invalides, rue île l'Oursine, qui est devenu l'école île pharmacie; l'hôpital Saint-Louis, qui a traversé ilcu\ siècles cl demi sans subir île transformation : le- édifices consacrés au soulagement des infirmités humaines sonl a peu près les seuls que respectent les révolutions : ils l'uni si bien souvenir du néant dis choses politiques! L'Arsenal lui agrandi: Sullj y demeurait ci \ avait amassé « cent canons, de quoi armer quinze nulle hommes île pied el (rois mille chevaux, ilrux million- de In rc- île poudre, cent mille boulets el sepl millions d'or comptant, tous ingrédients el drogues, disait-il, propres à médeciner les plus fascheuses maladies de l'Etat. >■ I.' \i-enal e-i aujourd'hui occupé par l'ancienne bibliothèque dn marquis de Paulmy, augmentée, par le comte d'Artois Charles X) , de la bibliothèque du duc de la ^ allière : c'est là qu'esl mort dernièremenl Charles Nodier.
Ce lui eu allant à l'Arsenal que Henri l\ fut assassiné, dans la rue de la I' erronnerie, vis-àvis de la maison i\« notaire Poutrain n" 3 de la rue Saint-Honoré). Gabrielle d'Estrée élail i le, près de l'Arsenal, dan- l'hôtel du financier Zamet, célèbre par ses jardins 1 1 sa magnificence : elle \ fut, dit-on, empoisonnée. Cel hôtel devinl l'hôtel Lesdiguières, où logea Pierre le Grand quand il vint en France ; sur son emplacement est aujourd'hui la rue Lesdiguières. Gabrielle, quand elle n'élail pas dans les délicats déserts de Fontainebleau, habitait l'hôtel
Sel berg, me de Bailleul, an coin de la rue Jean-Tison : c'esl dans celle maison, dit-on,
que le roi fut blessé par Jean Chatel. Ce misérable étail le fils d'un marchand de la (.île: on détruisit la maison de son père, el l'on éleva a sa place une pyramide qui rappela l'attentai el l'expulsion des jésuites dont il fui la cause, Cette pyramide étail a peu près a la place où I on expose aujourd'hui les criminel-.
rendant le règne d.- Louis Mil, Paris resta paisible el ne joua aucun rôle politique : elle n'avail rien a voir .m\ misérables révoltes de la noblesse contre la rayante. Elle s'émul a peine de la morl du maréchal d'Ancre, quand le- valets des princes excitèrent la populace à brûler -on cadavri el i piller -ou bel bôlel de la rue de Toi m aujourd'hui casi m.' de garde municipale : 'II. regarda sans Irop de pitié les écliafauds dressés pour les Boutteville ci les Mari lia. , le- bastilles ouvertes p les ChAtei uf cl les Bassompierre . le- petits, qui tir portent
pat d'ombre, n'avaient rien a craindre dn lerrihlc Richelieu; la bourgeoisie ne pouvait que
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gagner à l'agrandissement <ln pouvoir royal; el en effel, la prospérité de la capitale fui telle h celte époque, que c'esl réellemeul du grand cardinal que date le Paris moderne.
Une enceinte nouvelle lui construite avec fossés, bastions el courtines plantés d'arbres, pour remplacer la vieille muraille d'Etienne Marcel: de la porte Saint-Denis elle suivil a peu près
la ligne actuelle de nos boulevards, et enferma dans Paris les Tuileries et leur jardin; à son extrémité, prés de la Seine, fut élevée une porte élégante, dite de la Conférence. I>es quartiers nouveaux furent bâtis : le Minais. Y/le Saint-Louis, la butte Saint-Roch, la rue Richelieu. le Pré-aux-Clercs ou faubourg Saint-Germain, ele. Le Menteur de Corneille en parle en ces termes :