‹ Le Diable a ParisChapitre 46 sur 123 · UN MOT SUK LES JOURNAUX · texte numérisé non relu

UN MOT SUK LES JOURNAUX

organes de la vérité, les préparateurs de l'histoire, les journaux daignent [n'instruire.

Ici je demande la permission de cilcr les endroits emprunlés à divers journaux, un seul journal, avec raison, n'étant que la voix d'un seul.

Suites de l'accident arrive au dur de Bordeaux, version d'un journal royaliste.

« Que nos amis se réjouissent et que leur effroi se dissipe entièrement. « Grâce à sa bonne constitution, à son genre de vie, aux soins dont il a « supporté, avec la patience d'un saint Louis, les lenteurs et les ennuis, « notre prince est guéri, et, Dieu soit loué! il ne boitera pas. »

Ainsi, me dis-je, le duc de Bordeaux ne sera pas boiteux. Souvenonsnous de cet utile renseignement pour nous en servir un jour, si mus sommes appelé à écrire sur noire époque. Voilà, ajoutai-je, un fait accompli. Il n'y a plus à s'en occuper.

Je me (rompais. Le lendemain du jour où j'avais acquis ou cru acquérir la conviction que le duc de Bordeaux ne boiterait pas, je lis, en parcourant, une feuille subventionnée :

« Il n'est que trop vrai que le duc de Bordeaux, dont laguérison ne sera « peut-être jamais complète, boitera le reste de sa vie. Il n'y a plus de doute « à conserver à cet égard. »

Allons, me dis-je, le prince boitera; que me disait donc le premier journal que j'ai lu'.' Et quel parti prendre? 11 importe cependant que ma conviction soil entière. Le fait occupera une place assez notable dans notre histoire, pour que je ne le présente pas comme douteux ou comme faux, si je dois le rappeler un jour.

Est-ce qu'une feuille d'opinion radicale ne m'éclairerai! pas? Essayons de l'arbitrage d'un troisième journal, entre deux journaux qui se contredisent.

Un journal radical sur l'accident arrivé au duc de Bordeaux.

Au moment où l'industrie couvre la France d'un réseau île fer, au mo-

iv, i.r. niioii; m Di.Mii.i:.

n iik'mI où la vapeur s'ouvre de nouvelles voies sur l'Océan, oii le monde

« des idées va éclater comme au seizième siècle, il est forl indifférent à

s lecteurs, nous le supposons, de savoir si un faible et dernier descen-

« dant d'une nu c royale aura une jambe plus courte que l'autre. »

En conséquence, un journal me dit : « Le due de Bordeaux boite ; » — un autre : » Il ne boite pas; « — un troisième : « Qu'est-ce que cela me fait? »

J'avoue que le découragement commençait à me prendre. Heureusement, pensai-je, il existe sur la limite des opinions tranchées des journaux assez intéressés pour n'être pas tout a fait indifférents, assez indifférents toutefois pour exprimer la vérité. J'y courus.

Ce que je lus dans un journal royaliste assez intéressé pour n'être pas tout à [ail indifférent, assez indiffèrent toutefois pour exprimer In vérité.

a Aujourd'hui que le due de Bordeaux va quitter sa résidence pour se n rendre en Angleterre, il sérail ridicule de faire un mystère de l'état où l'a « laissé sa chute de cheval. Le prince ne boite pas, mais il est reste dans la jambe affectée une certaine roideur qu'on aurait tort de qualifier autrement. »

Eh bien, à la bonne heure! m'écriai-je, ceci a le ton de la vérité. — Le prince traîne encore un peu la jambe, mais enfin il ne boite pas. Si un journal conservateur, aussi modéré dans sa rédaction que celui-ci e>t calme dans la sienne, me confirme dans la même opinion, je me considérerai coi e parfaitement renseigné.

\u milieu de tant de journaux brûlants, glacés, féroces, bénins, tigres, moutons, blonds et bruns, j'en découvris un châtain-clair, gouvernemental mais raisonnable, celui enfin que je cherchais.

Ce que jz lus dans ce journal clidtain- clair, gouvernemental mais

i aisonnuble.

» Les personnes qui reviennent de Belgrave-Squarc, où elles ont vu le dur de Bordeaux, affirment qu'il esl complètement remis de l'affreuse

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